IMMORTALITÉ QUAKT AUX PIKS DE LA LIBERTÉ. GI
ité va revêtir un caractère nouveau. Nous le forns avec toute la brièveté possible, e science suppose des lois, toute recherche a un pour objet. L'ordre que Texpérience ne donne 'expérience et la spéculation le poursuivent ; une fition nécessaire de la pensée l'envisage, quoique miné, latent, et on ne croit point qu'il y ait des au-delà desquelles les phénomènes cessent iés et dans une dépendance harmonique les uns res.
lorale comme toute autre science doit user de bèse de l'harmonie. Elle y est même plus partinent tenue, pour trouver une sanction de ses ns le macrocosme, et pour lier les phénomènes ; de la conscience avec les phénomènes géné-
*monie que la morale a toujours impérieusement îe, comme le prouvent les objections anciennes et îs contre la providence des théologiens (et quoi- ^onscience ne laisse pas de se sentir obligée par quand même elles sembleraient des hors-d'œuis l'univers) , c'est l'accord de la vertu avec le r. Or cetaccord, l'expérience actuelle le dément, donc h le supposer réel sous une condition de /harmonie se trouve alors réparée logiquement, ient moralement irréprochable s'il est possible cliquer la condition, c'est-à-dire le désordre acle délai de l'ordre, comme une propriété de cet li-même, de l'ordrevéritable des fonctions de la e et du monde. Le problème se résout par la
G18 DU Ul£N, DU MAL £T DU PH0(;R&S.
liborlé, ot s(i résout aisément, pourvu que loule hypothèse théologi<[ue en soit écartée. C'est ce que les phisophes (auraient depuis longtemps reconnu, s'ils avaient abordé la difFiculté d'une manière scientifique, avec les abstractions convenables, s'ils n'avaient eu l'esprit obstrué par les questions de l'École, si surtout ils ue s'étaient pas obstinés h voir dans la liberté un désordre élrange, inadmissible au fond des choses (je parle de ceux qui Tadînetlaient), au lieu de l'avouer franchement pour le premier des biens et la plus grande des perfections.
Que la liberté soit le premier des biens,' la morale le veut, puisque sans la liberté il n'est pas de morale let sans la morale il n'est plus d'homme] : ou nous perdons terre, loin du double monde de l'animalité et du de* voir, au-delà des réalités de la passion et de la justice, du travail, de la lutte et de la jouissance gagnée, au milieu dos beaux révils de rélernelle iunucence, cl de la béatitude absolue, et de la pensée sans négation, et des senlinients sans contraste, et des mouvements sans effort dans un élher sans résistance.
Oue le plus grand des biens que nous connaissons soit un élément nécessaire de Tordre le meilleur que nous puissions concevoir compatible avec rexpériena*, voilà ce qui est d'ailleurs indubitable. Ce bien est la liberté , cet ordre est un monde où la liberté a eu sis ciïets et les continue.
Or, la liberté implique la possibilité du mal : ii»a' pour lagent, mal pour autrui, mal accidentel d'abord,
DU BIEN, DD MAL ET DU PROGRÈS. Gt9
ensuite enraciné par sa reproduction et par la solidarité naturelle du sang et des rapports sociaux. Elle rimplique en principe, et, en fait, elle Ta produit, elle devait le produire, suivant une probabilité qui croit rapidement avec le nombre des actes et des agents libres. Il s'ensuit de là que la possibilité du désordre est inhérente à l'ordre, en principe, et que, en fait, sa réalité y prenant place, il serait illogique de s'en étonner.
Dès-lors, la liberté est mise en demeure de réparer les maux qu'elle a faits. Dès-lors aussi éclate une possibilité nouvelle , celle de l'ordre le plus éminent du règne moral : ordre libre dans une société d'agents libres, harmonie qui n'est point le produit d'une fatalité naturelle ou de quelque volonté supérieure inéluctablement obéie, mais dont les membres vivants se gloriflent comme de leur œuvre.
Celte œuvre que la liberté doit attendre d'elle-même n'est possible qu'imparfaitement et très partiellement, dans le monde son présent ihéàlre. Une personne , quelle qu'elle soit, n'y saurait atteindre ni le bien général, ni son bien propre et sa perfection morale indivi-* duelle, à cause des obstacles extérieurs, et des bornes de sa connaissance, et de la faiblesse môme de ses ver- 'us dans le milieu d'ignorance et de passion où elles ont à se déployer et à s'affermir.
Nous sommes arrivés à comprendre, si je ne me *^mpe, que l'harmonie (ou, pour la définir avec Kant, 'accord du bonheur et de la vertu, nécessaire à la con- ^ption de l'ordre) peut être assujétic légitimement aune