‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 52 sur 193 · TROISIÈMB NOTION : LE CŒUR · texte numérisé non relu

TROISIÈMB NOTION : LE CŒUR

pies données, à la manière des sons ou des chatouillements ou des images, mais s'érigent en formes vivantes de la finalité. Cette dernière loi y est inséparable* ment inhérente. Sans doute, quand on fait abstraction de l'espace et du temps dans une couleur ou dans un son, la couleur et le son cessent d'appartenir à une rq>résenlation de l'expérience sensible. Pourtant un élément clair et déterminé subsiste pour l'analyse, et chacun sait bien ce que c'est que rouge ou itrident, toutes catégories de côté. Il n'en est pas de même de la passion, que ne constituent nullement les sensations eoncomitantes, mais dont l'essence propre s'évanouit toujours, sans laisser de résidu, aussitôt qu'on en retrmche toute supposition de fins. C'est encore ainsi cpie la volonté n'est intelligible que confondue avec la cause.

Dès que la fonction de volonté est abordée directe* ment, et définie par la catégorie de force ou de causalité, qui lie les faits assujétis à la loi de consécutivité constante, on n'y voit rien qui implique nécessairement attrait, ou préférence, ou complaisance quel* conques. Suivant cette marche irréprochable, il est di^ ficile de comprendre que tant de philosophes aient identifié la volonté avec le désir. Envisageons cette dernière passion en elle-même, elle ne nous paraîtra pas moins distincte, si seulement nous observons que le désir peut se produire à l'égard d'un objet dont nous ignorons si la réalisation est possible, et peut persévérer sans être suivi d'aucun effet, soit extérieur soit pour la seule conscience, tandis que l'on n'a jamais

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donné le nom de volonté qu'à des repr*îsen talions jointes à Tefforl d'un acte représentatif quelconque, elà celles de ses constiquences que permet la nature. S'il n*ai était pas ainsi, tous les hommes entendraienl-ils datrement qu'oi: nvolonloirementet vouloir

sans 'désirer ; ' qnlls rcnleudent ?

Je sais hier B^ystème des déterministes

on affaiblit la pi |b^ vulgaire el des idées

communément sujet; mais ce langage e(

ces idées sor pip^ et de toutes les na-

tions, et ce s rs indémontrable, est dé-

menti par les convictions urelles de ses propres adhérents, Kamener l'opposition des passions et de ta volonté à celle des passions entre elles, est chose facile en arrangeant les noms pour un moment, et pour le besoin d'une théorie : il n'est pas si aisé d'expliquer comment certains désirs deviennent effectivement des causes, c'est-à-dire passent k la volonté, et comment un si grand nombre d'autres demeurent suspendus. C'est se payer de mots que de prétendre que les passions les plus fortes remportent, et se nomment alon des volontés; car qu'est-ce que cette force, el d'où sort-elle? Ainsi, sans aborder encore la question du déterminisme cL do la liberté, el en supposant, si Von veut, que l'indépendance du vouloir soit une pure illusion, il reste que l'analyse doit distinguer profondément entre le désir, passion produit.^ en présence d'une fin, et la fonction volontaire propre à assurer la réalisation de celte lin dans certains cas.

Le désir a cela de commun avec les autres passions»

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