DE LA CROYANCE LA PLUS LARGE EN LA DIVINITE
La première, la plus essentielle et universelle croyance en la divinité résulte de cette même généralisation de la notion des fins, où déjà la thèse de l'immortalité nous a paru nécessaire pour la satisfaction de la conscience. Je dis première, essentielle, universelle, philosophiquement parlant, non historiquement, parce que l'ordre du développement logique est et doit être souvent l'inverse de l'ordre historique.
La thèse de l'immortalité a deux faces : l'une, relative à la personne et au but qu'elle veut atteindre en prolongeant la série de ses phénomènes propres; l'autre qui regarde le monde, dans lequel une loi plus générale doit dès lors assurer les moyens de réalisation des fins particulières. Or, cette loi, nous ne la formulons pas seulement d'une manière abstraite, mais elle exprime pour nous une souveraine réalité, si nous la nommons une donnée cosmique enveloppant les faits les plus généraux de conservation et de progrès qui correspondent aux vues et aux fins de la conscience humaine. Quelle que puisse être pour soi la nature inconnue de cette donnée, tout insondable que la science et le bon sens nous disent qu'elle est en son origine et en son but dernier, nous ne laissons pas de la comprendre clairement en ce qui nous touche : existence d'une moralité dans l'ordre et les mouvements du monde, sanction physique des lois morales de la vertu et du progrès, réalité externe du bien, suprématie du bien, Bien même.
Je ne pense pas qu'aucun homme, ayant élevé suffisamment sa pensée, refuse de donner le nom de Dieu à l'objet de cette conception suprême, qui peut sembler abstraite d'abord, parce qu'elle n'est point grossière, et