NATORK DES PREMIERS SIGNES
présent à la pensée, a été probablement sous- 1 à rorigine et compris sous l'énoncé de l'altribut ; celui du sujet. L'analyse seule devait le sépat lui donner une place distincte dans le jugement, unit constamment les ternies variables. De là des itions suffisamment claires quoique très condenins lesquelles le terme copulalif <?«/ intervînt en- DÎt explicitement, soit confondu quelquefois avec kippement du verbe dans les langues à flexion, DDent en outre une désinence au nom. A l'égard be étre^ non plus comme copule, mais avec la d^existence en général, il est tout simple que la ait servi d'attribut aux sujets auxquels on n'en tait pas de définis, mais que l'on se bornait à ictuellement. Le verbe dit substantif n'esi autre [ue le verbe attributif indéterminé, et n'a rien de m avec la doctrine de la substance. Aussi les Chiui omettent fréquemment le signe de Yêtrej le cent d'autres fois par les signes de V avoir et du Nous avons nous-mêmes quelques formes ana-
uestion de savoir lesquels d'entre les noms furen t les premiers est une question vaine : un sujet, ibut ou verbe attributif, la copule exprimée ou née, sont des parties intégrantes de la proposi-nr, les hommes n'ont pu ni parler sans juger, ni ir de noms quelconques sans chercher à parler s y réussir de quelque manière ; ils ont donc nérement nommé l'attribut et le sujet aussitôt qu'ils A rapportés l'un à l'autre par la parole, et ils ont
108 PREMIERS ÉLÉMENTS d'UNE GRIMMAIRE:
nommé le verbe en même temps qu'ils ont pris pour air tribut l'acte d'une personne ou d'une chose qu'ils ont personnifiée. Mais le développement du verbe en personnes, temps, modes et voix, a pu être bien postériein| de môme que le dégagement de la copule; et tout i est si peu nécessaire, qu'une immense nation s'en i passée et s'en passe encore.
Au point où nous en sommes, il existe un certain cabulaire très restreint, avec une idée grammal pour ainsi dire instinctive, qui ne dépasse pas la des jugements les plus simples. Mais un même cl peut se prendre souvent pour sujet d'une propositii pour attribut d'une autre, pour verbe d'une troisii Par exemple la parole est un sujet, une langue parlée, et un homme la parle. Il était naturel que même mot fut conservé dans ces divers emplois, il fallait qu'on pût reconnaître en quel sens il se pié nait. Ici commence véritablement la grammaire. Il 4 existe deux, tout à fait distinctes. L'une tire la vald du mot de sa seule position, elle n'admet ni flexion ni compositions d'aucune sorte , mais le même sigl [qui est un son monosyllabique) y reçoit de la pli qu'il occupe, en vertu de règles fixes, le rôle qu'il jû de sujet, d'attribut ou de verbe, dans la propositifl L'autre plus poétique, moins abstraite, modîGe j forme des mots, soit en les infléchissant selon les m ports qu'ils doivent atrecter, soit en y incorporanll certains autres mots, les mêmes pour les méaj cas, lesquels ou se fondent définitivement avec ed
PUMIBOS ËLfiUENTS D'uNE GRAMMAIRE. 109
itinuent à s'en distinguer plus ou moins par la
lassage de la proposition simple à la proposition 5X6 est facile à comprendre dans le système de nmaire de position. Le nom de la personne oci telle place, comme sujet par exemple, et ne moi point le nom verbal pour le rapporter à moi, à 1 à lui. Si un sujet s'offre sous le régime d'un on n'en altérera pas pour cela la forme, on le jetn avant, ou, s'il dépend d'un verbe, on l'introà sa suite, comme complément attendu par la u Les pluriels s'exprimeront par la simple addi- 3S syllabes indicatives du nombre ou du tout, et nres par celles du sexe, quand il y a lieu. Les et les modes n'entreront point, non plus que les mes, dans la constitution des noms verbaux, mais rquera au besoin par des particules distinctes ces its de la pensée ou d'un membre de la pensée. Il a de même de la voix passive. Enfin les préposisl les conjonctions étant des signes condensés, 1 rapport de deux mots (position, réunion, ablaippartenance, causalité, finalité, etc.] soit de celui IX propositions partielles (réunion, temps, modaetc.). le système des juxtapositions rendra leur OD ne peut plus facile et élémentaire.
te méthode est logique et facile. Quoique l'Ailee linguiste ait introduit la mode de la mépriser, imour-propre indo-germanique sans doute , il ne «rait pas que le signe serre de plus près la pensée (les langues si laborieuses de la tradition sanscri*
HO PREMIERS ÊLfiMENTS d'uNË CnAHHirrtfi.
