‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 34 sur 193 · LDI DU DEVENIR DE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

LDI DU DEVENIR DE CONSCIENCE

I iRHivements, autre chose* la série des fantômes repré-

II sflDtali£s, phénomènes d'imagination, de mémoire, de . niion^eto.

J Hume aborda la question par l'analyse des données

decoQScience ; mais il en aperçut si peu la généralité

^oe, voulant énumérer les espèces de Vassociation, il

eo eompta trois. Reid, son antagoniste, reconnut que

toute espèce de rapport peut conduire V esprit d'une

fessée à une autre, et, il en est de méme^ dit-il, de

toute espèce d'opposition et de contrariété, comme si

itt contraires n'étaient pas aussi des relatifs. Faute de

jMraliser la notion de rapport et d'envisager dans

we représentation quelconque une relation, ce philo-

aophe ne parvint pas encore à voir dans la loi de la

pensée œ qu'il y a d'irréductible, la conscience même

fDlaat que devenir, et il tenta de ramener les associa-

4ioDS soit à Thabitude, quand elles ont été répétées,

«rit, primitivement, aux principes actifs de notre cons-

titution, aux appétits, à la raison, etc. Cependant ces

demib'es fonctions n'expliquent l'association qu'autant

fi'elles l'impliquent : il n'est donc pas possible d'opé-

ler une véritable réduction à cet égard ; ou plutôt c'est

à la seule conscience, dans la plénitude de toutes ses

foisBances que chacune de celles-ci doit se réduire.

Quant à l'habitude, on ne saurait y placer le pre-

IMr principe de l'association, à moins d'admettre fa'il n'existe point d'association naturelle, ou que la Mlure et la pensée sont déjà des habitudes acquises, ce I ^i nous jetterait dans l'infini et hors de toute connais-

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sauce logique [1 ), ta autre psychulogiste, D. Stewarl, a soutenu totil au conlraire que le pouvoir de C habitude peut :&c résoudre en faculté d'association; niais ici je ne trouve une vue sullisammçat générale ni de ce pouvoir ni de cette faculté ; el c'est un exemple de plus des vices de Vi er qui. en présence des

faits complexes n^ ue sait jamais com-

ment et en que* jnduire l'analyse et fur-

mer la synthèse* os théories.

La consciem ^ée comme pensée » c e»lr

à-dire avec le i i lui est inhérent, noos

voyons d'ahorà | îrir autant de modes da

transition qu'il y a ae rappons entre une représentiilion donnée et les représentations possibles : chaque élément d'une catégorie amènera son corrélatif opposé (autre — même, un — multiple, point — espace, instant — temps, acte — puissance, etc.), ou son terme synthétique ( partie — tout, différence — espèce, etc. ), ou son contenu logique (élendue — figure, cause — effet, fin — moyen, etc. ) ; les termes quelconques joints dans une catégorie s'amèneront de même réciproquement (les parties, les semblables, les contigus, les qualités de même ou de différente espèce, etc.); les jugements qui unissent les catégories diverses donneront

(1) M. Ravaissoo a certaioemeut pris Vhabitude daus Facceptioi ia plus générale de ce mot, ou Yassociation des idées dans un seos bien étroit quand il a écrit dans un beau travail que j'aurai encore occasion de citer : C'est par la loi , c*est par le principe de Tbabitude que s'explique Tassociation des idées. » (De l'Habitude, p. M.)

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un Iransitions ( comme de retendue à la durée« urée au devenir, du devenir à la cause, etc ); s représentations les plus complexes pourront ar les unes les autres par des rapports d'analode contrariété, alors même que les similitudes ient sur les caractères les plus extérieurs, comme 'établissent les mots, les conventions du langage, oomment se forme une série de pensées? com- 1 objet se pose-t-il en rapport avec tel déterirsque d'autres rapports et d'autres objets s'ennt tout aussi logiquement? L'expérience externe ot formé des suites que la mémoire et l'imagi- 18 font après que répéter; la volonté, s'il s'agit ame, en a disposé d'autres qui se reproduisent lëment : ici s'annonce l'habitude. Mais ni la ni l'expérience ne renferment les instincts et les ; or ces fonctions enveloppent des séries de liions de conscience, dont elles sont inséparailérieurement à l'expérience acquise, à la vo- Déchie, à l'habitude contractée, chez l'animal et omme, elles inscrivent dans la pensée la nature, sées naturelles. L'appétit de l'animal est, en t ses fins et moyens, le principe d'une série dont le expérience , interne et externe , déroule les et il n'est pas possible de remonter plus haut perdre dans les questions d'origine première. part, les sensations, les perceptions, amènent Dgements de conscience, principalement en tant posent des fiAs, ou les favorisent, ou les con- . Ainsi la loi de finalité est celle qui préside

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avant tout aux séries de pensées. La raison et la vo* lonté, quand elles paraissent et s'exercent d'une manière formelle, n'ont elles-mêmes, en fait, aucune activité, qu'elles ne se proposent un but à atteindre.

