DU NÉCESSAIRE
Quoi qu'il en soit, la nécessité, caractère des phénomènes actuels et particuliers, s'étendrait aux phénomènes généraux et qui ne sont point en acte, en tant que ceux-ci seraient donnés implicitement pat* des lois les rattachant à ceux du premier genre : ces lois seraient elles-mêmes nécessaires, comme actuellement posées dans la représentation, les unes toujours données avec elle, les autres toujours vérifiées par l'expérience. Sous ce point de vue, nous disons qu'il y a nécessité partout où il y a loi et constance dans Tordre des phénomènes; et nécessité logique, la loi étant préalablement reçue par hypothèse. Le nécessaire est alors synonyme du constant, et reconnaît pour terme opposé 1 accidentel comme inconstant. Exemples : propositions nécessaires ou constantes : Lejriangle a pour somme de ses angles, deux droits; l'hortimepèse; propositions accidentelles ou inconstantes ; le triangle est équiangle ; V homme est assis.
Suivant les acceptions précédentes des mots, la proposition né porte pas sur le futur. Considérons maintenant le devenir. L'unique loi en vertu de laquelle un phénomène qui n'est ni actuel ni impliqué dans une proposition générale et constante, puisse passer pour nécessaire, est la loi de causalité. Devons-nous regarder les phénomènes quelconques, envisagés dans le futur, comme prédéterminés, préexistants dans leurs causes, et en quelque sorte préactuels, ou au contraire comme incertains tet ambigus, soit en totalité ou en partie? Sur quel fondement éta-
ET *tr POSSIBLE. M5
blir une affirmation à cet égard? C'est la question des possibtes ou de la contingence (I). Nous la traiterons en nous subordonnant au point de vue des catégories.
On voit qu'il 7 a deux sens du mot nécessité: un sens bgique qui dépend du principe de contradiction, ce qui est ne peut pas ne pas être, moyennant supposition des lois qui ramènent au donné le non donné; un sens causal dont la justification exigerait la réduction au premier sens. 11 faut donc aussi distinguer une double possibilité. Le possible logique est relatif aux faits dont nous ignorons l'existence , et que nous pouvons envisager indifféremment, sans contradiction, avec ou sans conditions de temps, comme donnés ou non ; le possible causal est le fait non seulement ignoré, mais véritablement ambigu, duquel il ne serait ni vrai ni faux d'affirmer ou de nier l'existence future. Le premier possible est l'hypothèse à double face qu'une extension plus grande de nos connaissances pourrait déterminer de quelque côté; et dans ce cas ce n'est au fond qu'un nécessaire. On se demande s'il en est de même du second possible.
À ne considérer, dans la catégorie de force que la thèse, c'est-à-dire l'acte, tout est déterminé, nécessaire. Au contraire, à ne considérer que l'antithèse, la puissance, tout est indéterminé dans l'avenir, et le
(1) On entend communément par possible le futur contingent (accident préimnginé, non présupposé), et par contingent le possible passé (accident donné de fait). J'userai surtout du premier de ces termes, parce qu'il peut se généraliser de manière & comprendre le second.