L'iMsimcT
rinstiiict ^si on raison inverse de celui de la patsitt conscieiilCt el les animaux su pt rieurs sonl les seuls qtâ paraissant éprouver netleraenl le dcsir, la joie, Taoïour de cùinplaisauce elles transports dans racqinsiliouiies fins. Mais le br"-* ^" -«'^n^-e el le ridicule supposenl la raison pour i opper, el leur sont presque cga-
lemeat inconnu», j faits d'tin instinct bien dé-
lerniimS qui n objets, mais qui les réalise
sans réfle.xion, la remarquables peul-êlre sont,
chez ranimai, ; chez Thomme, en oulrç,
les divers actes ( corps [ y compris les plus
habituels qui ne sont pas toujours Irùs simples), et sussi celte aptitude il reproduire les sons vocaux une fois gth tendus. Il faut faire la piïrt de rexpérieucc et du làlonnement dans ces plu^nomèncs» mais il n'y a ricii de commun entre la conscience des essais que nous tenions, et une connaissance quelconque des luis de la mécanique, ou des proctMés effectifs par lesquels nous varions une voi\ indC^finiment nuancée. Tout ce <)ui serait réflichi et calcul i5 en ce genre deviendrait parti môme moins pfL^cis et moins sur j V' § ïi).
Il faut ajouter aux iuslincts les caractères natifs c'est-a-dire ces groupes de passions prt^lcs à se manifester dans les circonstances convenables, tels ou teU appétits ou atlachenientSj la peur, la deOance, la ùo- ^lère, etc. Ce ne sont pas Ui sans doute des faits insliût- Ufs, a s'en tenir i^ nos définitions, mais ils sont ordinairement qualinés ainsi , el on le conçoit quand on considère les puissances de certains d'enlre eux commi* prédu nuées dans certains animaux , de préférence i d'auti us animaux el à d'autres puissances, toutes chose
l'instinct. 195
^ales d'ailleurs et pour des circonstances où Ton ne roit rien que d'idenlique. Le caractère de l'animal est lonc confondu avec son instinct propre, et non sans raison. Il varie de genre à genre; beaucoup moins d'espèce à espèce; très peu d'individu à individu dans les mêmes variétés ; insensiblement chez les animaux d'ordre inférieur, ou qui ne subissent pas l'influence de rhommc. La plupart de ceux qui la subissent modifient difficilement leurs instincts, même alors qu'une sociabilité native les prédispose à la domestication, et ils se troublent quand l'ordre de la nature est troublé pour eox. La réflexion est indubitablement la grande cause de la variabilité humaine. Ses effets se produisent chez les individus, puis leur deviennent habituels, puis se transmettent héréditairement, entre certaines limites, et forment des variétés passionnelles.
L'instinct, le caractère natif, la passion enfin, instinctive dans sa source, constituent dans l'ordre animal une nécessité naturelle. Si la réflexion amène la liberté, et en quel sens, c'est la question que j'ai depuis longtemps réservée et que je réserve encore. Mais, pour le moins, l'homme varie singulièrement le fond donné de la nature. Parti de l'instinct et de la passion, au milieu de cet ordre fixe de la finalité qui l'enveloppe, il réfléchit, compare, combine, altère, les 'biens que lui présente une conscience en apparence automotrice ; il modifie jusqu'à ses premiers instincts^ ceux-là mêmes qui se confondent avec les actes vitaux les plus aveugles ; enfin il se propose des biens nouveaux qui lui sont propres et qu'il cherche dans la considération de fins
idti l'habitude.
uUérieures ou générales. L'homme cherche le meilleur, là où ranimai ne poursuit que son bien.
On pourrait entendre primitivement par habitude m élat composé quelconque, un groupe de phénomènei coordonnés, une manière d'être constante. En ce seoSi rhabilude serait l'animal même, ou plus généralement i'élre, vu dans les lois qui le composent, et abstractioi faite de ses changements.
