SENS NOUVEAU DU MOT FONCTION
sein de la représentation obscure ou confuse, en tout eu infolontaire, voilà qu'il naît un effort pour le mainftn et comme pour la suscitation de ce même phénomène imparfaitement présent, pour sa position plus nette, pour sa division, pour l'élucidation de rapports qui en amèneront d'autres. Ainsi paraissent l'attention et réflexion. Puis nous parvenons à la représentation des représentations comme possibles, en général, et & crilede cette puissance même, en tant que donnée dans h conscience. Nos déterminations, nos actes, nous Mmblent alors dépendre d'eux-mêmes, c'est-à-dire de ims, au moins quelquefois ; nous tâchons de ne rien Ibe et de ne rien devenir sans l'avoir consenti ou voulu ; iras comparons la perfection relative des fins diverses foe nous pouvons poursuivre ou atteindre immédiatent; nous délibérons. Telle est la série des phéno- #nes de la volonté.
Un psychologiste de mérite, T. Jouffroy, a remarqué ftt, du point de vue de la volonté, toutes les fonctions Innaines se dédoublent. Partant de là, il proposait de JMKTver à la fonction volontaire le nom de faculté, pris hns toute sa force et par opposition à la simple capc^ au. En effet, à commencer par la sensibilité, personne rïgnore la distinction de voir et de regarder, d'entenbe et d*écouter, de toucher et de palper, de sentir et e flairer, de goûter et de savourer , quoique notre tngue ne soit pas nette sur ces doux derniers points. issant à l'entendement, on aperçoit sans peine quelle iDsformation fait subir la volonté à la mémoire, qui
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devient remémoration, puis à Timagination , au jugement, à la série des pensées, à la passion enfin. C*estlâ réflexion qui rend la raison possible, et les faits de réflexion sont des faits de volonté, comme nous allons mieux le reconnaître. Au reste, j*ai déjà signalé ces différences à propos de chacune des fonctions de TenteDdement. Mais ces mots facultés, facultés de Vâme, rappelleraient toujours la doctrine de la substance et des modalités, plutôt que les catégories d*acte et de puissance, et un terme général, celui à^ fonction en lient suffisamment lieu, parce qu'on peut y ajouter touteis les qualifications convenables dans chaque circonstance. Seulement, il est essentiel d'observer que la volonté et les fonctions volontaires ne doivent plus ôtre comprises dans le sens mathématique du mot jonction. Ce sens , que j'ai suivi le plus souvent , implique des Ids préexistantes à l'expérience, et une dépendance réciproque de toutes les variables dont la fonction est le lien. Mais ici, en supposant la réalité conforme aux apparences, il faut admettre des variables indépendantes qui ne soient pas seulement fictives; les fonctions mêmes varient entre certaines limites , et le jeu des phénomènes cesse de pouvoir ôlre constamment prém par quelque intelligence que l'on veuille poser. En d'autres termes, les fonctions peuvent n'être pas données, mais devenir et se faire. Le sens vulgaire dumo n'exclut point cette nouvelle acception.
L'attention est, dans une représentation donnée, 1 ' représentation qui s'y joint du maintien de cette mào
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repri'senlation, afin que ses éléments ou ses rapports se posent plus distinctement pour la conscience. Il entre toujours dans Tattention une fin proposée quelconque, aa moins celle de connaître, que nous avons vu d'ail* leurs n*élre point rigoureusement désintéressée. Hais la ndonié en est un élément essentiel ; car si la représentation est maintenue en présence de l'objet, ou sous rempile de la passion , sans qu'il y ait conscience plus ou moins claire du vouloir, nous parlons d'une impression Mite et durable, ou d'un appétit constant, comme chez beaucoup d'animaux en certains cas ; mais de cette tension passive pour passer à l'attention il faut introduire an effort. L'effort proprement dit se marque d'autant plus que l'intérêt est moins sensible , la fin plus générale ou plus éloignée. A celte extrême limite l'attention ait certainement propre à l'homme.
