LE FÉTICHISME
phénomène; et elle n'est pas dans la substance > car, où est la substance et en quoi est-elle?
Je reviendrai sur ces questions pour les traiter avec les développements nécessaires quand elles seront mieux posées.
§xv.
Béeapltnlfttlon. — I* féttehlonio en philosophie*
La conclusion h tirer de cette longue analyse , c'est que s'il existe des choses en soi , indépendamment de toute représentation , ces choses nous sont inconnues, ne sont rien pour le savoir, rien pour nous , et que, en conséquence , il n'existe que des représentations.
Je dis des représentations et non mes représentations on les représentations à moi, puisque j'ignore encore ce que c'est à vrai dire que moi; je dis mieux des phénomènes , ou des choses en tant que représentantes et représentées, car la chose exclue comme en soi reparaît comme phénomène.
Et cette analyse n'était pas même nécessaire; un seul mot bien compris la contient et la remplace : ou nous parlons des choses ( il faut bien en parler ) en tant qu'elles représentent et sont représentées, ou nous parlons des choses en tant quelles ont de tout autres rapports ou quelles n'en ont aucun ; mais en tan( quelles représentent et sont représentées, les choses se confondent avec les représentations; et en tant quelles ont de tout autres rapports ou qu'elles n'en ont aucun, elles n apparaissent pas et sont
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tomme n'étant pas ; donc les choses sont des phénomènes quant à la connaissance, et les phénomènes sont les choses.
Ainsi, nous avons commencé par distinguer les choses des phénomènes, et dans cette hypothèse que l'ancienne métaphysique nous imposait, nous avons démontré que les choses ne sont pas données à la connaissance. Gela fait, les mots chose et phénomène deviennent pour nous synonymes et nous nous retrouvons à notre point de départ. Mais nous possédons une méthode et notre esprit est débarrassé de l'obsession des fausses doctrines.
Je sais que l'appareil dialectique des pages précédentes peut sembler en un sens couvrir des vérités très claires, très évidentes, presque puériles une fois saisies, et, en un autre sens, donner lieu à une accusation de bizarrerie , de paradoxe, de sophisme. Ma justification est dans ce contraste même ; il faut passer par les jeux d'une métaphysique nébuleuse, et lutter centre des ombres que la philosophie a douéeb d'un corps , avant d'aborder au pays de la lumière et des réalités toutes nues. L'idole qu'on doit abattre offusque d'abord la vue; son antiquité, sa divinité prétendue imposent aux plus hardis , et telle est la force du préjugé que chacun s'attend à voir la nature entière s'abîmer quand tombera le dieu. Les coups mêmes qu'on lui porte ont quelque chose de fantastique et rendent des sons, étranges. Mais l'œuvre d^ démolition n'est pas plutôt accomplie qu'un étonnement tout nouveau se produit ; L'idole est connue