‹ Essais de critique philosophique [microform]Chapitre 4 sur 97 · AVANT-PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS IX

M. Hauréau. Mais je ne me suis pas borné à ce rôle de libre intermédiaire entre l'auteur et le public. M. Hauréau est un nominaliste, non pas sans doute à la façon de Roscelin, mais à celle de Guillaume d'Ockam, le devancier au xiv* siècle de la philosophie de Locke et même, à certains égards, de celle de Kant. C'est dans le nominalisme qu'il aperçoit la plus fidèle interprétation de la pensée d'Aristote et c'est le règne d'Aristote qu'il croit reconnaître dans celui de la scolastique. Ces trois opinions de M. Hauréau, soutenues d'ailleurs avec une rare abondance de recherches et un grand talent de discussion, je les ai combattues de toutes mes forces. Je pense avoir réussi à démontrer que le nominalisme du xiv^ siècle, comme l'empirisme et le positivisme de nos jours, n'est qu'un abaissement de la philosophie qui ne tarderait pas, s'il venait à prévaloir, à devenir l'abaissement de Tesprit humain. Les yeux fixés sur le texte d'Aristote, notamment sur le Xll^ livre de la Métaphysique et le III*^ livre du Traité de Vâme^ j'ai pu, je crois, établir également que le chef du Lycée n'est pas aussi éloigné qu'on le pense et que n'ont cessé de le répéter de prétendus disciples, du maître qu'il combat si souvent et avec tant d'injustice, de l'auteur du Phédon et de la République. Enfin, un simple coup d'œil sur les principaux systèmes et les maîtres les plus illustres du moyen âge, par exemple sur Albert le Grand et saint Thomas d'Aquin, suffit à convaincre une intelligence impartiale qu'ils se partagent en nombre à peu près égal entre Platon et Aristote. Seulement il faut avoir soin de remarquer que c'est sous le nom d'Aristote que Platon, le plus

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