‹ Essais de critique générale (volume 5)Chapitre 53 sur 79 · LA DIVINITÉ · texte numérisé non relu

LA DIVINITÉ

DE l'immortalité GOMME LOI TÉLIÉOLOGIQ UE DE LA NATURE.

La science de l'ordre universel et de ce qu'on appelle Dieu, nom commun donné à des sujets bien divers et même contradictoires, a leurré cent écoles de philosophes. La raison de tant d'illusions et d'erreurs est dans l'objet même de la recherche, que Ton voulait être la cause première, la fin dernière et la nature adéquate de tout ce qui est. Les constructeurs de l'impossible épopée sont des poètes, sublimes quelquefois, et quelquefois très plats, (jui se battent les flancs de leurs ailes fantastiques, hors des milieux connus ou concevables, dans le vide de la substance pure, s efforçant d'atteindre, à travers l'infini et ses contradictions, la parfaite chimère de l'être absolu. Mais ils restent en place, et, les yeux fixés les uns sur les autres, disputent pendant les siècles à qui vole le mieux et le plus haut.

ESSAIS DK CRITIQUE OÉNKHALE. IV. 14

L'étude des causes efficientes secondes, en tant que définies et accessibles, celles des qualités et quantités également définies, fournissent des sujets divers de sciences particulières, d'où la considération des causes finales est ou doit être bannie. L'étude des fins est, au contraire, de l'essence de ces autres sciences, dites morales et politiques, dont les principes sont souvent contestés, dont la constitution n'est pas reconnue. C'est par l'application de la liberté humaine et personnelle à l'examen de la loi de finalité et au développement de son contenu le plus universel, que nous parviendrons, en éloignant la recherche impossible des fins dernières à déterminer les éléments probables d'une philosophie morale, et à jeter les bases des sciences qui en dépendent. Chaque pas fait dans cette carrière nous rappellera la croyance dans les fondements de la certitude, et tout particulièrement des vérités qui concernent les rapports de l'ordre du monde avec les destinées humaines. Les preuves que nous recueillerons ne tiendront point de la démonstration logique ou physique. Nous les donnerons pour des motifs de croire. Et les objets de ces preuves consisteront en hypothèses vraisemblables de la raison pratique. D'ailleurs, nous croirons fortifier la vérité, non.l'afPaiblir, quand nous ne la porterons pas au delà de ce que nous pouvons atteindre, et quand nous lui accorderons ses titres de foi ingénus, sans lui faire une escorte de fantômes de raisonnements apodictiques.

Deux principes dominent toute la critique de la raison pratique ou morale, que nous abordons : ce sont la loi de finalité, forme essentielle du règne entier des états moraux et des passions, et la liberté, fait unique, modificateur de la loi, caractéristique des actes moraux et de la force morale.

Tout changement implique une fm. Telle est la forme la plus universelle de la loi de finalité, forme donnée dans la représentation du monde par une conscience.

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