QUESTION DES IDÉES INNÉES
En d'autres termes, il n'y a point de sensation sans quelque perception, si nous adoptons ce dernier mot pour exprimer la thèse de V objet, posée dans la conscience ; et il n'y a point de perception sans application des cat^ories.
C'est ici le lieu de revenir sur une question que je n'ai fait ailleurs qu'effleurer ( Premier essai, § xxvi ) : la question des idées innées. Bien que puérile, selon la méthode que je suis, ses vestiges s'étendent sur trop d'esprits pour qu'on la néglige. Le mot inné, d'abord, n'a plus de sens. Dans quoi les formes de Tentendement seraient-elles innées , s'il n'y a ni âme ni autre substance? Mais on demande si ces fornfies précèdent l'exercice de la sensibilité, ou le suivent, et s'y ramènent. L'innéité est alors une question, soit de préexistence dans le temps, soit d'enveloppement logique. A quelque point de vue qu'on veuille se mettre, la solution dépend de ces deux faits :
Premier fait : L'entendement suppose la sensibilité. Sans Vexpérience externe et les formes sensibles qui y sont attachées, couleurs, sons, saveurs, attouchements, etc., la conscience ne pourrait que rouler sur elle-même et sur ses formes propres et pures. L'expérience interne serait donc uniquement représentative du soi, ce qui supprime la conscience même, à laquelle une opposition est indispensable. Tout au plus elle s'attacherait à des objets abstraits qui ne composent point des êtres, à des nombres, à des figures, etc., alors que, pour les déterminer complètement, aucune unité
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particulière ne pourrait lui (Hre donriL^e. Or, ce n*esllà ni la conscience humaine ni aucune outre consciencB imaginable. Notre unique ressource pour constituer quelque chose, hors des phénomèn is les plus conslamment et indisso'"****^*"^"* 1»*^*^, serait une fiction d'essences hypoth ar des rapports hypolhétiques comme r
Second fait suppose rentendemenl.
Je parle de la )mme on l'observe dans
raniniol, où c gt^néralcs, cerlainii rap-
ports régulateu ?nt toujours les données
spécifiques des se: bien concevoir et combi-
ner des rapports de dislance et de position, abstraction faite des attouchements et des couleurs, mais on n'éprouve pas ees dernières sensations que les éléments de la calégorie d'étendue n'y interviennenl, tout en n'y étant pas contenus pour Tanalysc- 11 est vrai que, de l'avis de certaines écoles, nous sentirions Tctendue, la figure et le mouvement, comme nous sentons le rouge, ou le chatouillement. Ct^ci serait une question de mots, non de doctrine s'il pouvait être permis de désigner par un nom commun des choses distinctes aussi biea qu'unies! pour s'autoriser ensuite A les confondre. C'est arbitrairement qu on appelle tout à la fois sensation, et la forme de conscience relative A des données particulières comme la couleur, et celle qui soumet ces mêmes données ù des rapports généraux tels que les rapports de position, La vue et le toucher impliquent l'étendue, mais, de leurs objels propres et particuliers, on ne saurait conclure analyliquemenl à la fouctiim qui