DE LA NATURE DES TERMES GÉNÉRAUX
alors l'espèce et le signe sont distincts et même opposés. Le signe est autre chose : un sensible que Thabh tude ou la convention affectent à l'imagination et & k mémoire pour représenter les individus en ce qu'ils oM de commun ; il n'est donc pas de lui-même l'espèce qw l'on dit qu'il signifie ; mais l'espèce, V identique de$ difirents, se pose d'une manière logiquement préalable i^ mot appelé pour l'exprimer. La signification est néoflh saire au développement de la raison, comme je Fi^ déjà expliqué , et elle est inhérente à la pensée dari^ l'homme, dès l'origine ; elle n'en suppose pas moinf Ij généralisation, sitôt qu'elle porte sur les espèccStidl dis que la généralisation ne la suppose pas essent» lement.
Les derniers nominalistes ont vu dans le signe \ trumcnt indispensable de la conception généralisai S'il en était ainsi, le mot ne viendrait pas pour l'expi sion de l'espèce ; c'est l'espèce, au contraire, dorf faudrait que la notion se fondât sur l'institution ai rieure du moL En ce cas que serait d'abord celui un nom propre : et il ne s'étendrait jamais à d'au! objets du genre du premier, puisqu'on ne veut poser aucune représentation préalable de ce genK Mais nous voyons l'enfant nommer par imitation individu, par exemple, et étendre si spontanément^ nom aux individus semblables, qu'il est à croire que signe lui a tout d'abord convenu pour exprimer i attribut, plutôt que pour marquer très inutilement i tHre particulier et unique. Concluons de l'enfant riiomnie primitif, car la question est la môme. A
LES INIMAUX QUANT A LA RAISON. 12t>
l'apparition du signe ne saurait guères s'isoler de la conception de l'espèce ; ou tout au moins la signification ne devient générale qu'autant que la représenta* tion générale existe*
Au reste il faut prendre garde de faire aux nominalistes une querelle de mots. S'ils entendent que les objets de la raison ne s'arrêtent dans la pensée, ne s'y posent clairement et ne s'y coordonnent sciemment que par le moyen des signes, c'est là une vérité d'expérience* et jamais on ne comprendra qu'il puisse en être autrement; mais nier la représentation confuse de l'espèce, c'est-à-dire de l'attribut distingué d'un sujet et joint à un autre, ce serait se mettre hors d'état d'expliquer les progrès de la signification, et d'enteodre même la question de l'établissemeni des sil^es comme généraux. Cette représentation confuse est donnée dans l'enfant, qui ne tarde pas à signifier avec distinction et conscience et à généraliser arec force et rigueur; elle est aussi donnée dans ranimai, selon toute apparence ; mais l'animal n'arri?e pas à réfléchir et à se poser volontairement nos
Les animaux possèdent les simples éléments de la raison, s'il est vrai qu'ils jugent des attributions et distinguent une chose d'avec les qualités qui n'y sont' pas invariablement unies. L'animal supérieur, par exemple, ne se laisse pas tromper par les circonstances accessoires de la chose à lui connue : le maître d'un chien, ce maître qui a changé d'habit, ce niaitre
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qui a pris sa canne pour sortir, ou qui le menace^ l'en frapper, sont aux yeux de ce chien un seul et méi objet affecté d'attributs différents ; cet objet il le n connaît, et ces attributs lui causent des impressioDsdi verses ; il est donc capable de discerner et d'idenlîfi les phénomènes qui forment différents groupes. Qi connaissance analogue appartient à tout animal qui seulement des relations distinctes avec ceux de son a pèbe, et, pour ne pas la qualifier de jugement, il te drait adopter les explications forcées du mécanismecÉ lésien.
Le système de Descartes se résume dans Thypodiil suivante : « Une loi à priori, enveloppant la natal entière, détermine et coordonne des séries de figai et de mouvements dont les modifications des flnii animaux sont une simple dépendance. Le jeu des a ganes avec tous ses effets s'enchatne à ces modifiai tions. Il en est ainsi de l'animal, ainsi de rhomiiie,^ l'organisme n'est que mécanisme. Mais, chez rhomn à chaque moment de la fonction mécanique, il pa s'adapter, et il s'adapte on ne sait comment, dans l certain nombre de cas, un moment de la fonction il lellectuelle. Cela ne serait point nécessaire, mais od est, et nous le savons ; chez l'animal, cela n'est p nécessaire davantage, et nous ne savons pas que ee soit ; cela n'est pas : nulle fonction représentative n*i donnée aux animaux, o
Je ne pourrai motiver qu'en traitant des princip de la certitude la condamnation de celle puissanl mais monstrueuse hypothèse qu'adopta si facileoM