‹ Essais de critique générale (volume 4)Chapitre 86 sur 193 · DÉFINITION DBS FAITS DE HASARD · texte numérisé non relu

DÉFINITION DBS FAITS DE HASARD

On se tromperait à coup sûr si , d*après ce qui p cède, on croyait trouver des faits d'exercice de la libe dans toutes les décisions qui président au sort des je et aux événements analogues dits de hasard. Nous ave considéré la liberté comme attachée à la délibérât! morale, et unie intimement à des motifs passionne Or, il est des actes de spontanéité irréfléchie qui n' frent rien de semblable. Nous devons donc introdu une distinction importante.

Certaines déterminations suivent des états donnés l'organisme et de la conscience ; elles les suivent si réflexion ni volonté, ainsi qu'on peut aisément à convaincre dans beaucoup de cas ; il est donc d qu'elles ne sont pas libres. Lorsque dans un tirage, { exemple, la décision intervient, naturelle, instinctif inattentive , c'est-à-dire au fond machinale , la libe n'y joue aucun rôle. On dira bien encore des résuit obtenus qu'ils sont accidentels et fortuits, parce q le langage vulgaire applique ces noms aux événeme involontaires, sans intention ou simplement sans cai connue; mais, dans la rigueur logique, on entend | accidents et faits de hasard des phénomènes qui n talent point donnés par anticipation en de certaii causes non ambiguës : on ne peut donc les placer q dans l'ordre de la volonté délibérante ou dans celui la spontanéité animale arbitraire ; mais ce dernier ( insondable, et d'ailleurs ne doit pas m'occuper ici.

On voit par là que le véritable hasard, même dans I jeux , existe surtout à la condition que le joueur réfléchis ses actes, délibère et choisisse, malgré l'indifi'éreii

OSFllflTION DBS FAITS DB HASARD. 353

Attribue à ses propres décisions. Il peut paraître

lier que la délibération et le choix s'exercent où

sauraient s'exercer avec raison ; c'est pourtant ce

lieu communément, quoique souvent d'une ma-

sourde. Le joueur qui, ferait autrement ne serait

ton jeu, et celui qui prolongeant longtemps une

te d'action somnolente, ne s'appliquerait pas à

ire de l'indéterminé, en variant par sa liberté les

et les modes du sort, celui-là tendrait à passer à

de machine, et il ne faudrait pas s'étonner si,

m jeu simple où il entrerait seul, la loi des grands

res se trouvait en défaut avec lui.

st pourquoi, dans l'exemple que j'ai choisi pour

À l'analyse de la liberté, dans les loteries, j'ai

se un opérateur sans habitudes, et attentif à sous-

ses déterminations à toute influence externe ou

e qui fût sensible pour lui, et, d'une autre part,

pareil tellement disposé que le choix ne pût s'exer-

l'entre les temps, conditions de tirage les plus in-

iDtes possibles. C'était mettre la liberté en expé-

autant que faire se peut. Le caractère de délibé-

et de volonté réfléchie n'en était pas moins aussi

lé qu'il l'est dans un acte moral. On envisageait,

ette liberté indifférente fictive qui, étrangère à la

, n'appartient pas à l'homme, mais, là comme

it, la synthèse du motif et de la volonté. Seule-

il £aut noter cette circonstance, que le motif de se

oiner en pareil cas est général : c'est celui d'agir

une fin, malgré l'indifférence des moyens connus

mt également propres à la réaliser ; c^est encore

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celui d'appliquer ou d'éprouyer sa liberté, en décidiD d'agir ou de n'agir pas, au montent précis où l'on w subit pour cela d'autre influence que celle du désir de les éviter toutes.

Au reste, un motif moral n'est pas nécessaire pou l'acte; la représentation de l'acte même suffit : possible, imminent, actuel. J'ai exposé cette loi dans ton ses développements. La volonté vient , en tant qu'en représentation se maintient elle-même avec conscience et l'acte s'ensuit : ou en tant qu'elle se suspend; et l'ad est suspendu. Ceci compris , s'il s'agit d'un cas oui représentation ne s'adjoint aucune raison à priorià se maintenir, plutôt que de se suspendre à l'insUori elle en admet au moins une inévitable de choisir; d choisit donc , et, en choisissant , elle s'adjoint le mti de s'exercer comme volonté : savoir en se maintenai quand elle pourrait se suspendre, ou réciproquemeo

Les partisans de la nécessité, dans l'impuissance ( ils sont d'asssigner des motifs prédéterminants k ce tains actes du ressort de la liberté apparente, penseï démontrer leur thèse en s'élevant à la notion générale c cause. Cel ordre d'idées nous offre des doctrines qt j'ai déjà longuement réfutées :

l"" Le panthéisme, qui fait de Tindissolubilité A phénomènes successifs une théorie très vaste, très ifl posante, fondée sur la conception de l'être ou substam unique aux modes infinis éternellement liés. La notic de cause disparaît elle-même du monde ainsi expliqn c'est la conséquence extrême, c'est le caractère radie

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