Ce résultat p^^nv^ij «ii nr^yoir, car la catégorie formée d'une synt t de la tendance , implique précisémei K de la pensée avec une loi de ce cbai autres catégories ne donnent que des pos :tes arbitraires, des représentations de lent demeure indéterminé (habitude à pari îté est aussi un élémeut ordinaire de Tbaoïtu

Une suite de pensées donnée dans l'instinct primitif, ou dans la passion actuelle de Tanimal, emprunte ses formes aux antres fonctions, sensibilité, comparaison, imagination, mémoire, telles au moins qu'elles peuvent exister pour chaque conscience. L'homme a de plus la réflexion et la volonté réfléchie. Dès-lors sa pensée peut suivre un cours logique, et se développer volontairement dans Tune quelconque des directions corn* prises sous les rapports généraux qui composent les catégories ou qui les relient en tr' elles.

Lorsque la série n'a pas son origine immédiate dans les fonctions de la conscience, ordonnées par la paswon ou par la volonté, c^est de l'habitude qu'elle résulte ; et ce cas est très ordinaire, tant pour rhomow que pour ranimai. Mais j'exposerai ailleurs la loi de rhabitude. Il suffit ici de poser en fait que la pensée «e reproduit d'un mouvement spontané dans Tordre quel- «onqne une fois donné ou répété, primitivement de à

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l'expérience, à la passion, à la réflexion, à la volonté.

Une question peat s'élever au sujet de Tintervenlion de la volonté dans les séri^ts de la pensée. La reproduction et la remémoration qui y sont en jeu (imaginations etsoiiTenirs suscités à dessein) sont-elles jamais proprement volontaires ? le sont-elles en ce sens que les objets appelés dans la conscience ne s'y trouvent déjà de quelque manière auparavant On a souvent nié ce pouvoir, de la volonté, par la raison qu'une idée absente, ne pouvant être l'objet d'aucune faculté, ne saurait non plus être évoquée par l'exercice d'aucune : ou l'iMi sait ce qu'on cherche et ce qu'on veut atteindre, ou on ne le sait pas : si on le sait, il est donc présent, et n'est point à chercher : si on l'ignore, on ne sait donc pas ce qu'on cherche, et, par le fait, alors, que cherche-tK)n? Mais ce dilemme prouve trop : toute opération de la pensée serait impossible. Reid a cru devoir s'y rendre, il est vrai sans l'énoncer avec rigueur, et sans en comprendre la portée, mais que sert de se réduire, comme il l'a fait , à nous reconnaître une mfiuenee 9ur la tuile et la disposition de nos pensées ? cette influence n'est rien si elle ne se signale par la production de faits de conscience qui n'étaient pas et qui deviennent présents, je veux dire précisément de cette Èuite et de cette disposition mêmes, lesquelles consistent en pensées vis-à-vis de la volonté. On échappe aisément au dilemme en définissant l'absence et la présence des pensées, le savoir et le ne pas savoir qui s'y appliquent. Les pensées que la volonté appelle ou rap-

LA E.USON E^ ç£>£niL,

pelle soDl absentes» en ce qu'elles ne sont pas dans la conscience de la manière qu'elles vont y être ; elles sont présentes confusément et virluellement, comme la science possible et la connaissance en géfit^ral, par les

* avec celles qui sont aces. On ne peut contester vent àractualîlé, tandis que sre donc une véritable produo n'existaient point, ou qoi \i exactement équivalent.

rapports logiq tuellement et n que les termes la volonté s'exerce tion de pensée n'existaient pas

Je ne dirai qu'un i ;s illusions de la pensée;

ce sont aussi celles de la production et de la mémoire, , mais étendues à des suites entières de faits de conscience. Elles se rencontrent dans les songes et daos la folie, c*est-A-dire dans ces états où la réflexion et la volonté ne s'appliquent pas suffisamment à la critique des objets de la représentation*

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