‹ Essais de critique philosophique [microform]Chapitre 28 sur 97 · Page · texte numérisé non relu

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plus dans les deux intelligences supérieures qui ont imprimé leur marque à tout leur siècle. Loin d'être une (inconséquence, il leur fournit le moyen de réunir dans une synthèse imposante, admirable d'étendue et de profondeur, tout ce qu'il y a de plus solide dans la philosophie grecque et tout ce qu'il y a de plus philosophique dans les enseignements du christianisme. Avec Aristote seul, les dogmes chrétiens, la philosophie spiritualiste qui s'est fait une place en dehors du christianisme, ne pouvaient subsister. Avec Platon seul, Fesprit de libre investigation et la discipline scientifique de Fintelligence, les règles de la logique et les procédés de la démonstration, restaient étrangers à l'Occident pendant une période de près de six cents ans.

Au premier coup d'œil que l'on jette sur les vingt et un volumes in-folio d'Albert le Grand, il est impossible de n'être pas frappé de la carrière qu'il ouvre à la philosophie, et de la sérénité d'àme, de la confiance parfaite, de la méthode irréprochable avec laquelle il la remplit. Selon lui, la philosophie a pour objet tout ce que l'esprit humain peut savoir [quidquid est scibile), et ce que l'homme peut savoir se range tout naturellement sous deux chefs : ce qui est et ce qui doit être, la philosophie réelle et la philosophie morale ou pratique. Il n'y a aucune science connue ou encore à naitre qui ne rentre dans ce cadre. Mais, la théologie mise à part, les sciences, au temps d'Albert le Grand, se réduisaient à la physique, à la métaphysique et aux mathématiques. Dans la théologie était comprise la morale, et dans la physique, la psychologie. La logique n'était pas une science distincte, mais une préparation à toutes les sciences*

M. Hauréau convient que la doctrine d'Albert le Grand est moins péripatéticienne que sa méthode, que, pour la logique et pour la physique, c'est la doctrine d'Aristote tempérée par celle de Platon, et que, pour la métaphysique, c'est la doctrine de Platon tempérée par celle d' Aristote K

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