‹ Essais de critique générale (volume 5)Chapitre 12 sur 79 · EXISTENCE ET NATURE DES CORPS · texte numérisé non relu

EXISTENCE ET NATURE DES CORPS

nature de la loi (retendue. Je pose seulement la réalité et l'universalité de cette loi, de quelque manière qu'on veuille en entendre l'application. Si je combats la fausse réalité, c'est moins pour établir la vraie, en ce moment, que pour fixer les limites de la première affirmation. C'est d'ailleurs par voie déductive, en procédant à la science, et non plus en se bornant à la certitude élémentaire, qu'on peut découvrir le vice de la certitude prétendue de certaines écoles.

A la loi d'étendue il faut joindre ses accessoires, les rapports de figure et de grandeur, ceux de nombre, qui y sont impliqués, puis les rapports de mouvement, et la loi du temps sans laquelle ils ne pourraient être perçus. Ce sont, avec l'impénétrabilité ou solidité (mieux, plus exactement, résistance, force), tout ce qu'on appelle qualités premières des corps ; et on voit aisément, par ce qui précède, en quel sens l'affirmation de leur réalité appartient aux éléments primitifs de la certitude.

A l'égard des qualités secondes, il n'y a rien à rappeler ici qui ne soit déjà consacré par le développement des sciences particulières. On a rejeté depuis longtemps (non certes toujours, comme Reid le soutient) les espèces sensibles, les sensibles en soi, tels que sons, couleurs, cbaleur, etc. La physique tout entière poursuit l'étude des conditions externes de cet ordre de phénomènes. Nul n'en cherche plus la réalité dans une sorte de concrétion des apparences. Et pourtant, si l'on devait aller aux voix, les concrétions colorées ou autres réuniraient sans doute autant de suffrages ignorants, c'est l'immense majorité, que ces concrétions plus abstraites, étendues et solides seulement qu'on appelle des atomes.

En résumé, le sens de l'application de la fonction intuitive et des formes diverses de la sensibilité à la détermination de la nature des corps sera pour nous celui-ci :

C'est en vertu d'une loi universelle, et non d'une apparence propre à la seule conscience humaine que les

corps sont ainsi représentés. Cette loi s'étend partout, et autant que des phénomènes sont donnés, si bien que nous ne saurions concevoir de représentation, ni, par suite, d'existence où elle n'entre comme élément. Et les phénomènes pour soi que la conscience suppose et croit fermement correspondre aux phénomènes pour elle, quels qu'ils puissent être en ce qui nous échappe, soutiennent avec ceux-ci des rapports généraux, constants, dont les effets se marquent dans nos perceptions. A cet égard on s'exprime avec l'exactitude la plus rigoureuse, en assurant que les corps sont véritablement étendus, véritablement colorés, véritablement sonores, etc., car telles sont les propriétés que nous leur reconnaissons dans leurs rapports avec nous. Les sciences déterminent d'autres propriétés en explorant d'autres rapports qui se découvrent au moyen des premiers ; et quant aux propriétés qui ne se trahissent pas directement ou indirectement dans les phénomènes de notre conscience avec l'empreinte de sa forme, il est clair que l'accès nous en est interdit.

La question suivante a suscité bien des difficultés et quelques spéculations intéressantes dans l'école de Locke : Comment la perception de l'étendue, des distances, figures et grandeurs peut-elle avoir lieu par l'entremise des sensations, et spécialement de celles de la vue.^^ Mais le criticisme ayant tranché le nœud du problème, tout cela est aujourd'hui très simplifié, et s'il reste des recherches à faire, elles sont du ressort de la biologie.

