‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 65 sur 193 · SI 8 LÀ REFLEXION, FONCTION DS LA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

SI 8 LÀ REFLEXION, FONCTION DS LA VOLONTÉ

diversion. Quant à la sensation distincte, elle se produit | simultanément pour divers sens et pour divers objek i d'un môme sens, et souvent aussi la conscience possédée par telles impressions est inabordable pour tellei ^ autres pendant ce temps. Mais toute impression fora»; déjà un tout ; il n*en est point de simples à la rigu^ Ces questions ont peu d'intérêt aux yeux de quicontpi^ a une fois remarqué que Tunité, la pluralité et le tori leur synthèse prennent place dans les phénomènes sani exception. Mais il est bon de savoir ce que valent tai parties les plus ingénieuses d'une philosophie très sM lytique en apparence , très hostile aux entités , à m qu'elle croit , mais qui ne définit rien à la rigueur et a^ coordonne rien. - ''

Rapporter des rapports comme tels à la conscienoef| en comparant, se représenter la comparaison même, âl distinguer, composer les rapports ainsi abstraits, av lieu des groupes naturels ou immédiats ; s'opposer, dé^ terminés comme non soi, les objets mêmes qui tank se caractérisaient comme soi, et les soumettre à ce ] cédé d'analyse et de synthèse qui chez l'animal ne [ ralt point dépasser les objets immédiatement donnli autres que lui-même : voilà comment j'ai décrit ailleai| les phénomènes de la réflexion, cette conscience de M conscience et, plus généralement encore, cette relatioà des relations en tant que telles. Il est facile de s'assure! de l'identité de ce point de vue avec celui où nous DOiii plaçons maintenant. En efiet, si la réflexion ainsi con-prise n'était jointe à la représentation de pouvoir éW

DIRIHCTION DE l'uOMME ET DE L* ANIMAL. 819

Ktenue, ou délaissée, ou compliquée d'éléments nouleanx dans la conscience automotive, c'est-à-dire si elle l'était subordonnée à Teffort et à la volonté , elle ne pourrait que s'évanouir à chaque instant de sa producionet, partant, n*existerait véritablement pas. L'homme qà réfléchit doit se dire implicitement que ses opéraions sont volontaires, et agir en conséquence ; eu l'atiBBtion lui échappe, et la réflexion avec elle, parce qu'il grt incompatibilité entre cette fonction, toujours tendue lie sa nature, d'une part, et, de l'autre, soit la série nale des pensées que mènent l'instiDct, l'habitude et accidents externes, soit même celte autre tension ou moins durable d'où quelque passion très vive ut tout ce qui n'est pas elle. Il est donc manifeste la conscience de la conscience, distincte, soutenue, uée, est une fonction volontaire, et que, quand MIS la possédons, nous nous la donnons.

Mais il faut pouvoir se la donner. Celte puissance Irait manquer aux animaux. Le caractère distinctif ^fae Ton s'accorde à reconnaître entre eux et l'homme, il réflexion, implique, on le voit, la volonté, la possi- ■Hté de la volonté. C'est le développement du vouloir, IVest le passage de la spontanéité simple à la spontahéité libre qui marque l'avènement de la conscience Imnaine au sein de la nature, t Quoiqu'il en soit, au fond, de l'existence d'une liberté taologénéralrice des moments de la conscience , illusion ^réalité, cette illusion est propre à l'homme et le dis- Niiigae profondément. Le langage des animaux se mesure

S20 DISTINCTION DE l'hOMME ET DE l' ANIMAL.

à leurs passions; nous le comprenons assez pour éln assurés, et sa ûiité si bornée le prouve, qu'il n'admtl point ridée des purs possibles, des actes indéterminés, des futurs ambigus, non plus qu'il ne suppose aucQM pensée de la pensée. Eux, au contraire, s'ils venaient tf comprendre nos paroles , ce que précisément cette di férence empêche, ils nous entendraient avec étom ment, à chaque instant, accuser le passé, spéculer i l'avenir, et supposer que chacun de nous pourrait fiiii ce qu'il ne fait pas et ne pas faire ce qu'il fait : poi rait, aurait pu, pourra, rien n'étant changé, d'ailleui aux conditions de l'acte. Voilà pourquoi il ne si point à nos communications de ce qui suffit à celles animaux, d'exprimer des passions actuelles par un li gage d'action , ou tout au plus par certaines voix i tinclives et constantes. Pour eux, point d'analyse, poi de doute, point d'hypothèses, point de conditioQi général et indépendant ; pour nous, ce conditionnel il déterminé fait tout le sens de l'effort moral et le sei même du vouloir, si bien que ces mots vouloir et twuloir pas ne sauraient se distinguer autrement de d'agir et de n'agir pas, d'agir avec plaisir ou avec peii pour une fin désirée ou imposée : tout le monde que ractivilé déûnie par de tels caractères n'est pas volonté.

