‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 5 sur 193 · FORMULAIRE DU PREMIER ESSAI. XI · texte numérisé non relu

FORMULAIRE DU PREMIER ESSAI. XI

leur primordialitéy et les poser elles-mêmes avant elles-mêmes. Nous ne pouvons pas les supposer toujours données, sans commencement, parce que leur existence, de quelque manière qu'elle se témoignât, et fut-ce toujours identiquement, impliquerait la répétition infinie d'un phénomène. Enfin, la nécessité, le hasard, le fait, sont des termes qui se confondent pour qualifier la donnée d'une force primitive, une ou multiple; et nous ignorons la synthèse propre de cette force , ainsi que ses relations avec les phénomènes , dont les rapports mutuels nous sont seuls connus;

V A regard de la finalité : Nous n'avons aucun moyen de former la synthèse de deux états successifs du monde, sous le rapport du but de tout ce qui devient. Aussi se borne-t-on à poser le problème de la première fin et de la fin dernière qu'il serait possible de concevoir pour les phénomènes. Mais la question ainsi précisée ne se trouve pas plus abordable. Aucune nécessité logique ne nous oblige à admettre Texistence d'un dernier terme 5 car les phénomènes peuvent sans contradiction se prolonger indéfiniment dans l'aveuir, pourvu qu'ils ne soient pas posés par prédétermination, mais comme de simples possibles. £t il n'est pas prouvé non plus logiquement que les phénomènes n'auront point un dernier terme comme ils en ont eu un premier. A plus forte raison, la nature du but dernier, s'il existe, nous échappe entièrement. Quant à la fin qui a pu être proposée avec le commencement des choses^ nous devons naturellement en envisager une, parce que h représentation lie les choses premières aux choses postérieures sous le point de Tue de la tendance, de la passion et du pour quoi, aussi bien qu'elle lie les choses postérieures aux choses premières sous le point de vue de la puissance , de la force et du par quoi. Mais nous ignorons si l'ordre des fins donné primitivement est un ou

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mulliple^ total ou partiel, invariable ou mobile, nécessaire éluclable;

8^ A regard de la personnalité : Toutes ces impossibilités la science sur le combien, le où, le quand, le comment, le d' le par quoi et le pour quoi des phénomènes , dans la synlh totale, aboutissent à un dernier problème^ celui de Yen qui, quelle représentation ; c'est-à-dire de la conscience du mon Or le monde comprend, il est vrai, des consciences données nous ne pouvons même nous représenter rien du monde, ( sous les conditions de la conscience , mais la synthèse toi sous la forme de la personnalité n*est pas- pour cela mo soustraite à nos efforts.

D'abord , une conscience enveloppant la totalité des phéi mènes cesse de répondre à la notion de conscience^ attendu < Topposition du soi au non soi s*évanouit dès que la consciei est identique avec le monde.

Mais on passe outre; on veut concevoir une conscience p mière, à laquelle seraient subordonnés tous les 4)hénomèi apparus postérieurement, ou devant apparaître. Alors on s'explique point comment le fractionnement a pu se faire. S que cette première conscience ait été une vraie personne, quelle-même ait procédé graduellement à se connaître en ce naissant des personnes et des choses émanées d'elle, ce passi de Tunité à la pluralité est inintelligible. L'émanation est i image qui n'éclaircit rien. Nous nous représentons un tout j la synthèse du multiple et de l'un, et toute chose est un t< pour la connaissance ; mais la génération du multiple par V nous obligerait à voir dans une chose son contraire, ce qui contradictoire.

On veut encore que la conscience première, cette fois tou fait personnelle, par un acie propre» à un certain moment.

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