AVANT-PROPOS XV
esprits semblables à lui (il y en avait beaucoup dans les années qui précèdent et dans celles qui suivent la Révolution), semble, au contraire, s'en faire honneur. Il connaissait certainement les œuvres de Saint-Martin parues en grand nombre avant les siennes, puisqu'il rappelle le « plus instruit, le plus sage et le plus élégant des théosophes français ». Il reconnaît qu'il a beaucoup fréquenté les sectes d'illuminés. « Mais, a-til soin d'ajouter, j'en suis demeuré à l'ÉgHse cathoUque, apostolique et romaine, non cependant sans avoir acquis une foule dHdées dont j'ai fait mon profit K » C'est un plaisir pour moi de rendre justice à la scrupuleuse exactitude de M. de Margerie. C'est lui qui nous a fait connaître pour la première fois, d'après une lettre inédite, cet important passage; mais c'est en vain qu'il cherche à amoindrir le sens des mots qui le terminent. Les réflexions que suggère à l'esprit critique de notre temps ce qu'on a appelé la philosophie de Bonald et qui contient aussi sa politique, on les trouvera plus loin; je n'ai rien à y ajouter ici. Peut-être même me reprochera-t-on d'avoir trop insisté sur sa puérile théorie de l'institution divine de la parole et de l'écriture. Mais me rappelant que, dans les années de ma jeunesse, ces rêveries étaient enseignées par certains maîtres, avec l'approbation, sinon par les ordres de l'autorité, comme une des bases de l'orthodoxie chrétienne, je n'ai pas voulu me dispenser de
les examiner à fond.
Dans les pages que j'ai consacrées à François