D'abord il faut renoncer à prendre pour sujet externe, correspondant à l'objet de certaines de nos sensations, l'étendue, aussi bien que toute autre loi fondamentale. Les sensations propres du tact et les sensations propres de la vue ne sont possibles, au contraire, qu'en présupposant l'intuition de l'espace. Cette intuition, que la lumière vient colorer, dans l'acte de la vision, la lumière

l'implique, et, par elle-même, ne la donnerait pas. Cette même intuition, mais incolore, préexiste chez l'aveugle à l'exercice du tact; autrement celui-ci parviendrait-il à l'aide des mouvements de son corps et des modifications d'un toucher successif, dont la matière propre est tout autre chose que l'extension, à se représenter des objets simultanés sous une loi de position? Enfin, elle enveloppe également les autres sensations, quoique les investissant d'une forme plus vague, et n'apportant point de mesure précise aux positions qu'elle leur fait affecter : mais nous ne saurions sentir ou imaginer des sons, des odeurs, des saveurs, des sensations de chaleur, de chatouillement, etc., sans les assujétir de quelque manière à des rapports d'étendue.

Il n'est donc pas vrai que la perception des lois de position nous vienne premièrement et exclusivement par le toucher; ni que l'habitude seule dresse la vue à reconnaître des grandeurs et des figures semblables à celles que reconnaît déjà le tact, sous des sensations entièrement différentes. L'intuition est une forme et une règle commune de ces deux ordres de la sensibilité : elle les lie étroitement, en nous soumettant de part et d'autre objectivement ses propres rapports constitutifs. Mais cette correspondance donnée en général, il faut apprendre à l'appliquer, puisque les sensations comme telles diffèrent profondément des deux côtés. Ce que l'expérience seule peut enseigner, et l'habitude traduire en une sorte d'identification, c'est la relation donnéq entre certaines positions vérifiables par le tact (notamment en profondeur, dans la direction des rayons visuels) et les jeux de lumière, d'ombre et de couleur, qui, d'eux-mêmes, ne représentent point une étendue à trois dimensions.

Il y a ici une distinction importante à introduire. L'intuition donne les trois dimensions de l'étendue. L'extériorité et la distance en profondeur sont donc immédiatement posées dans l'acte de la vision, aussi

bien que pour l'usage du tact. Mais quels rapports entre telles distances, dans tels cas, voilà ce qu'on ne sait point a priori. La vue nous révèle, ou, pour mieux dire, nous appliquons par la vue la distance projetée en trois dimensions, mais nous ne l'estimons comparativement que pour deux tout d'abord. L'aveugle opéré, celui de Cheselden par exemple, peut donc placer tous les objets sur un plan et ne pas éloigner ce plan à une distance appréciable de l'œil; c'est-à-dire qu'il peut envisager différentes choses, à distance égale de lui en profondeur, et, par là même, ne point déterminer cette distance, qu'il ne compare à aucune autre, tout aussi longtemps qu'il n'a aucune raison de supposer des distances inégales. Mais bientôt paraissent des jugements, déjà formulés dans un exercice antérieur du toucher (ou qui se forment graduellement, s'il s'agit, non plus des perceptions d'un aveugle-né, mais de la première éducation comparative de nos sens). Bientôt s'observent les lois du mouvement visible, les occultations, la décroissance des diamètres apparents et des intensités lumineuses, etc. A cela se joint le fait sensible des directions données aux axes optiques des deux yeux. Les distances en profondeur se symbolisent alors dans les phénomènes visuels : une habitude promptement acquise unit chaque jugement à chaque signe senti dont l'expérience l'accompagne, et l'intuition, toujours présente et racine de tout, affecte des états particuliers, qui sont autant de formes de l'alliance de l'ordre de l'entendement avec l'ordre de la sensibilité.

