‹ Essais de critique généraleChapitre 56 sur 139 · PRINCIPE · texte numérisé non relu

PRINCIPE

même et l'autre à deux phénomènes comparés sous un seul rapport : dire une chose et dire à la fois que Ton dit autre chose que cette chose. Le principe qui interdit la contradiction a cette vertu de ne pouvoir être combattu sans être supposé ; la représentation tout entière lui rend témoignage.

J'ai montré le principe d'identité dans le fait de la distinction des rapports suivant lesquels A est , d'une part , autre que B , et , d'une autre part , le même que B, dans la proposition A est B. Comparons maintenant les deux propositions A est B , A nest pas B; il est clair que le rapport d'identité de A et de B dans la première ne sera pas le même que celui sous lequel on donne A comme autre que B dans la seconde. Ainsi, par le principe déjà établi , les deux propositions sont incompatibles lorsqu'on y envisage un rapport unique. De là l'énoncé vulgaire : A ne peut être en même temps B et non B sous le même rapport. De là aussi la formule scolas tique : idem de eodem secundum idem simul affirmare et negare , contradictio.

Les termes B et non B qui entrent dans l'énoncé vulgaire réclament, comme termes contradictoires , une définition exacte qu'on n'a pas coutume de don* ner. C, D, etc., termes autres que B, sont toujours en un sens des non B , et cependant A est B, A est C, A est D,etc, sont des propositions compatibles en bien des cas. Pour ne l'être point, d'après ce qui précède , il faut qu'elles énoncent un même rapport, et par exemple que le rapport d'identité de A et de B soit aussi celui de A et de G. B et non B, pour se trouver con-

Page 1