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IvO
UN RÉFORMATEUR POLITIQUE ET RELIGIEUX
conscrit et purement historique comme celui qu'il a traité.
Selon lui, le problème sur lequel travaille resprit humain pendant toute la durée du moyen âge est celui du divin et de l'humain. Le divin, dans l'ordre social, est représenté par la papauté, l'humain par l'empire. Mais voilà que ces deux termes deviennent des forces ennemies qui empiètent Tune sur l'autre et cherchent à s'entre-détruire. Le divin veut absorber les choses humaines, c'est-à-dire que le pape veut annuler l'empereur. L'humain veut absorber les choses divines, c'est-à-dire que l'empereur veut annuler le pape. Entre ces deux termes extrêmes, ces deux forces opposées dont le conflit menaçait de détruire la société, il fallait chercher un terme moyen, une résultante dans laquelle elles fussent conciliées et neutralisées. Cette résultante, Marsile de Padoue la découvrit dans le peuple, par conséquent dans la souveraineté du peuple. Le peuple, en effet, est la synthèse de l'humain et du divin. 11 est essentiellement humain, puisque tout ce qui est humain est contenu en lui et vient de lui. 11 est également divin, car toute révélation se manifeste dans son sein et s'adresse à sa foi; il représente l'universalité des croyants. 11 n'est pas difficile de reconnaître ici les trois termes de la dialectique de Hegel ; la thèse, l'antithèse et la synthèse. Mais qu'est-ce que cette dialectique a à faire ici, et qu'est-ce qu'elle nous apprend sur le vrai sens des écrits de Marsile de Padoue et sur rinfluence qu'ils ont exercée?
11 y a une dernière proposition qu'on ne peut s'empêcher de relever dans l'ouvrage de M. Labanca. Passant du peuple à l'humanité entière, M. Labanca écrit que l'humanité est homme et Dieu tout ensemble, qu'elle a pris décidément la place de Dieu, et qu'il ne faudrait plus dire : Te Demi laudamuSj mais ; Te humanitatem Imdamus. C'est presque la reproduction textuelle d'une phrase du Catéchisme positiviste d'Auguste Comte. De telles phrases ne s'introduisent pas comme par surprise dans une œuvre d'érudition, et l'on peut assurer qu'elle était loin de la pensée de Marsile de
Padoue, qui était non seulement chrétien, comme il le dit expressément, mais qui se croyait catholique.
Cette critique de quelques points isolés et presque étrangers au sujet n'empêche pas l'étude de M. Labanca d'être indispensable à ceux qui voudront connaître Marsile de Padoue et les doctrines politiques du xiv« siècle.