La volonté qu'on attribue aux animaux n'est que détermination sous l'empire de la passion ; c'est doi la passion même, le désir, plus un acte qui en est conséquence; ce n'est pas la représentation automotiii^ avec conscience de son pouvoir. Certains êtres, defi

DISTINCTION DE l'hOMME ET DE l'aNIMAL. Hi

moins éloignés de nous, sont, il est vrai, doués de cette mobilité, sujets à ces variations que la volonté produit chez rhomme; mais Tattention, la réflexion, Teflort moral, leur manquent d'autant plus, ce qui prouve que tout est dû à la perfection de la sensibilité et aux changements rapides des impressions de ces êtres. Les mêmes animaux nous oflrent des actes raisonnes, ou qui semblent tels, mais qui s'expliquent suiiisamment par les fonctions intuitives (ci-dessus § v] . Enfin nous les voyons quelquefois, c'est surtout dans les rapports que nous leur créons avec nous, hésitants, incertains, balancés €iUre des fins diverses. Ce balancement des passions suppose la comparaison des biens avec les maux, des lÂens les uns avec les autres; et la détermination qui suit est un choix , très vraisemblablement, car il faut lejeter toutes ces comparaisons tirées de la mécanique, les impressions plus ou moins fortei, et V équilibre et hs résultantes : l'animal n'est pas une balance. Otonslui cependant la conscience nette et redoublée de ses s actes, que l'homme ne doit qu'à son effort propre pour modifier la passion en appelant, retenant ou éloignant tds d'entre les motifs d'agir; il ne lui restera plus rien de ce que nous avons nommé délibération et volonté. Autrement on le verrait évoquer comme nous, au besoin, des pensées nouvelles et lointaines afin de se ré- ^udre; il arriverait par convention, et non plus seu- Went par habitude, à l'intelligence et à l'usage des lignes; les voies du langage lui seraient ouvertes. Que %iron croit observer chez certains animaux une ombre tSe ces fonctions, à l'état naissant, pourrait-on dire ; si

228 DISTINCTION DE L*IIOMME ET DE L^AHIHAL.

nous Vadmettons, pour continuer l'analogie d'aillé visible des espèces, ce sera du moins à un degré sin liërement bas et confus, difficile à définir. L'homm ranimai, même supérieur, ne laisseront pas de diffi comme diffèrent l'ordre de la liberté et celui du se ment, ou, pour passer au point de vue moral, Toi de la justice et celui de Tinnocence. A la liberU rattachent la réflexion et la raison, au sentiment V bitude et l'instinct. Ainsi tous les caractères distini de l'homme rentrent dans un, qui est pris de la voie; en n'oubliant pas que chaque degré de développen se fonde sur les précédents, et, pour les surpasser, implique.

Dès que la volonté, étudiée dans l'homme, est ui ses caractères, et le premier, c'est abus que de Ta buer à l'animal, bien plus à tous les animaux, con on le fait souvent en leur accordant la locomotion lo7itaire. II y a là tout au moins un vice choquani nomenclature, puisque des fonctions si radicalen différentes se trouvent groupées sous un nom comm d'un côté la conscience de Tautomotivité représentai de l'autre des mouvements qui s'ensuivent de passi données, avec une spontanéité simple et invaria; Nous verrons que la locomotion se rattache immé tement aux phénomènes passionnels, et par ceux-ci volonté, en tant seulement que la volonté les mod C'est en confondant l'élément passionnel avec le vol taire qu'on a perdu le véritable fil de l'analyse, dan cas et dans beaucoup d'autres. Il n'existe pas en losophie d'erreur plus grossière, ni qui ait eu des (

d'on£ Définition de kant. 223

équences plus longues et plus fâcheuses. Kanl luipéme n*en fut pas exempt.

