‹ Essais de critique philosophique [microform]Chapitre 17 sur 97 · Je signalerai priacipalement la page · texte numérisé non relu

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Testament. Ainsi que Clément, Origène a les yeux fixés sur les gnostiques, car ce sont leurs doctrines que, le plus souvent, il combat par la sienne. S'il est moins épris ou moins bien informé de la métaphysique des philosophes, il accorde à leur morale plus de prix qu'on ne peut le supposer de la part d'un théologien. La morale des philosophes, probablement celle de Platon et des stoïciens, est pour lui la même que celle de Moïse et du Christ. Il va jusqu'à dire que la loi naturelle est plus près de l'Évangile que la Loi, à moins que la Loi ne soit interprétée spirituellement ^ Avec Cicéron et les stoïciens, il nous assure que c'est Dieu qui a donné au genre humain et écrit dans tous les cœurs la loi naturelle 2. Malgré cela, malgré la place considérable que tient la philosophie dans ses opinions, et quoiqu'il ait sa philosophie à lui, Origène n'est pas un philosophe, c'est un théologien. La raison, surtout la dialectique, n'est pour lui qu'une auxiliaire, une alliée si l'on veut, il ne faudrait pas dire une servante. 11 ne faut pas, quand il la consulte, qu'elle parle pour elle-même, mais qu'elle lui aide à fixer la tradition encore flottante, le sens des Écritures et les règles

de la foi.

Cette tâche, Origène la remplit un peu au hasard, sans plan arrêté, en commentant successivement diverses parties de l'Ancien et du Nouveau Testament et en réfutant, suivant l'occasion, les erreurs répandues par les hérétiques ou les objections élevées par les ennemis du nom chrétien contre les fondements mêmes de la révélation. De là les écrits exégétiques d'Origène, son livre contre Celse et son Traité des principes (Ilept ap/wv), qui est moins un traité qu'un recueil de pensées et d'opinions rangées sous certains titres et relatives aux plus importantes questions de la théologie. De ces matériaux si incohérents, M. Denis a su tirer une œuvre suivie, extrêmement intéressantCj où aucune proposiion n'est avancée sans preuves, où aucun fait ne demeure

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