‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 25 sur 193 · VICES DES SYSTÈMES · texte numérisé non relu

VICES DES SYSTÈMES

iiMrtmte à toute matière, aussi bien que les forces pkyijfii^s générales, et si ce n'est pas par Fe/fet des structures existantes qu'elle arrive à se manifester i%^ manière déterminée. Qui d*eDtre les savants ne se pose la question, ou tout au moins ne pense la comprendre? Elle est insignifiante pourtant si, au préalable, on ne déclare pas ce qu'on entend par toute matière et effet des structures. Ceci est de la métaphysique, et de la moins claire. Conçoit-on une substance luûqne. appelée matière, à laquelle toutes les propriélés possibles sont inhérentes? Alors la question est réloloêpar la question même ; seulement, ce n'est plus UB problème, c'est un dogme. Ou veut-on que toute Mtière soit quelque chose de distinct et de défini ? Ajouter .à ce quelque chose V inhérence de r aptitude su phénomènes intellectuels, c*cst tirer d'un sujet des propriétés que sa définition ne contient pas; ce qui otahsurde. Quant kVeffet des structures, si ces mots A'eiprimaient que la condition nécessaire, conforme i rd>senration, ils seraient ici sans intérêt. Il s'agit donc de présenter une structure comme possédant la puissance d*une manifestation intellectuelle, et cette ttnsalité vague n'ajoute rien d'intelligible aux phénoaines connus.

Antre doute du même genre : la distinction des foutions organiques et des fonctions animales n estelle pas artificielle, alors que les premières sont la «•«e du système nerreux, lequel, une fois formé, tirerait ses effets d'une autre force que celle qui l'a f^uit? Ici on nomme artificielle une distinction çn-

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Ire des choses qui n'ont spécifiquement rien de commun ; on se fonde pour cela sur Tordre des causes, et, de même que tout à Theure, on considère les fonctions animales comme des effets du système nerveux. Il suflSrait de réduire les rapports de causalité à ce qu'ils ODt de positif pour que les phénomènes apparussent dans leur harmonie et leur dépendance mutuelle. Mais, quand nous posons les forces dans des substances, il nous devient impossible de comprendre comment telle substance inconnue produit des effets qui, par le fait, dépendent du cerveau, tandis que le cerveau lui-même est engendré par la substance commune de Torganisme. La difficulté qui nous trouble est tout entière dans les entités dont nous surchargeons les lois delà nature.

Le physiologiste qui se laisse mener par la mélaphyque des causes substantielles sur le penchant du ma* térialisme est le même que la même métaphysique a conduit ailleurs à attribuer la génération des organes à une force unique dirigée par une fin (1). La contradiction n'est pas du savant, mais elle est de sa fausse philosophie. Une double tendance existe, également justifiée dans les deux sens, ou également erronée : les fonctions inférieures précèdent les fonctions supé' rieures (dont elles sont les conditions), et, sous ce poiol de vue, la substance et cause par excellence est donnée dans la matière la plus simple et la plus élémentaire;

(i) Mantul de Physiologie, de J. Muller, p. 52G et 483, t. Il de la traduction française.

l'irtelligence et les catégories. • 57

mais la matière est disposée d'ordre en ordre pour une fin, dont la sensibilité et rintelligence font partie, et à cet ^ard l'esprit doit préexister à toutes choses et à lui-même, en sorte que la cause et la substance sont en lui et en lui seul. Il n'est pour la science qu'une solution possible de cette contradiction : l'harmonie des phénomènes, l'élimination des substances et des causes substantielles. Cette doctrine est rigoureuse : aucune autre n*est logique; mais l'ancienne philosophie se prétait à la construction d'un système sur une base donnée quelle qu'elle fût, parce que les phénomènes des genres les plus divers se succèdent et s'enveloppent mutuellement.

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