‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 53 sur 193 · TBOISIËME NOTION : LE CŒUR · texte numérisé non relu

TBOISIËME NOTION : LE CŒUR

a finalité est uq caraclëre essentiel de toute défi* 1 qu'on en voudra donner. C'est à ce litre qu'elles snt toutes danslafonctionaffeclive. Orsinousconms plusieurs de ces autres passions, et principalela joie, nous verrons la volonté s'effacer encore plus i représentation que nous en avons. Les affections ennent de la tendance pouvaient encoreôtre rappro- \ spécieusement des volilions, qui ont comme elles ot à atteindre, souvent le môme ; mais celles qui leot de la complaisance dans un état donné s'éloi*t tout à fait de l'effort et ne marquent point de ilité. L'amour, pour user maintenant de ce nom, De passion tantôt de fièvre et de mouvement, tantôt Urne et de repos. La première forme est sans doute qu'on observe et décrit le plus, celle qui entraine une et mène le monde ; mais la seconde est un . toujours présent, doiton croit se rapprocher dans 8cès mômes de l'autre, et sans la réalité de laquelle, ihémère qu'elle soit pour nous, le changement sesans objet. Ainsi, l'amour de satisfaction, le plaisir emplatif, la tendresse, les joies douces, sont des fiions qu'on ne peut s'empôchcr de rapporter à une lion bien distincte des autres dans la nature hule. La volonté y est aussi étrangère que le permet lé de l'homme moral. Enfin le désir et toutes les ions motrices sont essentiellement de même naque cette passion à l'état de repos, parce que le rement ne commence et ne se justifie que par la 5sentation affective de son but, et qu'une même

<6§ 1 A PASSION PUAË ; PLACE DE LA PASSIU» DANS Vm^iHl,

fin, poursuivie, donne la passion dans le chaugemenl; atteinte, la passion dans la quiétude-

La passion pure eslloîn d*avoir obl(*nn dans les systèmes une pi ' ' à celle de renlendentent pur- Ce demie la chimère des penseurs, Cependant, si i voir une école philosophique dans le les sectes analogues, ob aura quelque devient l'homme pmdîi point de vue ctivilé. Le pur amour, la contempla tioi &\tase, la soumission en* tière aux lois i nques, avec abandoQ dn jugement et résignation de la volonté» sont les formes de la doctrine quiutiste. A celle disposition morale, il faut joindre ici, quoique très différente, celle qui admettant le libre mouvement des passions, recommande le sentiment, Tenthousiasmc et les sympathies comme des principes d'activité supérieurs à la raison elà larolonté, au jugement et à la justice. La seule eiisteace de ces doctrines, ou mobiles de conduite et de vie, confirme la distinction entre un élément qu'on peut chercher de la sorte à faire prédominer dans Thomme et ceux qu'on s'efforce d'effacer ou d'atléimer ; et si cette distinction n était rien, il faudrait dire que le quiétisme et le senlimentalisme ne sont rien euimémes, el n'exercent pas la moindre influence surceui qui, par caractère ou par S3stème, y conforment leur* actes. Mais une telle opinion serait trop démentie par les faits.

8THTH&8B DRS PONCTIONS RRPRfiSRNTATlYES. 461

e principe de ces erreurs est dans rimporlance trop ie d'une fonction souvent et singulièrement mé- Que. Entre Tintelligence et la volonté, la passion est me un centre des phénomènes humains, un lien de les les lois représentatives, raccomplissement de mme. Elle marque profondément chaque plein moitde notre existence, et elle domine toutes les remtations, dans ces passages obscurs, dans rcs indes qui séparent les pensées nettes, les actes dé- ■Bës; car alors la conscience enveloppant à Tétat lis le passé, le présent et l'avenir est avant tout ilinct d'une 6n à atteindre. Sans la passion, on peut ique les éléments de la nature humaine seraient me désunis, l'entendement glacé, la volonté indisle et machinale; les phénomènes, que la logique le enchaînerait, n'afiecteraient pas la conscience lement que ces images, ces fantômes que Démocrite Ipnait traversant la pensée des morts. Mais, en prèle du sentiment, la logique est vivante, et la volonté ianifestepar la lutte. C'est d'après les mouvements in de la passion en nous que nous apprécions la Éie relative des biens, et que, par suite, le bien mi>me m est révélé ; c'est au genre de contentement ou de le qu'elle nous met au cœur que nous jugeons le I sûrement de la valeur morale de nos déterminat, et si de tous les biens proposés nous avons choisi lus fécond, le plus durable, le plus propice à la vie, [os conforme à l'ordre.

es trois fonctions que j'ai distinguées sont unies.

