PEINES ET RÉCOMPENSES
monie, nulle ne peut viser à l'expliquer, et nous ne saurions avoir en aucune la prétention d'en connaître les moyens.
Ce complément des hypothèses palingénésiques n'est autre chose, on le voit, qu'un système de récompenses et de peines attachées à l'exercice de la vie présente, et sous l'espèce des vies de nature supérieure ou inférieure qui la suivent en vertu de l'ordre du monde. La définition de ces vies surpasse l'esprit et les forces de la philosophie morale : il appartient à des religions d'essayer de les préciser en précisant aussi la nature de Dieu. En sa généralité, la donnée des récompenses ou des peines, celle des vies qui les renferment et pour ainsi dire, les composent, se rattache à la notion la plus générale de la divinité, à Dieu comme Bien, comme réalité externe de l'harmonie des lois du cosmos et du progrès des personnes. Que ce Dieu soit lui-même personnel, ou que nous ne puissions autrement déterminer ce qu'il est qu'en posant l'extériorité de l'ordre et l'universalité des lois morales, nous verrons toujours dans le système des rémunérations une grande loi de la nature, et non de purs effets de la sentence d'un juge. Nous le devons ainsi, car le plan du monde, en toute hypothèse, est manifestement réglé par des lois générales ; et la volonté des agents libres ayant sa place en ce monde, y doit avoir aussi la place naturelle de ses œuvres et des conséquences de ses œuvres. Mais, enfin, le moment est venu de s'expliquer sur cette question de la nature de Dieu, que nous avons si longtemps ajournée.