‹ Essais de critique généraleChapitre 45 sur 139 · DÉFINITION GÉNÉRALE DE L'ÊTRE · texte numérisé non relu

DÉFINITION GÉNÉRALE DE L'ÊTRE

Y être s'applique absolument à ces mêmes rapports et à leurs termes, c'est-à-dire à tous les phénomènes que peut distinguer l'analyse, en tant qu'ils apparaissent, existent, se posent, viennent d'une manière quelconque à la représentation.

L'être semble donc avoir un sens absolu aussi bien qu'un sens relatif; mais le premier séparé du second est entièrement vain, ce qui nous a permis d'affirmer * ailleurs que tout est relatif. En effet :

L'absolu est en quelque sorte dohné dans le phénomène en tant que simplement présent, ou posé ; mais, aussitôt que posé, le phénomène apparhît dans utie relation qui peut bien n'être pas telle ou telle , mais qui est nécessairement quelque. Ainsi le phénomène est, et l'absolu disparaît; ou l'absolu est et reste, et le phénomène n'est plus, et rien n'est. On dira donc absolument d'une pierre, d'un homme, d'une idée, etc., qu'ils sont, mais en même temps on supposera ce qu'ils sont, sous peine absolument de ne rien dite. On dira absolument je suis, et l'on pensera je suis /ioriwté, ou je suis esprit, ou je suis corps, etc.; tsar de cela seul qu'on dit : telle chose est, on se représente certaines déterminations attributives dont cette choèe figure le sujet. Enfin, si l'on dit absolument, mais avec une généralité sans limite cette fois , le phénomène est, l'être est, on énoncera une proposition absolue, «ans doute, et qui parait avoir un sens, puisqu'elle exprime la représentation de toutes les représentations (quelque chose existe); et pourtant, ici comme partout, on est en droit de demander de ce qui est:

Qu est-il? et la seule réponse possible en ce cas : l'être est l'être ne sera que l'abstraction de toutes les relations.

La proposition l'être est, qui ne va pas au delà d?ellemême, vide en tant que jugement, équivaut à l'exclamation être I représentation ! phénomène ! Elle énonce le grand mystère que nulle représentation n'a pénétré et ne pénétrera ; mais ce mystère môme, si l'être n'était pas déterminé, si les relations n'étaient pas, se poserait-il?

La proposition l'être est l'être^ dont les termes demeurent indéterminés, est l'énoncé du rapport abstrait et général, le phénomène universel do la relation, la forme suprême de toute représentativité; mais elle est vide aussi, en tant que jugement. Là même proposition, lorsque Y être est déterminé, mais le même de part et d'autre, est l'identité, ce rapport du même au même dont la stérilité est connue. Enfin, <}ùand Y être déterminé est différent des deux parts, nous avons là relation intelligible et féconde, la relation d'un phénomène à un autre phénomène, et nous sommes ramenés au sens relatif de l'être, le seul dont il soit affecté dans les représentations déterminées.

L'être est donc un mot, un signe, exprimant relation entre des phénomènes. C'est ainsi que la grammaire l'envisage. Grammaticalement être énonce toutes les relations possibles, et de là vient qu'il peut suppléer tous les verbes, si un attribut l'accompagne. Réciproquement , et sauf l'usage qui est arbitraire?, on

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