‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 35 sur 193 · ST · texte numérisé non relu

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En assignant uae place à part à la raison parmi les fonctions de la conscience, il ne faudrait pas croire que sa loi diffère des autres plus essentiellement que les lois de la durée ne diffèrent de celle de Tétendue, par exemple. Mais Tin ter ven tion des termes abstraits el généraux dans la représentation confère à tous les rapports, et aux fonctions qui les rassemblent, un carflr-

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Un que ne présentaient point la sensation, l'imaginalioB, ia mémoire, la série des pensées, quand elles ■^ainent que les particuliers pour matière. Ce n'est pK que le rapport de genre puisse n'être pas donné m principe dans le jeu de tous les autres , même chez Taumal^qui certainement distingue, unit et détermine : Mis Thomme seul réfléchit, et réfléchit volontairement ki termes qu'il différencie, généralise et définit ; sa explique ce qu'elle implique, et ainsi comies classifications et les conventions , fonde- ■Ms de Vœuvre de la science.

On a coutume d'envisager dans la raison un pouvoir fi la séparerait plus profondément de l'ensemble de biepréseutation, ou plutôt la poserait en contradiction me elle : c'esi en un mot la puissance de l'absolu. Avec k raison ainsi entendue , la conscience n'arrive pas à H» apogée mais à sa ruine. Ceci est prouvé logique- OMil, prouvé historiquement aussi par l'étude des uoc- Irines.

Kant a maintenu cette séparation , au moment même •h sa critique la renversait. La raison est selon lui une |fcni]lé de poser au-delà des concepts de F entendement, \Hiesqm en dépassent les bornes. Vidée est la coniion de la généralité absolue ou inconditionnelle; raison cherche la condition inconditionnelle des aènes dans chacun de ces trois ordres : Dieu, le et Y Ame. Kant démontre que ces objets ne saui être atteints, bien plus, que leurs idées sont initibles avec les fonctions de l'entendement, ap- [ifiquées à Texpérience possible ; et il n'en maintient.

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pas moius la poursuite, comme légitimée par la faculli indéfinie de formes des chaînes de conditions, et de s'élever de principe en principe. Cependant commenl la raison ne se tournerait-elle pas contre elle-même, et même temps qu'elle procède contre l'entendement? Ltf termes dont elle parcourt la série ne s'établissent que par la catégorie de relation , dont la détermination erf la forme synthétique ; tout s'efface donc de la con^ science, du même coup que les conditions quelconquéi^ sous lesquelles tout s'y pose. La condition inconditi<NM| nelle est un pur indéterminé , et l'indéterminé ne rait déterminer quelque chose pour nous. L'abstrai appartient sans doute à la raison , mais il n'est pour cela raisonnable de feindre que les termes traits soient quelque chose à part des rapports lesquels ils se sont présentés, et grâce auquels on a pr6cisoment les abstraire. Plusieurs de ces termet^ comme l'un, le simple, n'ont de sens qu'avec leurs corrélatifs ; d'autres , l'infini , l'absolu , se forment par négation des synthèses de détermination , de relation;^ si on prend ces valeurs abstraites pour des formes la réalité affirmée, qu'on ne manque pas d'ériger aui tôt en substances , les antinomies se présentent , \éi science est impossible. (V' le Premier essai, § XXI, xui, XIV, etc., et Appendice x.j

Cette même erreur, ou plutôt ce vertige, est au des analyses du plus savant philosophe de l'antiquil dans sa psychologie, dans sa physique, dans sa mi physique. La doctrine de l'absolu , moteur immobii intellect pur, devint la religion des esprits , quelqiM

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siècles après Aristote. Descaries et les autres novateurs a respectèrent sur le point capital, et Kant ne s'en est )as afifranchi. On ne saurait la présenter d'une façon )lus radicale et en termes plus nets que ne fit l'auteur le la Métaphysique, \oTsque, bien loin par-dessus l'enlendement vulgaire, il entreprit de placer, à l'extrémité iu monde des phénomènes, racle pur de V intelligence pure, l'esprit dégagé de toute condition sensible et même de tout objet autre que lui-même, la pensée de la pensée, saa^ multiplicité, sans composition ni changement d'aucune sorte. Quelle réfutation ne resterait au-dessous de la simple exposition de cette prodigieuse chimère! un miroir sans matière ni forme qui se réfléchit lui-^âmel L'opposition de cette conscience absolue à laconscience que nous connaissons n'est pourtant que la formule ontologique de celle qu'on voudrait établir entre la raison et l'entendement.

Venons à l'analyse de la raison conforme aux catégories. Il s'agit donc de cette fonction que nous avons souvent supposée dans les pages précédentes et qui consiste dans l'application réfléchie de la catégorie de qualité aux représentés de la conscience. La réflexion rapporte l'attribut distinctement et sciemment comme tel à son sujet. Par cette relation, celui-ci est différencié, généralisé, spécifié. De là deux faits concoxmtanls chez l'homme : l'un, l'établissement des espèces, la spécification, l'autre que je nommerai la «piifieation. Mais le premier est logiquement antérieur au second, lorsque le signe s'applique à l'espèce et non pas seulement à l'individu.

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