‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 182 sur 193 · CONDITIONS RATIONNELLES D*UNB PERSONNE DIVINE · texte numérisé non relu

CONDITIONS RATIONNELLES D*UNB PERSONNE DIVINE

Voilà Vhypolhèse de Tunilé rendue intelligible. Obliendra-l-elle notre foi ? La regarderons-nous comme le complément naturel, légitime et moralement inévitable, ou seulement permis, mais arbitraire, de ce que notre conscience a déjà reconnu de vérités sur le règne du bien , Timmortalité et les destinées des vivants , la liberté, la vertu et leurs œuvres? La contradiction, Tanlinomie, comme on la nomme euphémiquement, n*est plus là pour nous arrêter sur le penchant de Taflirmalion transcendante ; nous avons pris le grand moyen et le seul efficace de nous en défaire ; mais aussi nous cessons d'être sollicités par Tappât de cette science surhumaine et surintelligible qui , jusqu'ici , se confondit toujours avec le théisme (non assurément dans la pensée des simples et des croyants de cœur, mais dans l'ambitieuse théologie des livres et des écoles). Nous sommes forcés de nous avouer que l'intervalle est comblé à nos yeux, qui autrefois séparait les deux grands courants du sentiment religieux dans l'humanité : celui des races monothéistes , intolérantes , fanatiques , dont les bannières portent ces devises de proscription : Je suis celui qui suis, il n'y a de Dieu que Dieu ; et celui des peuples polythéistes, à l'esprit ouvert et compréhensif, d'imagination libre et de raison sévère, adorateurs toujours prêts de toutes les formes divines, théoriciens impartiaux cherchant la vérité, ne se l'imposant point, plus attachés à l'immortalité des personnes qu'à l'éternité d'une seule, curieux, artistes, savants, ou plutôt humanisateurs de l'art et créateurs de la science, initiateurs de la liberté.

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