‹ Essais de critique généraleChapitre 31 sur 139 · PREUVE QUANT A LA SOMME DES PHÉNOMÈNES · texte numérisé non relu

PREUVE QUANT A LA SOMME DES PHÉNOMÈNES

semble des autres. Nous traiterons ailleurs cette question avec toute l'étendue qu'elle comporte.

Autre chose est considérer l'ensemble des phénomènes, synthèse à laquelle on ne peut en aucune façon se refuser, autre chose les englober dans une mystique unité dont toute représentation est impossible. Puisque des phénomènes sont, ils forment une somme, ceci n'est pas douteux, et les phénomènes passés forment une somme aussi; mais que cette somme soit une série unique, et cette série un infini , et cet infini le développement de quelque chose d'inconnu, un et absolu, autre que la série, autre que tout phénomène , et enveloppant l'avenir même qui n'est point donné : voilà une proposition dont le sens m'échappe , loin que je puisse en admettre la vérité. Pourtant cette somme que vous reconnaissez, dira-ton, ne peut pas être en une de ses parties; elle ne peut pas être en soi puisqu'elle n'est pas même simplement et se trouve toujours en voie de formation; elle est donc dans la substance et la substance seule est en soi. Je réponds que la somme est donnée quant au présent et au passé seulement et que jusqu'ici j'ignore si l'avenir est donné par cela seul. Or, en tant que la somme existe à la manière des phénomènes, elle est véritablement en soi, dans ce sens qu'elle ne

peut pas être en autre chose, étant elle-même la somme et le tout ; elle n'est pas en soi si Ton entend par ces mots que la multiplicité s'évanouit dans l'unité, la diversité dans l'identité, et que tous les phénomènes s'engloutissent dans ce qui n'est point

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