‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 85 sur 193 · INTERPRÉTATION DR LÀ LOI DES GRANDS NOHDRES · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION DR LÀ LOI DES GRANDS NOHDRES

hypothèses , celle de la nécessite d'abord , puis cette autre^que les causes variables des suites d'éyénementi d'un certain genre tendent à se balancer, pourvu que ces suites soient sufiisamment prolongées. À vrai dire, la loi des grands nombres n'est point alors démontrée, sa vérification par l'expérience la constitue an fait interprétable diversement. Il en est tout autrement dam Thypcthèse unique de la liberté. La loi des grands nombres se démontre, parce qu'on admet des possibles réels, des futurs ambigus et indéterminés , tels enfin que de deux contraires il n'y ait point de raison préexistante pour que l'un devienne actuel plutôt que l'autre.

Pour achever ce sujet, reprenons l'appareil indiqué. Confions la pression du ressort pour les tirages à un homme en possession de sa liberté, au moins apparente. Supposons que cet homme éloigne de lui les impressions, les pensées, les phénomènes externes on* internes, par suite desquels ses ilécisions pourraient se trouver avancées ou retardées, et que, tout entier à son afTaire , comme on dit , il s'attache à déterminer arbitrairement, sans loi aucune et sans habitude, une série d'intervalles dos temps de pression. Son unique pensée doit être de la forme : est-^ce maintenant, oui ou non? jusqu'à ce que la détermination maintenant oui lui paraisse dégagée de tout autre motif que celui d'exercer sa liberté. Ces conditions sont possibles, il est aisé d*en faire l'expérience , et s'il est dilHcile de les continuer très longtemps, on peut du moins les reprendre ausfl souvent qu'on voudra, et diviser les épreuves en un grand nombre de suites. Cela posé, le cas d'un tirage

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û défini est éminemment de ceux auxquels le calcul probabilités est applicable. Il est hors de doute, et pourrait d'ailleurs s'en assurer directement, que les euTes prolongées dessineraient bientôt la tendance partage égal , c'est-à-dire accuseraient la loi des nds nombres. L'hypolhèse de la liberté explique plement et immédiatement ce résultat. Mais, dans Ltre hypothèse, on est obligé de considérer les déciis qui fixent les instants comme dues à des causes hées, multiples, variables, indépendantes les unes autres quant au temps, enfin toutes de nature à se incer en s'accumulant. Le défenseur de la liberté landera qu'on lui assigne, qu'on lui fasse au moins revoir ces causes dont il n'aperçoit pas traces dans expérience, et qui semblent n'être invoquées que f voiler, sous une allégation vague et plutôt nomi- ) que réelle, ces purs accidents qu'on ne veut pas mnaltre. On lui répondra par les dispositions laes de l'organisme, ou par des suites de perceptions 8 pensées confuses qui ne s'arrêtent pas distincteit dans la conscience. En l'absence avouée de don- I plus claires et de renseignements plus précis, ce I là qu'en appeler à l'argument général de l'exisse des causes prédéterminantes. Donc, et à nous en t aux éléments de l'expérience décrite, nous courons ici qu'il est impossible ou singulièrement difle d'imaginer la suite des causes inconnues dont les ils observeraient la loi propre aux événements ampu, et que, par conséquent, l'existence réelle de la lerté est probable, comme son apparence est certaine.

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