‹ Essais de critique générale (volume 5)Chapitre 35 sur 79 · SCIENCES ^ON CONSTITUÉES · texte numérisé non relu

SCIENCES ^ON CONSTITUÉES

rience; robservation de la consécution constante de certains phénomènes dans un certain ordre est nécessaire pour déterminer que là est une cause, où là une lin : sous cet aspect, la causalité et la finalité n'engendrent point de spéculation logique. D'une autre part, les rapports de cause à elTet et de moyen à fin, considérés d'une manière générale et en eux-mêmes, sont des lois de la représentation (loi de force, lois de passion), lesquelles prêtent liien à l'analyse et aux théories, mais n'offrent pas cette complexité, ces ordres longuement et savamment développables des objets abstraits de la géométrie et de la dynamique. Les recherches et les systèmes appartiennent donc ici à l'analyse générale de la représentation, à la critique générale, plutôt qu'aune classe particulière d'investigations scientifiques. C'est ce qu'on appelle philosophie. Quand cette partie des spéculations des philosophes qui a trait aux deux catégories dont nous parlons aura atteint toute sa rigueur, se sera fixée dans son assiette définitive, et je voudrais travailler moi-même à ce résultat en chassant de l'étude abstraite des rapports de cause et de fin tout ce qui est étranger à l'établissement des lois représentatives des phénomènes, alors on pourra regarder l'analysedela causalité, l'analyse de la finalité, comme deux sections distinctes de la science logique. Mais des sciences spéciales, selon le langage ordinaire, exigeraient toujours des objets moins simples en eux-mêmes. (Voy. Logique. § xxxvii et xxxix.). Restent maintenant les deux catégories qui enveloppent les autres aux deux points de vue extrêmes et opposés, la relation, la personnalité. Considérées généralement aussi, elles rentrent dans la matière de la critique générale, c'est-à-dire de l'analyse des éléments universels de la connaissance. Sous leurs aspects particuliers, elles se rapportent, tantôt aux catégories déjà parcourues, tantôt encore aux différentes sciences de l'ordre de l'expérience. Kllcs ne sauraient donc proprement donner lieu à des sciences spéciales.

Ainsi, nous sommes conduits à la division suivante des sciences logiques :

1*^ La critique générale, tronc commun de toutes ces sciences, car elle comprend l'établissement de leurs lois les plus universelles, lois dont l'étude est interdite à ces mêmes sciences qui les prennent pour données. Les catégories de relation et de personnalité, puis celles de causalité et àe finalité, sont plus expressément les sujets de la critique générale, et ne produisent point, jusqu'ici du moins, des branches distinctes d'une spéculation abstraite qui aient un domaine et des applications propres. Ajoutons que l'expérience elle-même, envisagée généralement, sa nature, ses lois et ses conditions ressortissent à la critique.

Dans l'état actuel des choses, la critique générale doit être séparée des sciences qu'elle domine, et placée hors de son rang, comme si elle constituait une sphère spéciale des connaissances humaines. Nous en verrons plus loin les raisons.

Malheureusement le criticisme ne fait que de naître, et on sait ce que vaut, ce que peut, comme science, la philosophie ainsi nommée, entre les mystères transcendants des uns, l'empirisme grossier des autres et les hypothèses de tous, obsédée par les dogmatismes anciens, toujours prêts à reparaître et à recommencer leurs cycles.

2*^ La logique, dont l'acception la plus générale reproduirait la critique tout entière, mais qui. prise particulièrement, se borne à l'établissement des relations de qualité, considérées d'une manière abstraite, et des lois de leurs combinaisons.

Ajoutons à la logique la grammaire générale. La pure • grammaire aurait pour objet l'établissement des lois ei des signes écrits ou parlés, des combinaisons de la pensée rattachée à ses formes abstraites, c'est-à-dire aux catégories, et régie notamment par la catégorie de qualité qui se subordonne ici toutes les autres. Cette science

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