Dès qu'intervient le devenir, l'habitude embrasse unv^ suite de phénomènes dans le temps ; et ce qui motivB, l'application de ce nom , c'est la constance de la loi di succession ; c'est, pour nous borner à l'animal, la dii^ position qui est en lui à présenter le môme enchaîne* ment de modifications, toutes les fois que les premier» termes d'une série se trouvent posés en fait par un é?è^ nement quelconque. L'habitude est encore ici l'être à la fixité, mais la fixité dans une loi de changement, dans une aptitude à reproduire et à répéter un nombre indéfini de fois jin môme développement.
Cette loi peut n'être pas donnée tout d'abord , et se trouver dans l'animal comme acquise par lui à la suilfl de l'ordre de fait de sa vie antérieure. Ici nous arrivons i Thabitude proprement dite, ou à la loi de variation di r habitude; savoir» à ce grand fait que, quand une série (^élé produite une ou plusieurs fois, il s'établit par U môme une disposition de plus en plus marquée, facik et comme naturee, à la llreproduire identiquement dam les mômes circonstances.
Kn donnant à l'habitude le sens très général do h
l'habitude. 197
lersérérance dans un état donné, mais transportée à la sphère du changement, on en trouverait la plus frappante (éalisalion dans cette loi dite d'inertie qui exprime en ifnamique la conservation de tout mouvement acluel. léf lois physiques et chimiques en présenteraient auiat d'applications qu'elles nous montrent de fois les lémes phénomènes pris pour antécédents avoir pour imsëquents les mêmes phénomènes. Les fondions oraniques nous offrent la même constance de leurs seies de production et de développement, quoique nous e puissions pas à leur égard réaliser aussi aisément b prémisses identiques pour les soumettre à Texpéimce. Tout cela c'est la nature. Mais un organisme est 1^ loin d'observer cette rigidité, cette inflexibilité qui Hparlient aux lois des non vivants. L'ensemble des iondilions sous lesquelles deviennent ou demeurent pMsibles la naissance et le jeu des organes peut se mo- Ifier entre certaines limites, surtout si les changements ■Iroduils du dehors sont graduels : une plante, un ani- Mlt se font peu à peu à des milieux différents de leurs jdieux originaires ou naturels pX à de nouvelles in- Ittnces ; ensuite ils s'altèrent et se transforment eux- ■mes jusqu'à un certain point, individus et races ; ils pmnent donc des habitudes , comme on dit , et ils en jkogent. C*est le passage de la nature à l'habitude, le
Egedu sens primitif et fondamental de ce mot habi- [avoir, être], au sens ordinaire et dérivé, celui '. nature acquise et variable.
H y a plus encore dans la vie organique : il y a Vapfilade croissante des organes h reproduire certains phé-
198 Nature, instinct, habitude.
nomènes qui ne soat point de leur jeu normal, ou qui
l'outrepassent , et cela seulement parce qu'ils ont élé
déjà produits : exemple, l'afflux du sang, du lait, on
d'autres sécrétions , le retour de la fièvre , etc. Oq ne
peut se refuser non plus, ce me semble, à voir Thabi-
tude organique dans les faits si multipliés de Fadres»
acquise, dans les arts et métiers de l'homme. Les imat
vements rapides, compliqués, précis, des doigts du nra
sicien, ou des organes vocaux du chanteur, devienne»
irréfléchis et comme instinctifs, chaque petite modifies
tion musculaire se reproduisant d'elle-même, à sa place
dans le cours d'une série plusieurs fois répétée anM
rieurement. La volonté est intervenue pour réaliser n
nombre de fois suflisant la série que l'on se proposa
de rendre habituelle ; maintenant efle intervient d'oi
manière générale, appliquée à l'ensemble, encore (N
toujours, et elle disparaît d'entre les termes successf
qui se suivent machinalement ou à peu près.
