PREUVE QUAHT A LA SOMME DES PHÉNOMÈNES
se conçoit point , nous ne sommes pourtant pas plus avancés, car , alors dans la chose en soi, ce n'est pat la chose en soi, mais les relations posées que nous connaissons.
Je dis que dans la chose en soi les relations ne se conçoivent point , en d autres termes que de même qu'il n'y a pas représentation sans relation, de même aussi, réciproquement, il n'y a pas relation sans représentation. Et, en effet, la seule exception qu'on pour-* rait objecter à cette dernière loi se tirerait du temps, de l'espace et du mouvement que j'ai prouvés n'être rien d'intelligible en dehors de la représentation. Donc enfin, nous ne connaissons que des phénomènes,
§xiv.
Suite et Uni — Preuve quant a la somme totale des
phénomène*.
L'impuissance où les philosophes 6e sont vus de fixer pour la connaissance, aucune chose en soi, tant dans l'esprit que dans l'espace, les a jetés dans un parti violent. « Puisque tout est lié, semblent-ils s'être »dit , et que rien n'est à la rigueur séparé de tout le » reste, considérons la totalité des attributs et modes, •qui nous sont connus , et rapportons-les à une sub- » stance unique qui sera la vraie chose en soi, principe, » nature et fin de tous les phénomènes. »
Ainsi se produit la plus étrange de toutes les doctrines et pourtant la plus vivace. Plutôt que d'abandonner la substance, son idole, le métaphysicien
embrasse l'organisation de la contradiction que voici en deux mots :
D'une part, ce sont des phénomènes, tous les phénomènes qui ont été, qui sont ou qui seront, la multiplicité, la diversité, la relativité universelles ; d'autre part, on pose la chose une, simple, absolue. Puis, dans celle-ci, on met tout cela, de celle-ci , on tire tout cela. Rien de ce qui est pour la représentation n'est en soi ; au contraire, tout est dans ce qui pour la représentation n'est rien ! Et ce qui est en soi n'est ni connu, ni connaissable que par ce qui n'est rien en soi! et, pour achever, ce qui n'est rien en soi renferme tous les contraires , et c'est eux qu'il fout envisager pour connaître ce qui est en soi , autant qu'il peut être connu.
Pourquoi ces solutions qui ressemblent à des énigmes? Parce qu'il plaît aux philosophes de rapporter les phénomènes comme attributs ou modes à des choses en soi ; ce qui, non seulement, n'est pas nécessaire, mais ce qui n'est pas même intelligible. Soit, en effet, qu'on prenne pour substance le sujet de telle ou telle représentation, ou celui de toutes, il demeure impossible de se rendre compte et des relations dans la chose en soi et de la chose en soi sans relations.
En outre , quand il s'agit de la substance universelle, on suppose tous les phénomènes indissolublement liés. Mais, s'il est prouvé que chaque phénomène est relatif, il ne l'est pas, qu'il existe entre tous une chaîne de dépendance en sorte que chacun soit rigoureusement déterminé par quelque autre ou par l'en-