OUBCTIONS CONTRE LE SYSTEME DE UL LIBERTÉ. 3S
pénétrer de sa foi au point de Tavoir présente à chacun des mouTemenls de sa pensée. Hais, disons-le, c)esl ce tfoi n'arrive guère.
Ces objections contre le système de la nécessité ^ont d'une grande force. Elles établissent en substance que le jugement de liberté est une donnée naturelle de la eonsdence et se lie à nos jugements réfléchis pratiques, dont il est mîme le fondement. C'est aussi ce que nous nons dû reconnaître dans l'analyse des fonctions vo- ItNitaires. Toutefois il n'en résulte aucune preuve logique de la réalité de la liberté. En effet, quand il s'agit "des fonctions intellectuelles ou sensilives, on distingue "totreles phénomènes de conscience et la réalité de leurs dbjets, c'est-à-dire entre ces phénomènes, dont on ne doute point, et l'accord où ils sont peut-être, et peut-être ne sont pas, avec l'ensemble des groupes et séries de ftxpérience. Ici, la distinction n'est pas moins justifiée, et toute vérification de l'accord ou du désaccord est en outre impossible. Les faits de volonté se présentent comme n'étant donnés anticipativement par aucune ki, et il s'agit de savoir si une loi ne les enveloppe pas néanmoins, ôr il est incontestable que, supposé que la 'loi existe, elle peut se dérober à nous, elle peut déteridner nos jugements successifs, sans que nous en éprouvions la pression; et il suffit pour cela que nous tous sentions mus spontanément, consentants et non eontraints, dans tout passage d'une détermination à une autre. Cette hypothèse explique l'indétermination apparente des futurs, et comment nous croirions invcn-
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ter ce qui nous est suggéré» choisir ce qui de tout tempi fut choisi pour nous. La nécessité serait alors semUible à rescamoteur qui de toutes les cartes du jeu qa*9 nous présente ouvert, sait nous faire prendre Ubrew^eM celle qu^il nous a prédestinée.
On voit à quel point se trompent les philosophes qui regardent la liberté humaine comme un fait d'expérience. Si cela était, en disputerait-on? Qui jamais i contesté Texistence d'un phénomène comme tel? Le vrai fait ici, c'est le jugement de liberté, jugement vrai ou faux, partout présent dans la vie pratique. Il n'est pu prouvé de cela seul que l'objet n'en saurait être iUasoire. On appelle aussi ce jugement un sentiment, el avec toute raison, tant il est naturel et spontané. Mail un sentiment ne peut-il nous induire en erreur touchant la réalité? La même question revient toujours.
Cependant de quelle manière les partisans de la liberté Tentendent-ils, et comment se rendent-ils compte de son exercice, en présence des données de la raison 1 et des impulsions passionnelles? Une théorie a toujours dominé parmi eux «ous le nom de liberté d'indifirence, et ceux qui s'en sont écartés, ne trouvant pas la position tenable, ont cédé plus ou moitk au penchant nécessitaire où glissent si aisément les philosophes. On en verra la raison.
Les indifférentistes conçoivent la volonté comme séparée des représentations intentionnelles. « Les motib. disent-ils , ne sont pas indispensables à cette faculté, qui peut se déterminer en des cas où nul choix par raison ni passion ne serait possible. Quand des motifs
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lient pour la conscience, la volonté leur est surajoutée comme quelque chose qui n*a aucune connexion nec eux. Lors donc qu'un jugement est libre pour pro- MDcer sur le vrai, soit surtout sur le meilleur, il faut distinguer radicalement Tapparence du vrai ou du meilkur dans ce jugement, d'avec l'afiQrmation qui s'y joint. raflSrmation peut nier quand la représentation intelhdaelleafl&rme, et réciproquement. » Toutefois, comme Fesistence d'une opposition pareille est manifestement lUaiérique, on s'est surtout attaché à fixer la place de Il volonté entre le jugement et l'action qui le suit : celleci, un effet propre et direct du je ne sai$ quoi, indiffémt de sa nature, qu'on appelle volonté; celui-là, ou ioinrent ou toujours nécessaire. Ainsi donc, autre chose ta juger, autre chose est vouloir ; tout dans la représentation pourrait être prédéterminé par des antécéèenls, tout jusqu'au dernier jugement de l'homme qui 'Mibère; mais , ce jugement rendu , la volonté reste, fu, étrangère à tous ces motifs et cause non causée, feut aussi bien casser ce jugement que l'exécuter, et agir d'elle-même sans raison et contre la raison.
Les partisans de la nécessité renversent aisément le lyitème de la liberté d'indiiTérence : ils ont moins de peine à réfuter la thèse de leurs adversaires qu'à répondre aux objections dirigées contre la leur.
En effet, dès que la volonté, principe indifférent, produit d'elle-même des actes déterminés, c'est au hasird qu*elle les détermine ; et dès que l'homme agit différemment dans les cas où son jugement est identique, aa identiquement dans ceux où son jugement varie.
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rhomme n*est plus un êlre raisonnable, La volonléqiri donnerait de tels résultats est une déraison. Mais cetu Tolonté n'eiîsle pas. Tout homme qui a conscienw d'un sien acte, a en même temps conscience d'une fin, et se propose d en qu il regarde actuellement comme t autre. En tant que Tagent concevn xi doute à cet égard, l'acte est suspendu ment. Un ^tre intelligetit qui ne pours ien, c'est-à-dire ce qui lui parait bien m anger à notre expérieDoe. Kn co sens, S ont excellemmenl ensd* gné que nul i ,t son mal, que tes iw(w tout (iu$ii des sciences, et que voir le meUleur, c'eittt suivre. Non que la formule vulgaire soit erronée : voir le bien et C aimer, et faire te mal; mais cette formule est large et n'exprime point une opposition pure et sini* pie, donnée pour la conscience en un même moment, celui qui précède immédiatement Tacle. Le bien doul il est question est à certains égards un mal pour Vagent, et de même le mal est un bien, du moins dans le présent et à ses yeux; et l'acte s'explique à ce point lie vue.
L'objection morale n'est pas moins saisissante : \ine volonté qui agit comme indifférente ne saurait donner que des actes arbitraires- Un homme ainsi déterminé au hasard n'acquiert point par ce fait un mérite quelconque, et n'assume aucune responsabilité. Que lui imputons-nous, en etTet? De s'être ou ne s'être pas réglé sur certain motif que nous jugeons véritablement bon. Or, s'il a fait usage de sa liberté d'indifférence, il a ai