‹ Essais de critique généraleChapitre 4 sur 139 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

et ; forgeant le tout en système , croit posséder l'absolu , •parce. qu'il habille en façon de logique le rêve cosmogonique du vieil Orient-

Après cela, l'affirmation ou la négation arbitraires, et les petits arrangements dogmatiques, se partagent la scène de la philosophie. L'éclectisme est le bouffon qui occupe les intermèdes. Mais Kant est presque notre contemporain.

Le nouveau venu dans l'examen du grand problème doit annoncer de quelle doctrine ou de quel nom il entend relever, aujourd'hui surtout que l'histoire de la philosophie est partie intégrante de la philosophie aux abois. J'avoue donc nettement que je continue Kant; et, comme une ambition est bonne et nécessaire chez quiconque ose. proposer ses pensées au public, la mienne serait de poursuivre sérieusement en France l'œuvre de la critique , manquée en Allemagne. Pour cela je. voudrais m'exprimer plus clairement que ne fit ce grand homme, au moins quant à la clarté indépendante .du. fond des idées,. la seule dont on dispose. Le moyen le plus sûr. d'y parvenir est de se montrer méthodique , bref , radical, fidèle aux principes une fois posés. On peut espérer, sans trop de fatuité , de surpasser à cet égard celui dont on met à profit les leçons et les fautes. Mais c'est, en vain qu'on s'efforcerait d'épargner au lecteur l'attention ou même le travail. Un vice de la philosophie , dans quelques livres, est une certaine fausse lucidité. Je ne connais pas de science qui soit claire en ce sens-là.

S'il arrive que des contemporains trouvent leur bien dans mon livre, et le revendiquent, je suis prêt à le leur reconnaître, ayant toujours eu quelque peine à comprendre la propriété intellectuelle , et n'y prétendant pas pour mon compte. 11 me semble même que l'histoire me donne raison en cela, puisqu'il n'y a peut-être pas une découverte, je dis

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