LA REPRÉSENTATION N IMPLIQUE
sûre est certainement en dehors de tous trois, car ils se partagent et se sont toujours partagé la philosophie» ô'est-à-dirê que là science est incompatible avec eux.
Et, en effet, ces choses qu'on signale dans la repré* tentation ne Sont autre chose que ses objets sans les» quels elle-même n'est pas. Si les uns s'offrent comme séparables d'avec elle, et les autres comme insépara* blés, c'est que les représentations ne sont pas isolées, et que le caractère constant d'un phénomène est de se rapporter à d'autres phénomènes* Or, le rapport est ici entre termes liés intimement, là entre termes extérieurement liés, d'où il ne s'ensuit pas qu'un re* présenté puisse être absolument sans une représentation quelconque.
Je me place au point de vue du connaître, non à celui de l'être sans le connaître, lequel m'échappe en* tièrement, je l'avoue, et de là j'oppose des fins de nonrecevoir aux divers systèmes*
Aux uns qui m'objectent la possibilité de Y être m soi de certain représenté, indépendamment de toute représentation et même sans que nulle forme représentative soit, je réponds d abord par la possibilité opposée que cet être en soi ne soit pas ; puis je demande ce que c'est qu'être et être en soi ; je fais remarquer que ce mot représenté qu'on est obligé d'employer, ou tout autre équivalent, pensé, conçu> intelligible, etc., témoignent de l'impuissance où l'on est de dépasser la représentation; et j'ajoute que la conformité alléguée entre le représenté en soi et le représenté dans la
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représentation démontre qu'en roulant poser autre chose que la représentation, c'est encore elle, elle saule que Ton pose.
Aux autres, qui tâchent d'établir, tout au contraire, Une espèce de représentatif en soi, et qu'on appelle idéalistes» je dis que j'ignore entièrement ce que c'est qu'une idée en soi et un représentatif à part de ce qu'il représente ; qu'il n'y a pas plus de raison d'admettre une projection du représentatif pour constituer le représenté, que d'admettre une réflexion du représenté pour constituer le représentatif ; mais qu'il y a des raisons de n'admettre ni l'une ni l'autre de ces imaginations singulières, elles voici: 1° l'une et l'autre ont leurs partisans et elles sont incompatibles ; 2° le représentatif et le représenté pris isolément sont d'irreprésen tables entités, réunis sont des termes de rapport qui, par la représentation et en elle, ont un sens, hors de là ne touchent personne.
La réfutation de l'idéalisme absolu, qu'on appelle aussi quelquefois l'égoïsme, n'est pas moins simple dans la méthode que je suis, car je commence par rejeter le moi hypothétique dont l'égoïste fait son idole. Reste le moi empirique, synthèse d'un certain ordre de représentations pour chaque homme et constituant chaque homme; or, comment pourrais-je dire ce que l'égoïste dit, que toute* les représentations sont moi, lorsqu'il est de fait que les mots soi, lui, autrui, non moi, hors de moi, qui sont constamment dans ma bouche, désignent précisément des représentations qui fte sont pas miennes.
Quant à ces dualistes qui admettent en dehors de toute représentation et l'entité représentative et l'entité représentée, je ne puis que leur opposer tout à la fois les objections faites aux deux systèmes contraires* Ces objections reviennent d'ailleurs à une seule qui est une fin de non-recevoir : La connaissance ne reçoit point de représenté sans représentatif, point de représentatif sans représenté, et c'est dans une représenta* tion qu'elle reçoit l'un et l'autre ; ailleurs jamais.
Je me proposais de prouver que la représentation n'implique rien quelle-même, et j'ai atteint mon but si véritablement j'ai fait voir que la représentation ne sort d'elle-même que pour poser la représentation, la représentation à d'autres titres, sous d'autres caractères , c'est-à-dire en d'autres rapports , mais encore, et toujours et partout la représentation.
D'ailleurs, je ne saurais trop insister sur deux points : 1° que je ne me représente pas la représenter tion comme ma représentation seulement; 2° que nulle représentation n'est sans un représenté de la même réalité qu'elle, quoique irreprésentable et par conséquent inconnaissable sans elle.