VICE COMMUN AUX DEUX SYSTÈMES
le motif prépondérant détermine la volonté, on i d'introduire un énoncé à termes pleins et synthétiques on trouve : l'état formé de passion, d'intelligence et d volonté, duquel fait partie la représentation d'm motif jugé capable de déterminer un acte subséquent détermine effectivement ce dernier acte.
Et si dans cette autre formule : la volonté est à ellemême son motif, on comble les mêmes lacunes, il vient : Pacte formé de volonté, d'intelligence et à passion, duquel fait partie la représentation d*un état jugé la conséquence de cet acte, détermine effective ment cet état.
Ce sont lu des vérités identiques et dont il n'y a rien h conclure. L'homme est considéré tout onlier dans chacun de ses moments, et l'acte et l'état ressent de différer. C'est en effet ce qui arrive dans la réflexion régulière, dans la délibération. La volonté et les motifs sont unis aussi bien que distincts. Exigeons du déte^ minislc et de rindifférenlisle qu'ils renoncent à personnifier les facultés humaines, et qu'ils ne perdent jamais de vue Thomme lui-même : leurs raisonnements demeureront sans conclusion possible. Mais placer à côté d'un homme purement passif, qui n'existe pas, un homme puremiiul actif qui n'existe pas davantage, et se proposer ensuite de déterminer leurs rapports comme s'ils étaient vraiment deux, c'est substituer à l'union naturelle une juxtaposition déraisonnable; c'est perdre de vue la synthèse, en pensant faire l'analyse, et se mcllrc ainsi dans l'impossibilité de reconstruire ce qu'on a brisr.
SENS VÉRITABLE DE LA LTBEBTfi. 339
La liberté que nous pouvons «admettre est ce caractère de Tacle humain, réfléchi et volontaire, dans lequel la conscience pose étroitement unis le motif et le noteur identifiés avec elle, en s'aflirmant que d'autres •des exclusifs du premier étaient possibles au mémo JnstaDt. Cette possibilité, apparente ou réelle d'ailleurs, est le titre le plus net de la liberté , l'élément le plus dair de sa déflnition.
On concilie ainsi le principe socratique de la déterirination pour le mieux, au jugement de la conscience, •vec celui de l'indétermination d'une classe de futurs. - On ne nie pas la préférence donnée au mal snr le êÎM dans un grand nombre de cas , mais on explique iMIe formule vulgaire par le vertige, qui produit l'acte rimpression du mal envisagé comme bien, tandis I la réflexion , commencée ou prolongée au même lient, pourrait modifier le jugement de la conice.
Ce n'est donc pas l'usage de la liberté, c'est plutôt défaut d'intervention, ou durable ou momentané, pi amène le vertige. Mais il arrive alors que la con- Qce, déterminée à l'acte, a un sentiment sourd des oiilsqui la retiendraient, si elle voulait réfléchir ; et elle toujours implicitement pouvoir réfléchir. Si donc I ne suspend pas l'acte, elle est pourtant libre en un B, parce que la liberté lui est présente ; en un autre s, elle n'est pas libre, parce qu'elle n'use pas de sa S, et que peut-être elle n'a que peu ou point d'haide de la réflexion , surtout tenace et persévérante. Ainsi, l'état où prévaut le vertige est celui où la liberté
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sans exercice est dans cette condition d'affaiblissement, et de conscience de plus en plus exténuée, dont les degrés descendent de la tentation violente à la détermimtion aveugle et dès-lors nécessaire.
Il y a comme une demi-vérité dans l'opinion dei philosophes qui ont fixé l'acte libre dans la suspension d'une détermination imminente. C'est bien ainsi que b liberté se présente vis-à-vis des impressions extérieurei^ ou des passions vives qui sollicitent leurs fins. Susp» dre est dans ce cas la première fonction de rhomiae libre. Mais suspendre n'est pas tout; il faut encore conh parer, délibérer, et la liberté n'est pas limitée à us simple rôle de veto, au regard de phénomènes quel» conques laissés à leur cours spontané : elle intervient dans les actes par lesquels de nouveaux motifs sodl évoqués avec les représentations extraites du fonds dl l'imagination et de la mémoire.
D'après cette théorie, que je crois conforme à uneanirlyse exacte des données de conscience dans les actes délibérés, la première des lois pratiques, avant ce qu'of appelle un bon usage de la liberté, c'est l'usage mt^me^ Ce seul précepte, exerce la liberté, s'il est suivi, prW pare la moralité des actes, appelle des motifs de tou ordre parmi ceux qui peuvent présider aux déterminations, et, en éloignant tout vertige, assure dans beau* coup de cas la prépondérance de la raison.
Le mérite de l'homme est donc premièrement d'i libre. Comme sa liberté, toujours donnée en puissanoSij se développe plus ou moins, se fiicilite et se fortifie eii quelque sorte elle-même en s'exerrant, on peut dire