‹ Essais de critique généraleChapitre 11 sur 139 · PREMIÈRE ANALYSE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ANALYSE

même qu'on les distingue, que chacun à son tour les offre tous deux à l'analyse : ainsi le représentatif est un représenté à lui-même \ et le représenté un représentatif en autrui. Pour user d'un autre langage , le sujet et Y objet sont essentiels à la représentation , mais le sujet pris à part se dédouble, s'objective, devient objet à soi; et l'objet aussi se subjective, s'identifie avec ce sujet dont il est l'objet. Sans cela, point de représentation « A moins qu'une pensée ne prenne la forme d'un représenté, il est clair qu'elle n'est pas non plus représentative ; et à moins qu'un corps ne se traduise en pensée, c'est-à-dire en représentatif, il ne saurait être un représenté.

Car le représenté est ce qu'on appelle ordinairement objet et objectif 9 il s'applique à la nature, à tout ce qu'on désigne comme senti, aperçu, etc.; et le représentatif est ce que les mêmes philosophes appellent sujet et subjectif, il comprend ce que l'on qualifie de pensée, affection, volonté, etc.

D'après ce qui précède on voit que la nature est aussi représentative et que les idées sont aussi représentées.

Ceci soit dit à titre d'éclaircissement, puisque je ne traite ici que de la représentation en général.

J'éviterai d'ailleurs les termes objet et sujet, objectif et subjectif, parce qu'ils ne sont ni suffisamment clairs en français, ni d'une étymologie bien satisfaisante pour celui qui veut fixer leur signification logique au début de la science , ni même exempts de tout fétichisme métaphysique : un sujet, un objet se transfor-

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