La philosophie kantienne définit le désir un pouvoir Ir déterminer soi-même son activité par la représen^ Iktfton d'une chose à venir, en d'autres termes, une fafjÊlté d^étre, par ses représentations, cause de la réa- Ifii des objets de ces représentations. On a objecté à (Bitte définition Texistence des désirs sans aucun poucorrespondant, et Kant n'a répondu que par une irillation littéraire [Critique du jugement : IntroducjjpDn]. Ou pouvait dire aussi que le pouvoir dont il s'a- ^ existe quelquefois sans désir : les faits de vertige en atla preuve. La définition est donc aussi imparfaite I possible, et tout ce qu'elle renferme de vrai se rét à ceci, que les phénomènes passionnels et les phéfenes de détermination physique sont régulièrement Hais la dépendance des seconds par rapport aux ^raniers souffre deux sortes d'exceptions. En effet, 1° la ||présentation du futur possible, dont la production de I même futur serait une conséquence, peut se suspensou s'éloigner par un de ces faits de volonté que j'ai lement décrits; S^ l'opposition au phénomène engé dans l'avenir peut être due à la constance des physiques xjui ne permettent pas ce phénomène. ajoutons que le fait représentatif dont l'objet se réalise ipontanémeot est une imagination vive, accompagnée ^ désir dans certains cas, et d'une passion tout opposée dans d'autres (V' le § xi ci-dessous), y Un autre vice capital de la définition kantienne est

824 d'une définition de kant.

de se rapporter à une division des facultéi de rame en ces trois qui, dit-il, ne peuvent plus être dérivées d'an principe commun : la faculté de connaître, le sentiment du plaisir et de la peine, et la faculté de désirer. Le désir et la volonté se trouvant ainsi réunis forcémeni sous la même classe, et par un philosophe qui n'enteod pas nier la liberté, chose singulière I il arrive que Tidk du désir et de ses propriétés reste bien confuse. Etei^ effet, si Ton comprend que les futurs placés dans lare- ; présentation sont indéterminés d priori, par suite h ^ pouvoir ambigu, la cause ambiguë, il faut alors convt-^ nir que la définition cadre mal avec le désir, qui exishti chez les animaux comme chez Thomme, et qui impli^c querait par lui-même un avenir prédéterminé. Au traire, lorsqu'on admet des futurs fixes et un pou forcé, sans ambiguïté dans l'application, toute libi disparait, il n'est [)lus question de volonté, et la for-j mule, portant sur le désir seul, demeure avec les défauts que nous avons vus.

La formule de Kant modifiée de cette manière, itrê cause par ses représentations de ses représentatim mêmes, est rigoureusement vraie des actes de volitioa; , Il y a plus ; en ne sortant pas de la conscience, on peol , étendre la môme formule au rapport du présent avecli . futur, comme fait Kant : être cause par ses représenté^ tions de la réalité des objets de ces représentationSé^ En effet, la conscience de la possibilité d'avoir une cer? ^ taine représentation implique cette même représeniftfr tion ; la simple idée d'un possible équivaut dans ce à l'acte, et elle le produit. Mais, comme nous joignoi

VOLUMTË, HABITUDE, BÀISON. 825

k ce premier phénomène la représentation également possible de retenir ou de suspendre Tacte, celui-ci cesse d'être nécessaire en tant définitif, ou durable, ou développé dans ses conséquences. Des fins en perspective OQ atteintes, des passions relatives à ces fins sont adhé* lentes à chaque phénomène représentatif appelé ou écarté, mais n'empêchent pas que tout ne se suborèmne à la puissance qui comprend à la fois et ce phé* i Bomène et un autre phénomène accompagné d'une autre fin et d'une autre passion. C'est quand la représenta- HoD arrive à se fixer, et s'affirme exclusivement , que ton peut dire qu'elle produit la réalité de son objet iios la conscience. C'est alors aussi que cette réalité fnalt, s'il y a heu, dans la sphère des lois organiques i physiques, en vertu de l'harmonie de celles-ci et des il représentatives.

