‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 63 sur 193 · LA VOLITIO.N, LA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

LA VOLITIO.N, LA VOLONTÉ

pensée simple, où les scories s'offrent purement Dées. Maintenant, si la puissance, si les possibles \ parle sont ambigus dans le monde réel empic'esl ce qu'il faudrait, et c'est ce qu'il est impos- 'éprouver et d'expérimenter. La représentation « ainsi, et le fait que je demande ne va point au-

admis, f entends par volition le caractère d'un e comcience qui ne se représente pas simplement , mais qui se représente pouvant ou ayant pu %fCitre pas suscité ou continué, sans autre chant apparent que celui qui se lie à la représenta- \ême en tant qu'elle appelle ou éloigne la repréion.

Tolonté est le terme général qui répond à la n.

B définition paraîtra obscure peut-être. Elle expourtant le fait même, et c'est ainsi qu'il fautl'en- !. Nous sommes au nœud de la conscience bu- . Au reste, on trouvera des éclaircissements au ire de la liberté. (§ xiii.)

a donné à l'autogénèse représentative le nom de méité absolue (Fichte, par exemple). Ce mot dit eu, si la spontanéité ne cesse pas d'être cette proin déterminée et constante sous des conditions ïes; il dit trop, si l'absolu est placé là pour exclure conditions antérieures ou concomitantes : le phéae ainsi isolé sort du domaine de l'expérience et is quelconques.

â08 CAUSE, FORCE, EFFORT.

Enlre les représentations successives, entre la représentation et elle*méme, quand il y a caractère de volition, se place la relation de cause à effet dont je ne re* prendrai pas ici Tanalyse. Toutes les difficultés qû pourraient nous arrêter dépendent de la substantialisi* tion des causes et de leur séparation d'avec les effets. Cet écueil enlevé, restent des faits très constants et uoe loi très simple. Au sein de la représentation volonlain se fait cette synthèse de Pacte et de la puissance qui nous appelons la force. En vertu d'une figure que j'^i expliquée ailleurs et que j'ai cru devoir conserver pou^ le langage, on a coutume d'envisager la force, la cama cl la volonté dans l'acte d'une représentation an dente, le produit, l'effet et le voulu dans un acte coi quent; mais le tout est inséparable quand on ne pas de la conscience : vouloir penser à telle chose et j| penser en effet se confondent dans le temps, sitôt q[ii|| l'objet est déterminé ; et si l'objet n'est pas déterminén la même identification se fait pour l'objet vague qui e^ tient lieu, à chaque moment de la série d'une remémi ration par exemple. On trouve, au contraire, une ration frappante lorsque l'on considère d'un côté conscience et ses représentations volontaires, et, l'autre, des effets dans le représenté sensible; mais cel séparation porte sur l'espèce des phénomènes observdii des deux parts et non sur le lien même de cause à qui , exigeant sa synthèse indissoluble, s'est toujoi trouvé n'être pas intelligible quand on a voulu adi des forces substantielles et transitives. (V Premwi

CAUSE, FOROE, EFFORT. 209

iMt § ixxYii ]. Au reste, je boroe en ce moment Tanaf9ê aux effets de conscience.

La force et la volonté sont des termes généraux, des oms de lois. Dans une conscience individuelle, le caidère joint à une représentation particulière, et qui la it volontaire, peut prendre le nom d'effort. Toute vo- Ibn bien déclarée, par conséquent réfléchie, est un bit. et Feffort est dit plus ou moins grand, selon qu'il 'tplus ou moins de difi'érence ou d'opposition entre les llëDomènes volontaires internes et ceux que nous penhrions avoirdù se produire selon la simple spontanéité. < On peut se demander si l'efibrt est suflisamment déhn quand je le qualifie de caractère d'une représenta*

Allais que dire de plus? De ce caractère ressort une sentation sui generis, et toute investigation doit 61er là. L'effort est un fait de conscience, un fait Bntatif et représenté dans la conscience. Si l'on de fixer ce représenté indépendamment de la ience, c'est une idole qu'on posera ; et on se fera I fimd cette illusion de placer derrière l'homme inplet, privé de volonté, un second homme, complet fkai-cit qu'on chargera d'être la volonté du premier. Ib ne séparons pas des phénomènes qui ne se com* Imneat point les uns sans les autres; alors nous talaterons seulement la distinction profonde de la présentation simple et de la représentation volonm : celte distinction sera celle du penser et du vouir, et la seule définition possible de l'effort en résuln, puisque le sentiment en lui-même est toujours

léfiDÎssable.

210 l'individualité personnelle.