L'animal et l'enfant viennent à la lumière avec l'intuition, pour ainsi dire comprise dans l'instinct. La profondeur n'est pas moins donnée en principe pour eux que les autres dimensions. A la suite de leurs sensations, des actes instinctifs, spontanés, qui n'impliquent ni raisonnement, ni comparaison réfléchie, ni mesure prise, adaptent en eux certains mouvements aux fins qu'ils se proposent dans l'étendue. Dès la naissance,

avant toute expérience possible, l'acte est souvent ce qu'il doit être, alors même qu'il est des plus complexes, comme chez quelques animaux qui naissent très formés. 11 n'y a là rien de semblable à ces jugements d'une portée incomparablement plus grande, mais moins sûre, qui s'établissent chez l'homme, à mesure qu'il avance de l'instinct à la raison. Par ceux-ci, se modifient et cet instinct et les sensations elles-mêmes, en se confondant avec des appréciations devenues habituelles, mais réfléchies à l'origine, puisqu'elles procèdent de l'attention. Et ainsi se forment ces synthèses de l'imagination et de la sensibilité, sources de toutes les erreurs dites des sens, dont les animaux sont en général exempts, et dont nous trouvons le remède dans une application nouvelle et approfondie de cette même réflexion qui les rendit possibles.

Autre chose est donc voir et agir en conséquence, comme font les animaux; autre chose regarder, jug^par la vue, estimer, mesurer sciemment les formes, les distances, les grandeurs. Ces dernières opérations, qui n'ont lieu que chez l'homme, deviennent inséparables pour lui des sensations proprement dites; elles comportent l'exactitude plus ou moins approximative qu'il s'étudie à leur imprimer; mais, dans leur application spontanée, se rencontrent des illusions inévitables fondées sur ce fait : que les signes des formes, des distances et des grandeurs sensibles pour la vue, ne sont pas exclusivement appropriés, quoiqu'ils le soient ordinairement, aux formes, distances et grandeurs appréciables et mesurables par le tact, à l'aide du mouvement. Les merveilles de la peinture dioramique consistent dans une imitation scrupuleuse de ces signes sur un plan coloré. Le rôle de l'imagination dans la sensation ne saurait mieux se prouver que par le succès qu'obtient la préparation de ces fausses perceptions. D'autres illusions se produisent quand la distance ou la grandeur d'un objet n'étant point connues, et ne pouvant que se supposer, récipro-

quement la grandeur ou la distance se concluent de cette supposition purement imaginaire; d'autres encore, lorsque la distance ou la grandeur sont connues et que les apparences visibles des rapports qui les constituent s'altèrent en conséquence. Ces dernières sont bien de véritables illusions à l'égard des sens, quoique l'imagination qui les produit rapproche dans ce cas la représentation de ce que nous regardons comme la réalité. C'est ainsi que des représentations de grandeur variable prennent place dans un champ visuel unique pour l'organe (une fenêtre, un paysage qu'elle encadre), et que les objets familiers affectent pour nous des proportions tout à fait différentes de celles qui appartiennent à leurs images à raison des distances respectives d'oti la lumière qu'ils nous renvoient parvient à l'appareil oculaire.

Ces explications suffisent, je pense, pour montrer en quel sens la sensation devient jugement, et le jugement sensation, et comment l'un et l'autre se confondent par l'intuition où ils puisent, dans cet ordre de faits, une forme nécessairement commune. Les savants n'ont jamais admis sans hésitation et sans étonnement ce qu'ils regardaient comme une sorte de métamorphose d'un objet de l'entendement en un objet de la sensibilité, parce qu'ils ne se rendaient pas assez compte de l'union de ces deux fonctions et de l'impossibilité de trouver dans la dernière seule un fondement de nos moindres connaissances sensibles. Laplace, dans son Essai sur les probabilités, croit lever l'inconvénient en supposant que l'habitude d'associer tels jugements à telles sensations dispose physiologiquement le sensorium à produire d'autres images que celles qui correspondent à la sensibilité primitive. Mais, comme il déclare en même temps ignorer la nature de ce sensorium et la nature de ces images, son hypothèse n'exprime qu'une identité mal définie, sous forme physiologique, entre les deux éléments dont il s'agit d'interpréter l'accord : ce qui ne

nous apprend rien. Au reste, le grand géomètre entrevoit la vraie méthode de philosopher, car il appelle l'étude de la liaison ou association des phénomènes de conscience la partie réelle de la métaphysique de son temps; mais il ne sent pas la nécessité de remonter aux lois les plus générales de cette liaison et d'en établir le système, indépendamment de l'ordre organique et des hypothèses vagues qu'on a coutume d'y joindre.