Une représentation produite indépendamment de la

itfexion et de la volonté, si ces fonctions n'inter-

i^iennent, tendra par elle-même à se poser en s'affirmant

Éuis la conscience ; une représentation plusieurs fois

piproduite tendra à devenir habituelle. La volonté,

it-à-dire la puissance des représentations autres ou

Iraires, peut' amener en chaque cas la négation des

ières données, négation fondée sur la considéra-

ion d'autres fins, et qui à son tour produite et repro-

te s'affirmera de plus en plus facilement et se tour-

en habitude. La réflexion elle-même, l'emploi,

'ntervention de la volonté, deviennent plus aisés par

exercice, en sorte que la délibération se substitue à la

226 VOLONTÉ, HABITUDE, RilSOM.

simple spontanéité dans une grande part de la conscience, et que les passions les premières venues ne remportent point. Ce sont des faits. On voit en quel sens la volonté lutte contre les passions, dont elle est inséparable pourtant; on voit que. phénomène isolé d*abord, mais qui se répète et se généralise, fonction suspensive, négative à Tégard d'un phénomène donné quelconque, et suscîtative à Tégard d'un autre, elle se pose contre l'état et contre l'habitude, puis engendre des états nouveaux, des habitudes nouvelles; enGn, devenue elle-même habituelle , existe comme une habi* tude opposable à celles qui ont été contractées anté^ rieurement.

Le développement de la fonction volontaire aboutit ^ essentiellement à ce qu'on a coutume de nommer la \ raison chez l'homme comparé à l'animal et à l'enfant ; même. Il ne se produit que peu à peu chez ce dernier. De là cet âge de raùon, dont on ne saurait fixer aucune limite inférieure, non plus que d'aucune autre babi- ^ lude : et il est facile \le comprendre qu'un premier acte de volonté réfléchie, pût-il être observé nettement, n'est j. pas encore une volonté formée. Quant à la limite su* i périeure, qui ne s'arrêterait que devant les fonctions k invariables de la nature, et les connaissons-nous bien? 4 assurément aucun homme ne l'a atteinte, même dans i ses heures de veille les plus lucides.

Ainsi, sous l'empire de Tinstinct et des lois de l'habitude commune, l'homme, aussi bien que l'animal, suivrait naturellement des séries d'actes de conscience, auxquelles se rapportent des modifications extérieures

IMB 6SNËRALB DQ SOMMEIL. 227

conTenables. La yolonté est une habitude en quelque sorte inverse, un empire sur les habitudes, une habitude pourtant. Par elle se modifient les séries logiques ou naturelles de la pensée, et jusqu'à l'instinct, jusqu'à la nature, jusqu'aux lois fondamentales de l'intelligence, puisque le libre exercice de la raison peut nier la raison. A l'avènement d'une fonction d'un genre si nouveau, on peut dire que les choses cessent àiétre simplement, mais $e font eUet-mimei^ et qu'une nature se produit par-dessus la nature. Alors aussi, alors seulement « l'homme s'élève à la connaissance de ces lois mêmes qui ne dépendent point de sa volonté, parce que Tabstraction devient possible, ainsi que l'expérience systématique : double fondement des sciences.

SX.

■alto. — liols de déf mdMion de la conselenee réfléehle.

Le passage de la pensée simple et de la passion, dont les forces sont fixes et invariables, aux fonctions de réflexion et de volonté, qui constituent la force libre, ne s'effectue pas d'une manière totale dans l'homme. Ce n'est ni complètement ni d'une manière durable que s'élève de l'empire des lois à l'autonomie cet individu qu'il nous est donné d'observer. Sans doute son nouvel état, son acte, pour mieux dire, et, dans toute la force du mot, son énergie est un état normal, mais violent, et dont le constant exercice ne se rencontre point. Après le déve-

2f8 IDtE GSMËiULE DU SOMMEIL.

loppement des fonctions Tolontaires il faut assistera leur dégradation. Je ne parle pas ici d'une dégradatioB morale, mais de ce mouyement naturel de descente qnii de la nature autonome dans l'homme, nous ramène par : Taffaiblissement et la fatigue au repos, et, à travers k rêverie, le rêve et le sommeil, à Toubli, à l'inaction, i la nature purement instinctive de moins en moins consciente d'elle-même.