tique. Au fond les deux protiidés rentrent dans un genre commun, car il ne peut exister d'aulrc moyen radical que celui de la juita position. La pensée ne s'énonce pas, ne se traduit pas è l{i rigueur par des mots ; on doit la suppléer, la deviner sur des signes coiiveaus. Le sanscrit et ses branches collatérales ou dérivées parlent comme le chinois, avec cette différence qu'ils introduisent la modification dans le mot plutôt que dani ia phrase [ou en même temps , ne parvenant pas à se passer tout h fait de particules}. Cette marche peut faire illusion : elle simule une sorte d'organisme et de nV des mots, que Ton croit analogue à la formation delà pensée; mais il n'en est rien, el l'intussusception, pas plus que la simple addition ne va au-delà du rapprochement brut des signes distincts aiïectés aux éléments distincts de la pensée.
Quoiqu'il en soit> il sufUt d'avoir compris comment une langue peut se former progressivement et se compléter, dans le système monosyllabique, pour que le même phénomène s'explique dans le système incorporant ou dans le système des flexions. Il faut seulement supposer Je plus une sorte de construclivité poétique, sous rinfluence de laquelle, au lieu de ranger les mots dans un ordre fixe à mesure qu*il les ajoute^ un peuple les modifie les uns par les autres , les compose afin d'en exprimer les rapports, et peut dès-lors se permeltre toutes les inversions. C'est ainsi que paraissent les déclinaisons , les conjugaisons , les cas , les temps , les modes, les vui\, les régimes divers, non toutefois sans variétés, ni exceptions, ni anomalies. C'est encore ainsi
MARCHE DES LANGUES. 4f4
|ue s'établissenl les parties du discours, doni la classification est fort arbitraire.
Un Tocabulaire grossier, fait de symboles naturels, complété par le geste, improvisé d'un côté, deviné de Vautre, tel fut sans doute le langage au commencement. On se bornait pour toute grammaire à jeter en avant dans un ordre quelconque les signes que la pensée devait unir. L'usage et l'habitude fixèrent des mots et les assujétirent à des lois de succession ou de groupement à peu près invariables. Au moment où une grammaire se ccHAstitue ainsi, quelque peu réfléchie que soit la marche par laquelle on y parvient, les mots deviennent plus franchement génériques, plus propres à l'expression des relations ; leur valeur symbolique s'efface à mesure qu'ils s'étendent ou se précisent; enfin, les plus abstraits se dégagent et acquièrent une importance croissante : lels les particules, les pronoms démonstratifs et relatifs, les articles. La parole, due à l'instinct de la raison, tend à devenir la raison même, et une langue qui semblait le produit de l'inspiration a presque les effets qu'on aurait attendus d'une convention formelle entre les hommes.
Ici et dans ce qui suit, j'entends par symbole le symbole primitif et naturel, et je l'oppose au signe de pure convention. En ce sens, l'algèbre est la moins symbolique des langues, bien que, dans une acception toute autre, 00 ait pu la nommer très justement une véritable symbolique. Les symboles mathématiques expriment des rapports définis et abstraits, et ne sont pas fondés sur
H2 ' M Ancnii DES LANGUES
rimitalion ou sur de vagues unalogics, sur la personmfication universelle, sur les mythes.
Plus les langues s'éloignent de leur origine, plus elles perdent de leur poésie, si toutefois la poésie est dans l'image ; mais p"'^^^ '^^"«^ '^i^'^s gagnent en logique. Cûl affaiblissement ol t grand, dans ces idiomes
dérivés, mt^lcs, a rOs cl tourmentés de mille manières, oùla conscience VI :cde la composition et de la valeur étymologique des ^Is est perdue, où, par conséquent, le signe est pun nt 1 ituel, et comme conventionnel. Ces mêmes idi( i ïyntaxe assez analytique,
parce que la forme d n'y marquant plus suffisam-
ment les rapports grammaticaux, on doit recourir à l'emploi de particules qui les expriment, et on même temps se soumettre à uue loi de position. Cependant les vices du symbolisme primitif s'y remarquent encore. Le principal, si ce n'est Vunique, est la nécessité de personnifier les noms de choses, d'attribuer passion et volonté à tous les sujets du discours. De )à cette rtîgle des genres, qui nous oblige à distinguer par le se\e des objets qui nVn ont point, usage parfaitement ridicule aujourd'hui, et que l'empire de Thabitnde uous rend seul supportable, dans toutes nos langues jranglaisseulescepté). A ces défauts dont rimportancc surpasse tout ce qu'on pourrait croire d'abord, il faut joindre ceux qui proviennent des caprices de toutes sortes qui ont gouvernéla formation et Taltéralion successive du parler et de l'écrire : c'est le désordre d'une maison en ruines dont les parties ont été abandonnées, relevées ou réparées au hasard ; on n'y voit que distinctions arbitraires ou coïi-