II est donc permis d'envisager dans la conscience une représentation .toujours, à tout instant, possible, une représentation qui aurait ce caractère d'être si propre cause , ou d'être la cause d'une autre qui de»lors s'identifie avec elle. Cette représentation est im effort pour se maintenir, un effort pour s'éloigner, im effort pour appeler et se substituer telle représentatioD différente, avec laquelle elle forme par cela même \m synthèse causale dont il est impossible de rien dire di plus. En acte, c'est la volition: en puissance, c'est k volonté. Puisque selon l'apparence, que je ne cesse di suivre, un antécédent a plusieurs conséquents pooh blés et qu'il n'y a point de série prédéterminée que It conscience connaisse, la volonté est un principe de ao* lution de continuité des phénomènes : elle n'obéit poiirf à une loi à priori; elle modifie des lois, et elle en &iti qui ne deviennent telles que pour l'observation qui kl constate à posteriori.

En même temps que la volonté brise les séries nalih relies, elle établit une loi d'un ordre nouveau et en nent, que les partisans des substances ont reconn qu'ils ont cru ne pouvoir sauver qu'en constituant ( entités, et qu'ensuite ils ont perdue presque toujoQ en ouvrant ces entités à l'invasion des lois de la naturel Je veux parler de l'individualité du soi.

Une multiplicité de phénomènes de tout genre eslll matière de la conscience : elle les prend comme de 9/à expérience, et non comme d'elle-même. Les formes M lois de l'entendement ot de la raison lui semblent d$

l'individualité personnelle. 84 1

[lieux lui appartenir ; ce sont pourtant des fonctions communes à beaucoup d'autres consciences, et souvent lussi des caractères généraux qu'elles s'accordent à rapporter à leurs représentés : ainsi la représentation» Domnie simplement telle, n'est qu'à peine un principe d'individuation ; la mémoire constitue , il est vrai , ce qu'on appelle la permanence du moi, mais sans obliger ce moi à voir dans le moi autre chose qu'un fragment d'un ordre total. Enfin les passions, malgré les variétés que produisent l'instinct, les circonstances, l'habitude, le caractère initial ou acquis, sont cependant autant de liens de la conscience , et qui l'enchaînent aux lois du monde. Ces choses marquent le genre et le degré de Hadividualité animale. Mais lorsque paraît ce pouvoir, non point une entité, cette puissance, selon toute la valeur logique du mol, cette représentation toujours possible qui se pose avant toutes les représentations, pour elles, contre elles, pour elle-même et contre elle-même, on peut dire l'individualité humaine constituée. La synthèse de la mémoire avec ce pouvoir élève la conscience au point culminant, et constitue essentiellement ce que nos langues et nos lois nomment une personne.

En définissant la volonté, j'ai défini la liberté, puisque celle-ci est une puissance et que je n*ai pas considéré la première autrement, ni hors de la conscience et ailleurs que dans l'homme. Je n'ajouterai rien ici sur ce point; mais on voit qu'il ne s'agit pas d'un pouvoir substantîalisé , encore moins de celle faculté de fiouloir vouloir qu'on a pu reprocher aux partisans du libre arbitre. Il s'agit de la puissance des futurs, la-

212 RÔLB DE LA VOLONTÉ DANS LES PHSMOMÈlfES.

quelle se témoigne dans certaines représentations, s^y témoigne ambiguë, selon les apparences, el devient une volition dans l'acte de la représentation qui se résout et se détermine entre plusieurs. Ce n'est là que de l'analyse.

La difTérence est grande entre la loi que j'énonce et celles que poursuit l'auteur de la mécanique des repr^ sentations. Le phénoménisme d'Herbart, autant qu'il m'est donné de le comprendre, entifie la conscience, et m laisse pas de perdre de vue l'unité singulière, en même temps que l'ambiguïté qui résultent pour les déterminations personnelles du fait de la représentation automotive et de la puissance des contraires. Traiter \e$phénomènes comme des atomes, calculer leurs forces, leurs pressions, et ne voir dans le moi qu'un effort do conservation, c'est s'interdire toute explication delà volonté, et l'emploi même de ce nom, si l'on était conséquent. Il est vrai qu'on ne l'est pas.

Après avoir donné celte idée générale de la volonté, prenons, pour la confirmer et la développer, les phénomènes de conscience à leur origine. Dès la première apparition du sentiment, il y a lieu pour l'homme i' distinguer l'impression de l'effort. Une représentatioa' commence à poindre. L'impression toute seule peut l'élever, ce semble, à la clarté, s'il se produit une sensation vive, si surtout une passion s'y joint, d'où le soi se distingue implicitement de son objet : toutefois, il nous est difficile de concevoir ce que nous appellerions une clarté véritable en l'absence de toute réflexion. Mais, du

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