Le jeu des fonctions physiques a lieu avec continiûlé^ sensiblement et en apparence, car, au fond, la logiqvs ; nous interdit de voir dans le devenir quelqu'il soit auM i chose qu'une série extrêmement rapide de phénomèneip érectiles suivis de repos. (Premier e$sai, § xxxvi.) Uih fonctions organiques nous présentent déjà, à côté dl " certaines actions dont les interruptions sont également insensibles, d'autres actions à périodes marquées, dfli|s mouvements rythmiques, en grande partie automatiques. Ensuite on observe des phénomènes qui ont leun temps d'exercice, auxquels succèdent des temps de ré- ^ mission , annoncés par le sentiment de la lassitudei surtout chez les êtres dont les passions surmènent Tof^ ganisme. Enfin les fonctions de la sensibilité , de l'en-^ tendement, de la passion et de la volonté ont toutes ég»* lement ce caractère : que , après que la conscience que nous en avons a persévéré pendant une suffisante durée, et d'autant plus que les représentations ont été plus nettes et plus actives , cette même conscience devieal plus difficile en tant que réfléchie , s'affaiblit et tend k s'effacer.

Une continuité effective de phénomènes quelconqi

IDËI GËNËRÀLE DU SOMMBIL. Sl29

iplique contradiction. Pour qu'il en fût autrement, il ndrait que le phénomène dit continu fût de nature à » comporter en lui-même nulle distinction de parties ni ) moments. C'est ce qui n'a point lieu dans la considéition d'une force, par exemple. Il est d'ailleurs bien liendu qu'il s'àgitde la continuité rigoureuse et mathélatique. Quand on a compris celte vérité démontrée, on epeut composer aucun ordre naturel de changements |Be d'actes intermittents, de phénomènes périodiques. Islàrésulte une^première idée très générale du sommeil nsidéré, dans une fonction mobile quelle qu'elle soit, mme rintervalle de deux moments d'activité, de deux Iles successifs. Cette loi n'est pas seulement une loi de il et particulière; c'est la conséquence d'une loi nécesire de la représentation, dont il n'est pas permis de deinder le pourquoi. L'observation ne l'atteint pas tounrs; elle l'atteint quand Tinlervalle des actes se marie dans un organe observable, pendant une durée qui rpasse celle de nos moindres représentations : exem- B, les mouvements péristaltiques, respiratoires, etc., idans une sphère d'observation plus délicate, les mounents yibratiles de certaines parties des corps orgalés; partout ailleurs il faut la supposer (1). Ces pé-

(1) Sans doute il faut éyiter de prendre à la rigueur les termes de bnnale connue de Bichat : Continuité d^ action dans la vie or- ■igue, intermiiUncê d'action dans la vie animale L*intermit< met existe probablement dans la cause des mouvements organiques lÉBiques, à ne juger que d* après les faits, car, si on entreprend ■h nier en imaginant quelque mécanisme sous une force constante, ■ Ut une hypothèse gratuite. Là où la continuité est apparente, dans la contraction des sphinrters, rien ne prouve qu*elle

S30 IDËI GËNËRÀLB DU SOMMEIL.

riodes composantes de la Tie organique doivent se reproduire à peu près régulièrement dans tout le coun d'une existence individuelle. D'autres et d'un autre genre appartiennent à la vie animale , ou de relation, quoiqu'on puisse en observer des traces élémentaires dans les phénomènes végétaux : elles sont formées d'actes déjà discontinus eux-mêmes, et plus que discontinus, qui n'ont plus rien d'oscillatoire : d'une part, les sensations et les moments de la représentation sous toutes ses formes ; de l'autre, les mouvements dits volontaires qui suivent les passions ; tous actes qui s'édifiant sur la hase , des variations rythmiques de l'organisme modifient : quelquefois la mesure de ces dernières, mais ne peuvent p normalement les supprimer. Cela posé, lorsqu'une oer- p taine série plus ou moins inégale en nombre et en durée -x s'est produite dans la représentation, la conscience s'a^ : faiblit; et lorsque les mouvements musculaires qui pré- sident à la locomotion se sont succédé pendant un cer- 1 tain temps, ils deviennent plus difficiles et tendent i ; s'arrêter : le sentiment de la fatigue, le besoin de repoi, i faits d'ailleurs indéfinissables, se produisent dans la^ conscience rapportée à elle-même ou au corps, et tou^ nent h la douleur distincte , si les passions prolongent la période d'activité ; enfin , a lieu naturellement une

soit autre que serait le mouvement d*une aiguille de montre pMV l'if^orant qui n'aurait pas les moyens d'en reconnaître rintermitteoee. Mais ce qui doit faire rejeter entièrement la continuité des pbèMK mènes de tout ordre c'est qu'elle impliquerait un nombre infU effectif de ces phénomènes dans une durée quelconque, ce qui eA absurde. (Premier essai, S vu et viii).