162 SYNTHESR DES FONCTIONS RIPRÉSBRTATITIl.

Après avoir montré que rintelligence et la volonté n distinguent nettement, et pourtant ne sauraient compta ser rhomme, ni Tune sans l'autre, ni sans la passion il n*y a qu'un mot à dire pour constater que cette ém nière, également distincte, manque d'appui et de 8iM| tien quand on l'envisage hors de sa synthèse avec 14 autres. Tout sentiment, en effet, suppose un objet etl| matière de cet objet ; l'intervention des catégories ià tellectuelles, relation, nombre, étendue, durée, qaaU| devenir, est donc inévitable. D'autre part, s'il ne sejit gnait aux rapports de tendance et d'état qui sent la passion , ceux de puissance et d'acte avec le paraissent la causalité, la force représentative, n'obtiendrons pas l'homme réel ; ainsi la volonté i joute à la passion.

Il faut enfin rappeler que la sensibilité n'est moins essentielle à l'homme de l'expérience, la se lilé, c'est-à-dire la représentation des phénomènes ( nés immédiatement comme indépendants de la science, et pourtant soumis à ses lois. Et, avec ces ] nonièncs, nous savons que les fonctions organiques^ les fonctions physico-chimiques, auxquelles ils constamment liés, doivent paraître à leur tour. Ain compose le tout indissoluble de l'homme. Toutesj fonctions, toutes les lois, tous les phénomènes con ou môme possibles pour notre connaissance y viennent.

Les fonctions représentatives, quoique insépa dans la synthèse humaine, ne sont pas réductiblesl unes aux aulres ; je crois l'avoir prouvé autant que

KLUS MUT IlfDISSOLUBLKS IT IN QUIL SENS. 163

permet une analyse exacte et serrant les faits, sans chimères, mais nécessairement affaiblie dans sa rigueur par l'imperfection et le désordre d'un vocabulaire philosophique que je n*aurais pu abandonner ou réformer radicalement sans trop d'inconvénients. Toute exposition est tenue de parler la langue connue des lecteurs. Mais je crois que le sens des noms principaux dont j'ai fait usage paraîtra suffisamment précis, si l'on veut bien se reporter à celui des catégories auxquelles se rattachent les fonctions que j'étudie. C'est ainsi que le sens du mot volonté doit s'interpréter conformément à l'analyse de la catégorie de causalité, et le sens du mot pasiian conformément à l'analyse de la catégorie de finalité (V' le Premier essai.). La distinction de ces deux fonctions revient à celle de ces deux catégories, laquelle est manifeste. Au surplus, je n'ai encore jeté que des no- . tiens préliminaires sur ces deux fonctions, active et affective, qui réclament un examen approfondi et impli-^ quent la plus grave des questions que la philosophie lit jamais agitées.

Toute cette analyse des fonctions humaines serait vicieuse si je Regardais comme effectivement séparé ce qu'elle distingue. Hais j'ai posé dès le début l'indivisi- Ûlité de l'homme comme un fait, une vérité d'expérience ; et l'analyse ne peut supprimer les faits sur lesquels elle porte. Si donc on m'objectait que cette vo1onté,p cette passion, cette intelligence, cette sensibilité dont je létermine des représentations propres^ sont naturelle nent unies dans nos actes, je me bornerais à tourner

461 KLLES SONT IKtllSSÛLUBUiS El KN QUEL SENS.

Tobjeclion contre les théologiens, auteurs delatrînîtl des personnes ; ceux-là seuls professent des dogmes qj les conduisent à réaliser une division inintelligible (si non dans Thomme, au moins en un patron supériev idéal sur lequel il est formé). Mais ce n'est point uq trinifé ou une ne que je propose» c'est m

simple classif lai^e^ fondée sur l'analyst

propre à facili. ce des phénomènes, et qu

ne trompera ] îiie averti de Tindissolii

bilité des lois de cette synthèse appelé

l'homme. É^

Quand je andes fonctions humaines

sont inséparaDic& ^, *,^«,(,^.ubles, je parle du composé normal que nous offre la nature , et de l'ensemble des phénomènes qui s*y déveluppenl. Je ne prétends pas qu'un acte quelconque les implique formellement toutes» ni intéresse au même degré celles qu'il suppose. Ce serait méconnaître» et les gradations que comportent les divers caractères de la représentation, soil d'une personne i\ Tautre, soit chez une mémo personne, à des moments différents, et le fait incontestable de la prédominance plus ou moins marquée de chaque fonclioa partielle dans la fonction totale, selon les temps» les circonstances et les actes. Nous verrons même dans la suile que Tune de ces fonctions, la volonté, qui n'atteint que dans l'homme sa forme nette et déOnilive (elle est autre et obscure chez les animaux], demeure sourde dans rhomme même, pour des actes nombreux et durant des périodes entières, et peut enfin s'obhtérer» comme s'exalter. Il n'en est pas moins vrai que la vo-

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