‹ Essais de critique philosophique [microform]Chapitre 18 sur 97 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

ESSAIS B£ CRITIQUE PHILOSOPHIOUË

sans explication, et où le talent de l'exposition accompagne constamoient une critique aussi judicieuse que savante.

Par le temps et le milieu où a vécu Origène, par le but qu'il se propose et par la forme de ses ouvrages, on peut déjà se faire une idée de sa méthode. Cette méthode est celle qui, dans l'interprétation des textes, substitue le sens spirituel au sens naturel, et considère comme des symboles des récits entiers, les personnages d'une histoire réelle et jusqu'aux prescriptions les plus impérieuses d'un code sacré, d'une loi écrite. C'est la méthode allégorique telle que Philon l'a pratiquée, telle que l'ont connue avant lui les Esséniens et les thérapeutes, telle que la définit saint Paul, telle aussi que les stoïciens et les platoniciens, plus tard les alexandrins, l'ont appliquée à la mythologie païenne. Mais nul ne l'a poussée plus loin et n'en a fait un usage plus hardi que l'auteur du Traité des principes. C'est qu'il n'en est pas de plus favorable au dessein qu'il avait conçu de transfigurer la religion au nom même de la tradition et de l'Écriture et en croyant sincèrement les respecter. (( L'exégèse allégorique, comme le remarque avec raison M. Denis, est une des formes de la liberté de la pensée en face d'un texte que l'on continue de révérer et à regarder comme le dépositaire de toute vérité *. » Grâce à ce procédé, il arrive souvent à Origène d'être d'accord avec Celse et de justifier d'avance les objections élevées contre la Bible par les philosophes du xviii» siècle. Ni le premier ni les derniers n'auraient désavoué cette critique du récit de la création tel que nous le lisons dans la Genèse : « Quel est l'homme de sens qui croira jamais que le premier, le second et le troisième jour, le soir et le matin purent avoir lieu sans soleil, sans lune et sans étoiles, et le jour qui est nommé le premier, se produire lorsque le ciel n'était pas encore? Qui serait assez idiot pour s'imaginer que Dieu a planté à la manière d'un agriculteur un jardin à Eden, dans un certain pays de l'Orient, et qu'il a placé là un arbre de

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