IDÉK CÊNÊUÀLE DU SOMMEIL. 231

^uspension au moins partielle, dont Tobservation seule établit les caractères, et qui est proprement le sommeil chez les animaux. Le réveil est une renaissance, un retour des fonctions à leur puissance première.

n y a un rapport facile à apercevoir et à expliquer, aire la période diurne et la période de veille des animaux ; mais ce rapport est secondaire , puisque tout inimal dort le jour quand aucune passion ne le sollidle, et que nul animal ne dort la nuit quand des pasnoDs, soit normales pour lui, soit exceptionnelles, le pressent pendant ce temps. On voit assez que Texplicatim des périodes de la vie de relation ne dépend pas d'un rapprochement si grossier.

Vouloir se rendre compte du sommeil par Tépuisement d*un fluide quelconque dont la réparation serait nécessaire, c*est se proposer le vaste problème qui, résolu, dévoilerait une harmonie des trois sortes de fonctions, physiques, organiques, représentatives; je dis résolu, mais qui même alors ne donnerait pas la raison première du phénomène : car les passions et la volonté peuvent retarder longtemps le sommeil chez un grand sombre d'hommes, et il en est aussi qui s'endorment toajours à leur gré. Un physiologiste, bon observateur, s'est cité lui-même comme exemple de ce dernier cas (J. Huiler, Manuel de physiologie]. Que nous apprendrait donc ici un fluide qui, abondant, n'empêcherait pas de dormir, épuisé, se réparerait sans sommeil, ou sans lequel, enfin, les fonctions les plus actives pourraienl persister longtemps? Ce que je dis d'un fluide sécrété est applicable à la réintégration quelconque des

232 IDIB GËNÉRALE DU SOMMEIL.

conditions matérielles des viscères exercés pendant la veille.

La loi du sommeil n'est point nécessaire, comme Test à priori celle des périodes plus simples de la vie phf- ' sique et organique, puisque tous les phénomènes de la veille sont déjà discontinus, ceux de la représentation et ceux de la locomotion, et qu'ainsi il n'y a pas liea d'exiger une interruption autre que celle qui sépare lei moindres termes de leurs séries : mais cette loi ot un fait d'observation universelle, et ce fait reçoit tooli. la clarté logique qu'il appartient de l'existence de»i petites périodes élémentaires dont peuvent se composera naturellement certaines périodes complexes. Commenli celles-ci se forment des premières , et pourquoi, ui science plus avancée l'entreverrait peut-être. L'irré] larité qui les distingue se rattache à ce progrès vers variété, l'individualité, l'indépendance et la liberté, ractère du passage des fonctions inférieures aux fooc- ( tious supérieures. A considérer la loi de formation àovU je parle, quelle qu'elle soit, la loi du sommeil doit pa-n raitre physiologiquement nécessaire, et se révélerait avec les faits inconnus sur lesquels elle se fonde. Mail si l'on envisage les exceptions, la latitude singulièri laissée à l'application de la loi, et surtout la nature dei^ fonctions volontaires qui la suspendent chez l'hommei^ il sera permis de penser qu'elle tend à disparaître paq la suite de l'évolution constituante des êtres. Ici je dé-i passe l'analyse et je dois m'arréter.

A l'égard de la fatigue, liée comme on sait au som*meil, il est clair que, la prenant en elle-même, on n'en

T£ILU KT SOMMEIL DANS l'aNIMAL. 233

laoToit trouver d'autre explication que celle qui conrient à toute une série d'impressions douloureuses et de besoins sentis : elle représente un fait d'harmonie entre In fonctions sensibles et les autres fonctions , c'est-àfiie entre des lois distinctes qui président au dévelopfement d'un même être.

i cette idée générale du sommeil la biologie n'ajoute lien: on n'a pas encore découvert les lois spéciales qui I nllachcnt à la suspension totale ou partielle, et de i puissance locomotive et des fonctions représentai; mais tout un ordre de faits échappe jusqu'ici à ration, et les hypothèses qu'on veut y substituer itia honte de la science, par le vague et l'insuflisance ■ les signalent, aussi bien que par les préjugés sub- Dtiaiistes dont elles déposent puérilement, sans fruit

nui*

fl nous reste, à nous, à considérer la loi du sommeil là la décrire dans son application aux représentations iMibles, intellectuelles, passionnelles, volontaires. |b dernières fonctions , les fonctions réfléchies, tienile premier rang dans la théorie, quand il s'agit de le , parce qu'elles sont tout d'abord et les plus tiellement suspendues par le sommeil, et qu'elles fent à leur tour le suspendre. Les passions partait est vrai, ce privilège d'éloigner rendormissent, mais le sommeil une fois établi peut les laisser railre dans le rêve.

