DU REMÈDE AUX VICES DES LANGUES
nure, les modifications les plus légères ont reçu force de loi pour exprimer les nuances de la pensée. Ainsi Tusage a suppléé à la logique en prescrivaal contre elle;Ie désordre est devenu classification, et la pauvreté richesse, j II est beau sans doute de se faire avec de grands défaub 1 de grandes qualités. Une langue dérivée, et de si loin, el à travers tant de révolutions, ne pouvait trouver niieuL ] Mais il est déplorable qu'un si bel instrument soit si ' diflicile à manier, et n'admette aucune règle fixe ; qos l'esprit le plus rigoureux s'en serve le plus incorrectoment s'il n'est averti pour chaque rencontre, et longuement, exercé, et qu'enfin l'instruction générale, sérieun j mais nécessairement limitée , qu'on peut espérer àlâ donner un jour aux hommes de toute condition, soijg manifestement insuflisante pour les initier aux beautfi| d'une littérature de cette espèce. Là sera quelque Joufe a condami^ation de la grammaire française. *j
Le remède aux vices des langues demanderait, que qu'il fût, une action prolongée. Les réformes brusqu et de parli-pris ne sont pas possibles, quand il s'âgitdelj chose de tous, et dont tous usent toujours et librement^ jamais ces trois conditions ne se trouveront réunies que que part : une exacte connaissance des changements^ introduire, une ferme volonté d'en exécuter de suffis ment radicaux, un plein pouvoir de les imposer d'uB manière efficace. D'un autre côté la spontanéité, pareille matière, exige des siècles pour se déployer, ( ses ciïels sont très bornés quand c'est contre l'habitu et les traditions littéraires qu'ils doivent se produii