ORIGINE KT ESPRIT DO SCEPTICISME
OU ils raf&rmaient apparemment maintenant , tandis que d'une manière générale et dogmatique ils s'abstenaient de juger. L'accusation , souvent répétée , te trouve encore dans la bouche de philosophes que leur goût pour l'érudition philosophique ferait supposer plus impartiaux ou plus intelligents. Le scepticisme ert moins une doctrine qu'une pratique ; c'est un systène de direction de l'entendement. L'homme qui s'y tient ferme esl celui que sa volonté pose constamment à l'élit « de suspension, d'examen, de recherche, de doute^ contre les assertions variables et contradictoires des sectes et des écoles, et contre les mouvements de sa pasâoi propre. Cet homme communique son système aux autres hommes en leur soumettant historiquement la série des phénomènes qui composent sa conscience réfléchie: phénomènes actuels, conscience actuelle où la mémoire même est actualisée dans l'apparence présente, car c'est là tout ce qu'un pyrrhonien assure et peut assurer de certain. Nous verrons ailleurs comment le sceptique devait sortir de cette condition de conscience, et comment il avouait lui-mâme s'en départir : mais ce n'était point pour restituer ce qu'il avait nié , et dans le sens même où il le niait.
L'école pyrrhoniennc est la preuve vivante du rôle de la volonté dans la certitude. Mais la volonté, en parril cas, ne saurait intervenir arbitrairement. Ici, sa présence*pour suspendre la pensée dogmatique se justifiait par l'issue du premier cycle de la philosophie grecque, où l'on avait vu les doctrines cosmogoniques se combattre et s'entredétruire, et par le progrès de l'éristique,