L'animal s'achemine au sommeil par l'absence de la »Mon, par l'absence ou l'inopportunité dQs sensa-

234 VEILLE ET SOMMEIL DANS L'AIlIMiL.

lions qui lui présenteraient des fins à poursuiyre. Cbe lui, rimagination est faible, la mémoire attend les oe casions, la série des pensées est dépendante. Quand el état d'impassionalité se prolonge au-delà d'une simpl somnolence, il se marque par la suspension des repitf sentations nettement extérieures et des affections qui kl accompagnent, mais surtout de la puissance loconv tive en tant que dirigée, car le rêve prouve, chez que ques animaux, la persistance possible de la sensaiiol ou de son apparence imaginative , tandis que la loflli motion, alors sollicitée, se trouve cependant impdiî saute à atteindre son but. Je croirais volontiers qà l'harmonie entre les fonctions représentatives et les lo^ physiques n'est pas interrompue dans ces phénomèmi mais que la représentation est trop confuse, trop p catégorique pour se rapporter à des mouvements d terminés et combinés : de là les efforts vains des mai bres et de la voix , le sentiment pénible de l'impuii sance, et tous les caractères de certains songes. On pa se demander si l'animal arrive jamais au sommeil pal fait, c'est-à-dire à la suspension totale des phénomèi représentatifs, ou s'il conserve toujours une conscieo sourde, avec quelques sentiments vagues de la vie t relation. Cette question, posée sur l'homme, a pu oA un intérêt aux partisans de la substance et surla^ dans les systèmes de Descartes et de Leibniz ; mtàà nous fût-il donné de la résoudre, elle n'ajouterait ri^ à l'histoire des phénomènes et de leurs lois. À peine i comprend-elle sous ce point de vue, parce qu'il est ifli possible de marquer une limite entre ce qu'on appd

VEILLB ET SOMMEIL DANS l'aNIMâL. 235

Brait une suspension totale et cet état de torpeur où oates les fonctions, principalement la mémoire et le knrenir de la pensée, de plus en plus exténués ou efFarii, ne laissent rien subsister que la puissance indé- Insinée et de moins en moins consciente. Que cet 'état ■H cdui du sommeil profond qui ne laisse aucun sou* penir, on Ta contesté par des inductions elles-mêmes îmlestables ; il est au moins certain que l'homme peut qiprocher beaucoup, même en veillant et par un de sa volonté : chacun peut en faire l'expérience, des sectes entières s'y sont livrées ou s'y livrent endans un but de souverain bien et de perfection le.

La ydlle de l'animal comparé à l'homme pourrait paraître un demi-sommeil intellectuel et une sorte songe , si l'on n'avait égard qu'à la nature des reitations toujours irréfléchies qui forment sa conmoe ; mais de cet état à l'état de sommeil, et même rêve continuel , il y a certaine paralysie d'un sysle d*organes et comme un second degré de paraie de la représentation : les sensations nettes , les rions infaillibles, les réalités présentes de la vie de ion cèdent la place au jeu imaginaire et obscurci calories directrices du jugement. L'état somnamriqae a été plus justement rapproché de la vie pureanimale , mais il faut noter une importante difféle sonmambule est enfermé dans un cercle 'ictes et d'impressions en dehors desquels il se laisse order difficilement par la sensation, là où l'animal t également en éveil et prêt à tout événement. Cette

S3(3 SOMMEIL DÀiVS L'hOMHK.

propriétti de concentration dépend des foncUcos spéciales de l'homme el des habitudes qu'elles élablissenL Le somnambule ne r45fléchit pas à nouveau acluellement, mais applique une puissance d'attention el d'abstraclion anttîrieuremenl acquise; il louche, entend, voit, marche, travaille et suit toujours sa pens<!e : En dehors des accidents que cette série comporte, toule impression assez forle pour rompre la chaîne doit ameper la reflexion positive et mettre fia au genre de sommeil où il est plongé. Supposons que cette réflexion ne soit pas naturellement possible, Thabitude et rinstincl auront leurs cours sans concentration spéciale, les sensations aborderont sans résistance et les passions se dirigeront à leurs fins naturelles. Tel est sans doute l'élat de Tanimal pendant la veille.