Appliquée aux objets sensibles, l'attention est obser- TalioQ ; aux actes propres de la conscience, réflexion. Ces fonctions portent ordinairement sur une série d'actes
- coordonnés, sensations, jugements, raisonnements, en aorte que l'attention simple, ou qui s'appliquerait à un
i^amnent déterminé et isolé, n'est que le fait élémentaire
rde la réflexion prise dans toute son étendue.
'■ n y aurait abus manifeste à partir, comme Dugald Siewart, de l'opposition entre les sensations inaperçues al les sensations auxquelles nous fanons attention, pour fixer le phénomène de l'attention dans ces derni^, sans autre éclaircissement. La conscience admet des étals vagues , indistincts , confus , dans tous les pores de représentations ; et il ne suffit pos que ces
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étals lui deviennent clairement témoignés pour qu'on doive qualifier d'effort et de volonté la part que son activité prend aux phénomènes : autre est la condition d'un passant qui voit filer un bolide, et change aussitôt de pensée , autre celle de l'observateur qui attend k météore et se le tient présent autant que possible, même après qu il a disparu , afin d'en saisir la nature et les circonstances ; le premier voit et sent, le second regarde et travaille; le langage, peut bien désigner ces deux ] hommes comme attentifs , en comparaison d'un troi- ^ sième qui aura vu sans voir et ne se rappellera rétoile i filante qu'au moment où on lui demandera s'il l'a re* ^| marquée, mais l'analyse, tenue à plus de précision, nom- ^ mera les trois cas sensation confuse, sensation distincte ^ et attention proprement dite. Il est vrai que le fait de ^ la distraction à l'égard de certains phénomènes s'ex- ' plique par l'application de l'attention à d'autres phé- ^ nomènes au même moment , et c'est ce qu'on appelle préoccupation; mais alors donc la meilleure situation pour avoir des sensations distinctes de tous les acci* dents qui peuvent survenir est de n'être attentif à rien ' de déterminé quand ils surviennent , toutes choses ' égales d'ailleurs : or, s'il ne se produit en même temps i aucun effort pour retenir et étudier la conscience pré- 1 sente, il y a sensation nette, on ne saurait dire qu'il y ^ ait attention. Au surplus la sensation peut nuire à la ^ sensation sans qu'il soit nécessaire de joindre une attention marquée à l'une des deux.
La confusion des deux sens vulgaires de l'attention a conduit le psychologiste écossais à cette singularité de
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^garder comme des séries très rapides d'actes déterûûés d'attention et de volonté les merveilles d'adresse le 1 art du pianiste ou de Téquilibriste, merveilles d'où ^habitude tend précisément à bannir la réflexion et l'efbrt. L'apparence de ces séries est indubitable, mais les phénomènes dont elles se composent sont des sensatoDS distinctes que suivent des déterminations d'agir «nsi peu réfléchies que possible ; et Tattention ne s'appliqueque d'une manière générale, à l'ensemble des faits .qu'il s'agit de saisir ou de produire. Le mc^me auteur pet en doute la possibilité que les mêmes objets se bmiTenl à l'égard de l'attention [et de la sensation disacte] tantôt séparés , tantôt réunis au même instant ; iat tenté de réclamer l'intervention de la mémoire, lême pour la perception de la figure visible. Mais lolleest donc la fonction du soi que l'on puisse conce- !Biri part de la mémoire, et s'est-on fait l'idée de ce le deviendrait une conscience rigoureusement instanùée, c'est-à-dire anéantie à l'instant? Nous devons morder à D. Stewart plus qu'il ne nous demande, mais pae s'ensuit pas que l'attention se découpe en atomes, Itf dors la réunion de ces atomes par la mémoire cesmit d'être elle-même un fait d'attention, ce qui n'a IIS de sens. Que signifient ces spéculations sur une Molté isolée? Quand on parle d'attention, il faut comrendre la conscience attentive avec les autres fonctions ODt elle est inséparable : et on a vite fait de reconnaître, a consultant les faits, que l'attention peut se partager Btre des objets liés par une idée commune, jamais entre BU qui, séparés de tout point, se feraient mutuellement