S'il était permis de supposer dans un organe ui conscience propre quelconque des fins de ses chang ments, la loi de l'habitude se définirait pour lui u disposition à se proposer pour fins, dans certaines c constances, les fins mêmes qui, dans des circonstam semblables, ont été précédemment posées et obteni par suite de faits extérieurs à sa vie même et à son ( veloppement ordinaire. Or, c'est là précisément ce i a lieu dans la vie animale , où parait pour la premi fois la représentation distincte des fins. La consciei est disposée à poursuivre celles qu'elle a déjà saisi
LOIS DE l'habitude. 199
soit dlostiact ou de passion pure, soit volontairemenl, soit par suite de faits indépendanls d'elle-même, si elles sont favorables ou même sans cela. Ces derniers cas tendent k produire Tinstinct et la passion ; le premier les renforce. On voit que la nature et rinslinct pourraient être considérés dans l'animal comme une habitude première et persévérante ; l'bvabitude , comme un instinct acquis, une nature acquise, une seconde nature (Aristole). Pourtant, l'habitude, à son origine première, est contraire à l'instinct, quelle modifie; aussi constituel-elle un progrès de l'homme sur les animaux , par la facilité qu'il a plus qu'eux de la former et, par suite, de la perdre. Mais, en tant qu'elle persévère, et, tournant à l'instinct, se soustrait à la volonté , elle le ramène à l'animal, dont elle le séparait d'abord. L'habitude propre à l'homme est cette habitude raisonnée qui se contracte et se perpétue volontairement pour la recherche et pour la possession des biens réfléchis : c'est la vertu.
Je crois pouvoir énoncer les lois suivantes comme résultats définitifs des travaux des psychologistes sur l'habitude. Cependant quelques distinctions et quelques amendements aux formules m'ont paru nécessaires (I).
<• L'altération qu'un phénomène répété apporte du
{\) Voir pour (oui ce qui regarde les lois de l'habitude la 1res belle monographie de M. F. Ravaisson. Ces quarante pages, une simple thèse, surpassent en profondeur» et de très loin, tout ce que je connais de philosophie contemporaine. Pourquoi faut il que le substantialisme entache des conclusions qui seraient si nettes dans wn autre langage, et défigure de si fortes analyses? Qu'est-ce que
200 LOIS DE L UABITUOS.
dehors k un être vivant devient moins intense en devenant habituelle, pourvu toutefois que Texistence du sujet soit compatible avec sa nouvelle habitude. — Hais est-ce toujours là un affaiblissement de réceptivité^ comme le dit M. Ravaisson? et ne pourrait-on pas soin vent penser qu'au mouvemçnt de décroissance d'une altération en quelque sorte aiguë correspond l'établissement d'une altération chronique, profond^ et plus ditfîcile à reconnaître, qui a pour effet d'exclure la possi« bilité de la première? Exemple, l'habitude des toxiques.
â"" L'alléralion née d'un phénomène que répète spontanément un être vivant se reproduit et s'aggrave di: plus en plus avec l'habitude, si d'ailleurs on fait abfr-. traction des autres conditions du sujet. — Cette loi parait probable, avec celte restriction ; mais il s'y agit d'un changement dont la fin est une modification chro-. nique, et peut aller jusqu'à la destruction de la nature du sujet : doit-on nommer accroissement de spontor néité, avec M. Ravaisson, l'établissement d'une habî* lude surajoutée qui , de quelque manière qu'on l'envisage, développement morbide naturel , ou force médicatrice naturelle, est anormale pourtant et oblige à voir dans le sujet d'autres fonctions que celles qui forment sa propre et primitive harmonie? Cette loi et la précédente ne sauraient être bien élucidées que par un progrès décisif des sciences biologiques et médicales.
3"" Tout phénomène dont la conscience est donnée,
cet amour substantiel , identique avec la volonté , identique avec U pensée, identique avec la nature? et que m'apprend l'obscure révélm lion du mystère de cette identité universelle ?