S(> LA LIBERTÉ BT LA LOI DE CAUSALITE
sorte le monument de tous les siècles, encore debout, mais sous lequel l'humanité a cessé de s'abriter.
Toutefois, en repoussant ces théories de la chaîne itt choses, ou craint souvent de manquer & l'esprit de la science. On redoute aussi d'admettre une absurdité, dam ce fait que quelque chose pourrait commencer d'être aetuellement, dans la rigueur du mot« c'est-à-dire se poser sans cause antécédente et suffisante pour la produite ainsi et non autrement.
Il est incontestable que l'objet de chaque science eit de former une chaîne des phénomènes qu'elle étudie, de supposer et, s'il se peut, de découvrir des lois parleiquelles ils soient tous invariablement liés. Or qui ditlfli entend nécessité. Rien de plus vrai et de plus légitime. Mais eiiste-t-il une science totale qui prétende lier aiu» tous les faits de tout ordre ? C'est celle-ci qui est en question. On doit se demander d'abord si elle est pofrsiblo, et une science plus vraie résultera de la négative, si c'est la négative qui est vraie. Ensuite peut-on citer un seul cas d'investigation scientifique où le savant ail pu se trouver à la gône en touchant à cette limite où l'oa s'arrête devant les actes libres? Un pareil fait se produira le jour où la science sera terminée. Le même physiologiste, supposé sain d'esprit, qui se dit matérialiste (et en cela se fait métaphysicien, quoiqu'il raille volontiers la métaphysique), rirait si jamais un écolier naif comptait apprendre de lui la nature et les lois précises (les évolutions organiques préposées, une par une, aux évolutions intellectuelles et passionnelles d'un animal
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donné. On a tenté d'établir certaines lois statiques, en phrénologie par exemple. Mais ces lois, fussent-elles aussi certaines qu'elles sont contestées, n'intéresseraient pas autrement la liberté que ne font les tempéraments, les caractères, les habitudes, données incontestables de la nature humaine et qui la déterminent en partie, la liberté ne demande point une table rase. Elle modifie seulement ce qui est donné, comme ce qui est donné modifie la sphère où elle s'exerce. Enfin, il n'est qu'une science, s'il est vrai que c'en soit une à proprement parler, capable de prédiction et de lois exactes, une science qui puisse paraître menaçante pour la liberté : là philosophie de P histoire. Mais elle ne tient ce caractère que de l'esprit de ceux qui l'écrivent, et de rînterprétation qu'il leur plait de donner aux causes générales ou particulières des faits. Quel quesoit l'ordre qui régit la succession de certains événements et des grandes périodes historiques , les lois qu'on peut croire exister à priori laissent assez de place aux déterminations variables de lieu, de temps, de circonstances et do personnes, et l'expérience oblige toujours h reconnaître assez d'anomalies, pour que le jeu delà liberté soit plus qu'assuré à chacun des acteurs du théâtre du monde. Hais cette question est trop vaste pour que je puisse la traiter incidemment.
Il est donc permis de penser que les phénomènes ne sont pas tous assujélis à une loi unique, ou, ce qui retient au môme, que leurs lois les plus générales sont tuodifiées dans leur cours par l'intervention des faits énialés de la liberté. Dans celte hypothèse, il faut rapporter à