On n'a qu'un mot à dire aujourd'hui de deux questions qui ont produit de nombreux systèmes : celle de la vue simple avec deux yeux, et celle du renversement des images des objets sur la rétine. La première est d'un intérêt purement physiologique et ne doit pas nous arrêter ici. En elTet, puisqu'on ignore entièrement la nature du rapport qui existe entre la sensation, comme phénomène de conscience, et l'image que la réfraction des rayons lumineux peint sur la rétine; puisque ce rapport est un pur fait; que d'ailleurs les fonctions du nerf optique et de l'organe central n'ont pu être analysées, il n'y a pas de raison assignable a priori pour qu'à l'image multiple corresponde une sensation également multiple. C'est une grande puérilité d'imaginer la conscience comme un spectateur dont Y œil percevrait les images peintes au fond de deux autres yeux. Il appartient donc à la biologie de déterminer dans quelles conditions la double rétine est alFectée, d'une part quand l'objet unique est vu simple, et d'une autre part quand il est vu double. A cet égard, les faits ont été constatés d'une manière satisfaisante, je crois, et jusqu'ici il n'y a pas de vraie question posée au delà.

Le prétendu renversement des objets immédiats de la vue est une honte pour la physique philosophique. Il est vrai que la comparaison d'une série de points avec la série de leurs images sur la rétine nous les présente dans un ordre inverse l'une de l'autre, et tels que l'exigent les lois de l'optique ; cela pour le toucher

comme pour la vue. Mais le sujet percevant ne peut pas comparer, car il faudrait que son œil fût extrait de son orbite, afin d'être vu et touché par lui, et en même temps gardât sa place pour voir. Dans l'œil envisagé en luimême, non plus que dans le monde, objet du toucher, rien ne s'oflre renversé. Tous les points ont de part et d'autre les mêmes positions relatives, en sorte qu'il n'en apparaît pas un seul dans le champ sensible de la vision (supposé la rétine) par rapport auquel tous les autres ne soient exactement situés comme ils le sont dans le champ du toucher. L'embarras que les philosophes et les savants se sont créé sur une question si facile est un exemple frappant de la disposition commune à considérer toutes choses dans un certain absolu, et non dans les rapports qui constituent positivement la connaissance. Pourtant si la nature relative des perceptions est claire quelque part, c'est bien quand elle s'applique aux lois de position des corps.

En terminant ce chapitre, je dois dire un mot de l'ordre dans lequel j'ai présenté les quatre thèses de l'affirmation première ou certitude fondamentale. Cet ordre est sans importance pour moi. Les thèses sont essentiellement liées et se posent simultanément, si je considère la connaissance réfléchie. On ne saurait, à moins de cercle vicieux, les y déduire les unes des autres. En fait, la conscience nette du soi ne s'accomplit qu'avec la détermination opposée du monde; elles se donnent l'une l'autre et dans leur rapport, et ni l'une ni l'autre ne sont possibles "qu'au moyen de certaines fonctions radicales, et des catégories qui règlent ces fonctions, et enfin de la croyance naturelle en la légitimité de leur usage.

