S VIL
De l'homme eomme i^aMion* — I«ee pMMleBe»
La passion ne saurait être définie généralement. <
Lk PASSION EN GSNËRÂL. 4G7
eut la nommer une impression inlernc , ou dont la Viière est le soi modifié ; on Toppose ainsi à la sensanqui est une impression externe, c'est-à-dire repré- ■léedans le non soi : mais ce mot impression désigne Redonnée quelconque de l'expérience relativement à ieoDscience, et ne définit rien de plus. Le sentiment Mon terme encore plus vague. Tout ce qu'on peut dire k 11 passion pour elle-même, c'est que l'impression {■h constitue se sent, et que, sentie, elle se distingue blHite autre.
iJhis joignons à l'expérience les catégories, qui en it les formes et les règles inséparables : de même h la sensation, posée dans l'espace et le temps , est Aurellement rapportée à la causalité , sans qu'il soit IDÎn de lui attribuer une fin quelconque ; de même et Snrerse, la passion, envisagée plus particulièrement 18 le temps et dans la conscience, quelle qu'en puisse lia cause, soutient un rapport essentiel avec la fina- . Toute passion existe sous condition d'une fin proée; et, avec les fins, les passions varient, comme les sations varient avec les causes, /expérience seule nous apprend que telle sensation Mir cause telle donnée extérieure et non telle autre, [ue telle passion correspond à telle fin. Nous savons I, du fait extérieur, il n'est pas possible de déduire (pression sensible comme elle est pour la conscience : s fin donnée ne révèle pas non plus une passion, rement que par le fait. Toutefois, les fins étant po- I dans la conscience même, ce qui n'a pas lieu pour causes des sensations, l'analyse peut fonder la
IG8 L£ DËSIR ET l'a VERSION.
iioineuclalurc des passions sur celle des principes de (inalité.
De plus, une lin quelconque est présente, possédé avec une certaine stabilité; ou obtenue au moinenl même; ou aperçue dans un éloignement plus ou mcm grand. La conscience est diversement affectée dansoa trois cas, et c'est là que je trouve une première base de kl classilication générale des passions.
Supposons d'abord que lafm s'offre à distance, comflfci possible, ou réalisable ])ar des moyens quelconques.^ La conscience compare deux états d'elle-même : Tiuit • relativement initial, où elle se trouve ; l'autre final, oùi| parait inclus un élément qui manquait au preniier,( duquel est exclus, au contraire, un élément que le] mier contenait. Les deux états sont réunis par une I dance positive ou négative, et cette synthèse est la for logi(]ue de la passion. L'état initial est marqué du ci^ ractiTe (ï imperfection (je comprends sous ce motl besoins et défauts d'être de tout genre), et l'état comj)()rle une plénitude, une perfection leldMYe; riinperfection apparaît future, dans l'état final, et c'e alors l'état initial, actuel, qui se présente comme) tivenient parfait. L'état parfait répond donc à un c-roissement quelcon(|ue, soit donné, soit possible, desj phénomènes ou fonctions qui composent l'être don s'entoure la conscience, ou auquel elle s'unit; et Vé imparfait répond à toute privation, spontanée ou' lente, naturelle ou factice, portant sur quelquesde ces phénomènes, et par suite au dépérissement, M
LE DÉSIR ET l'âYSRSION. 169
néant relatif. Gela reconnu » la tendance est positive quand le passage aurait lieu de Tiniperfection à la per<^ fection ; négative quand il aurait lieu en sens inverse : le premier cas comprend les passions qui se rangent sous le désir, et le second celles du genre de l'ar^sion.
Il y a ici deux remarques à faire.
On pourrait se demander en quoi le désir et l'aversion diffèrent des simples tendances, mais il faut se rappeler que la tendance a été définie comme terme général, antithèse pure de Vétat, c'est-à-dire comme terme privatif qui exclut dans la conscience, envisagée du point de vue de la finalité, et le point de départ et le point d'arrivée. (Premier essai, § xxix.) Positive, la tendance, se reconnaîtrait, autant du moins qu'une abstraction peut se fixer dans les faits, à ce détachement qui se produit par rapport à l'état imparfait, et senti tel, avant même c^e la fin soit nettement aperçue et que la perfection se définisse dans l'imagination ; Q^ative, on doit l'entendre de ce même détachement appliqué à un état imparfait futur, et, par conséquent, nié de l'état actuel quel qu'il soit, tant que d'aiitres fins ne surviennent pas. C'est unie à l'état, sous la double forme limitante, initiale et finale, que la tendance donne et détermine la passion.
Cette distinction n'est pas vulgaire, et cependant l'analyse y conduit rigoureusement, comme à celle de la puissance et de la force. Au reste, cette dernière, quoique plus répandue, grâce à la terminologie d'Aristote, ne laisse pas d'être violée quelquefois par les géomètres et même par les philosophes.