LE SOMNAMBULISME
lambule une distraction puissante par rapport auxdonlées survenantes quelconques, qui ne se classent pas dans la série qu'il suit sous l'enipire d'unb passion ; c'est ■ème là le caractère essentiel de son état; il en résulte fi*une fln aperçue, poursuivie, domine pour lui tous Jes phénomènes ; que l'habitude ou l'instinct seuls les iDchalnent, et qu'il n'y entre ni délibération, ni compalaison volontaire, ni mémoire libre, aucune fonction dont TefTet puisse être de varier les actes. Autrement le ■omnambulisme et la veille ne différeraient pas. L'ignoitnce du danger, si souvent observée dans ces sortes de eu, s'explique parfaitement, car le danger est un pos- ■ble, et l'imagination de ce possible, en dehors de la ririe déterminée de fins et de causes qui possèdent la IDDscience du somnambule, exigerait la réflexion. En- Id, si le réveil est sans mémoire à l'égard des actes produits dans l'état somnambulique, c'est que l'acte Réfléchi et voulu est éminemment celui que l'homme se pHippelIe; il est son œuvre, il est lui-même, et la consjlîence ne se connaît qu'en le connaissant. Mais l'acte rÎBstiaclif et automatique, môme dans la veille, est obscur [* s'efface à l'instant ; il se peut bien que les circonslices en éveillent bientôt après quelque mémoire : i^Cit alors comme la mémoire d'un songe. L'extase et le somnambulisme artificiel présentent K mêmes caractères. Tout ce qu'on a écrit de plausible r ces états conûrme que la volonté y est comme anéane, par quelques moyens qu'ils aient été produits. Seu- " ment, les phénomènes de lucidité qu'on a coutume de Htngersous la rubrique du magnétisme animal, diffèrent
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des préaideuts en deux points capîtaoï. Une volonlé étrangère dirige les penst^es et les actes, qui cessent alors de se coordonner dans la passion propre du sujet; ou plutijt l'unique passion de celui-ci est alors sa subordination mt ! re' drai plus loin sur celte loi très imporlanU Is m voir éclaircir, et j'eiposerai aussi le pnn^ de ce sommeil lucide et pour ainsi dire TeiUaut donne lieu aux visions et aui po$$fmoïis. En oulre> s phénomènes tout à fait nouveaux et cïtraordii semblent se produire : c'est une communication spéi de du magné tné avec le mor gnétùcur, eU par Tintermédiaire de celui-ci, avec le monde extérieur; c'est une exaltation, une extensiou, une perversion, une abolition de certaines fonctions ; et c'est une dt^pendancc plus mnrquée, étroite, immédiate, souvent singulière, entre des phénomènes de Torganisme et ceux de la représentation Imaginative, Il puralt difïicile do douter de Texistence de ces Taits en général, qui, en général aussi, ne me semblent nullement inexplicables ; il ne l'est pas moins de les préciser, car ils échappent presque toujours à l'observation correcte et à rexpéricnce rigoureuse- Le charlatan israe, la crédulité et la superstition, à demi expulsés des églises. démasqués devant les tribunaux, se sont fait là coiamc un autre empire i peu près insaisissable ; ut, parmi ies hommes qui seraient natureillemenl appelés à déOûireL à contrôler des phénomènes si complexes, variables et fugitifs, les uns sont partiaux ou incapables, les autres, lors même qu^ils ne rejettent pas Tétrange avec lefaiu, l'inconnu avec Timpossible, sont saisis de dégoût à la
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vue de cet amas de mensonges où quelques yérités sont noyées, et dont il faudrait faire avec beaucoup de peine un dépouillement long et minutieux. Les témoignages même désintéressés, même à peu près exacts et raisonnés, ont ici peu de valeur- Nulle part il ne serait plus nécessaire, et il n'est plus malaisé de préparer et de combiner avec rigueur les éléments de Texpériegce, puis de la répéter en conservant ou variant systématiquement les circonstances. Enfin la pratique personnelle des procédés dits du magnétisme, ne mène pas bien loin dans la découverte : un homme qui en fit la principale aflaire de sa vie, qui aimait la vérité et qui n'ignorait pas ce que c'est que la science et comment elle se construit, ne parvint pas à mettre hors de doute, je dis à ses propres yeux, les points qu'on doit juger les plus importants. Là même où il croyait pouvoir affirmer nettement, il invoquait des témoignages, plus rarement ses expériences propres, dont l'interprétation formait encore une trop grande part, et qu'il n'était pas facile de répéter (Al. Bertrand, du magnétisme animal en France). Néanmoins, ce très estimable auteur me parait avoir établi, avec toute la vraisemblance à laquelle peut atteindre la méthode des sciences naturelles dans cet ordre de faits, l'existence d'un état particulier delà personne humaine et d'un certain nombre de caractères qui le font reconnaître. Cet état qu'il nomme Vextase ou le sommeil lucide ( cette dernière dénomination entraînerait moins d'inconvénients), s'est observé chez les inspirésdes sectes religieuses de tousles temps, chez les possédés, chez les convulsionnaires, et s'ob-
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serve de nos jours avec de légères modifications et une moindre intensité à la suite des manœuvres des magné* tiseurs. On a pu, on peut toujours le simuler, ou en exagérer les récits ; mais si la fraude et Terreur couvrent et dénaturent les faits i-éels, quelquefois s'y mêlent inextricablement, elles ne les supprimentpas pourtant, mail plutôt elles les supposent. En dévoilant le principe général de ces faits et de leur rapport avec ceux de Taliénalion mentale, j'apporterai, je crois, un nouveaud do probabilité aux observations difficiles qui permettent de les constater (V' ci-dessous § xi et xii).