Il en serait autrement si, au lieu d'envisager l'homme tout formé, en face d'une connaissance acquise et d'une croyance constante, dont là réflexion doit se rendre compte, nous recherchions le développement de la per-

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sonne humaine, la série chronologique de sa formation. Alors nous signalerions comme donnée primitive le sentiment confus, élémentaire, de la vie, de la penséç.et de leurs objets et fins les plus simples; puis, avec ce sentiment, la puissance des déterminations intellectuelles et passionnelles dont l'expérience nous apprend que l'homme est capable en des occasions et sous des conditions primitivement établies ou successivement réalisées. iNous admettrions des synthèses obscures, latentes, enveloppées, soit des catégories, soit de la croyance aux points de réalité que les catégories définissent. Ces synthèses, nous les supposerions aussi loin que l'observation des actes humains peut s'étendre en remontant le cours de la vie, puisqu'il n'est pas d'acte qui ne les exige à quelque degré; et nous comparerions leur présence à celle des représentations indistinctes, et pourtant si efficaces, qui, dans l'état de l'entendement accompli lui-même, occupent les intervalles des pensées claires, des jugements formulés, des états ou actes positifs, et lient le passé à l'avenir par l'entremise des puissances actuelles. J'ai signalé ailleurs, en définissant le sentiment, ces états intermédiaires de la conscience, aussi réels, aussi incontestables qu'ils sont mystérieux. Enfin, nous placerions le développement de l'intelligence et des croyances naturelles dans le dégagement successif des actes distincts subordonnés à une double condition : la puissance humaine, où ils ont leur forme anticipée; l'expérionce, au fur et à mesure de laquelle ils déterminent leur matière. Ainsi la formation du plein entendement et des affirmations conscientes d'elles-mêmes s'opérerait par l'efTct d'un balancement continuel entre la position du soi et la position du monde, entre l'imagination et la mémoire d'un côté, la perception de l'autre, entre les catégories et leurs applications, définitivement entre les impressions et idées et la réflexion qui les élève à la sphère de la volonté.

Il s'agit pour nous de l'étude de l'homme, plutôt que

ESSAIS DE CRITIQUE GÉN^nALE. IV. 4

de l'histoire de son éducation naturelle. Qu'il nous suffise donc, de même que nous avons posé ailleurs l'indissolubilité des fonctions humaines, de constater ici l'impossibilité de ramener les uns aux autres et d'assembler en un corps de déduction les points de la certitude fondamentale. Ils ont tous et simultanément leur origine dans les puissances de la conscience, et tous s'établissent et se fortifient par l'application progressive des fonctions de plus en plus distinctes de l'intelligence, de la passion et de la volonté aux données acquises dans le cours de l'expérience.

Observations et développements.

A. La distinction du sujet et de l'objet. — Fragment de Lequier.

Je ne saurais mieux placer qu'à la lin de ce chapitre, où j'ai traité du premier point de départ de la certitude, en écartant provisoirement la question du libre arbitre, et fixant de" préférence ma pensée sur la reconnaissance des conditions de l'existence objective et subjective, un éloquent fragment où Lequier a fait voir de la manière la plus frappante, avec les formules d'une subtilité profonde qui appartiennent à son génie, l'impossibilité de résoudre autrement qu'en se livrant à une sorte d'acte de foi le problème pratiquement si simple, mais théoriquement propre à nous confondre, de la distinction et afûrmation simultanées du sujet et de l'objet de la connaissance.

« A qui entreprend d'affirmer par le seul moyen des idées cette simple proposition : je pense, qui est, on ne saurait en disconvenir, éminemment certaine pour l'homme, qui n'est que son propre être occupé à se contempler, il faut, et ce n'est pas une petite tâche, il faut à toute force joindre, de manière à n'en former qu'une, une action présente et une action passée : une action présente qui nomme l'action passée, une action passée qui est l'objet de renonciation présente : une action qui exprime et une action qui est exprimée, chacune attestant l'autre pour justifier de son existence, mais chacune toute seule impuissante à l'établir : premièrement un fait qui s'ignore, ensuite une parole qui ne s'entend pas. Entre ce qui est représenté et ce qui représente, peut-on nier la différence ? La différence est manifeste : l'un n'est pas l'autre, et l'un vient après l'autre. J'ai beau me retourner, je trouve invariablement ces deux pôles contraires

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