L'homme a donc, outre les sensations, les jugements et les passions , développés dans la veille , la réflexion et la volonté qui s'y appliquent, et les soutiennent jusque dans l'inaction des sens, au moment où l'animal s'eodormirait infailliblement. L'abandon des fonctions volontaires marque pour lui le premier acte de l'envahissement du sommeil. Prenons-le à ce point culminant de sa vie , négligeons l'activité animale comme satisfaite, ou sans but prochain , et suivons les phases de la suspension de la volonté.

On observe d'abord le passage de la représentation automotive » el des rapports réfléchie internes ou ei*ternes qui en sont la matière , à la simple àssociatioB des idées, c'est-à-dire aux séries purement naturelles

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abilueUes de la pensée. On donne le nom de r^t à cette forme de développement de la conscience. olonté y est encore présente, mais non intime, seunt prête à. se susciter à l'occasion. Il s'y mêle aussi éléments sensibles qui inter>iennent et modifient séries. Éloignons maintenant la possibilité des seniDS, par le choix du lieu, du temps, de la posture; posons que Teffort de conscience, ou se suspende ■Cme, ou devienne progressivement difficile et péb: alors la rêverie s'obscurcit, les termes des raps se comparent à peine, leur loi de succession |>pe ; s'il nous reste encore un sentiment d'exister et ouvoir, nous nous tenons fixés à la simple possesde ce sentiment de moins en moins senti. C'est le âge à un état que j'appellerai ici le rêve, afin de le Qguer du songe proprement dit. Cet état, où la puise de vouloir est sourde, presque pas consciente et me nulle, consiste souvent en une suite machinale présentations, dont l'ordre est tracé par les impres- I antérieures tournées en habitudes. Souvent aussi ite est incohérente : des sons, des mots, des images lient àla traverse, sous des rapports dont l'observaest difficile, parce que le phénomène n'est pas sitôt dn qu'il est altéré. On peut y saisir pourtant quel- I données instantanées, assez pour constater le rdre« une marche imprévue, saccadée, et l'absence Mite règle assignable. Le rêve est quelquefois une lition de la veille au sommeil, et il occupe tous les lents de certaines insomnies, joint à une conscience lutte, sans pouvoir achever de s'obscurcir.

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La considération de ces divers phénomènes précw^ seurs rend déjà ce fait probable : que le sommeil luimôme est un état d'obscurcissement de la représenta^ tion, qui diffère peu d'une suspension totale. En preuve du contraire, on a cité l'impression qui accompagne lé réveil subit ; mais qu'est-ce, dans ce cas, que le senli^ ment vague d'une occupation profonde où nous étionl plongés, d'où nous tire violemment une sensation inp prévue, qu'est-ce autre chose qu'un effet de la nécesriil où la réflexion nous met de rattacher notre état présent I un état antérieur quelconque? Ce dernier nous semUl doux, en comparaison de l'autre qui est pénible, m nous nous croyons détournés de nos pensées parce qu^ nous entrons difficilement dans celles qui nous aborden Un auteur devrait se faire ces sortes d'objections avant d publier ses études. Le même philosophe, l'homme d'I nalyse de l'école électrique. Th. Jouffiroy, s'est pré pour sa thèse de la faculté que nous aurions de non éveiller à l'instant préfixé par notre volonté. Si un reil fait s'observait jamais à la suite d'un sommeil tier, en dehors de toute habitude prise aussi bien de toute sensation survenante, il faudrait constater i véritable prodige, la mesure immédiate et directe temps. En toute autre circonstance il n'y a exemple commun du sommeil imparfait qui tient rêverie.

L'absence de tout souvenir déterminé, au moment d^ réveil subit, doit naturellement passer pour une preirti de l'absence des représentations antérieures. En eflbll toutes les fois qu'il y a succession immédiate de phé*

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