X AVANT-PROPOS
souvent, fait accepter sa domination au moyen âge.
Parmi les idées les plus extraordinaires de cette époque, si longtemps regardée comme une ère d'aveugle soumission et presque comme une interruption de la vie intellectuelle, on rencontre le plan de réforme politique et religieuse proposé au xiv» siècle par Marsile de Padoue. Quatre siècles avant Rousseau et Montesquieu, Marsile de Padoue soutient, comme le premier, que la souveraineté réside, non pas précisément dan» ce qu'on appelle le peuple, mais dans le corps entier de la nation, et comme le second, que la meilleure forme de 1* souveraineté nationale est le gouverneinent représentatif, soit avec une monarchie constitutionnelle, soit avec une organisation républicaine. Comme Montesquieu aussi, il distingue entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif. Mais ce qui donne un caractère particulier d'audace à son principal ouvrage, le Défenseur de la paix {Defensor pacis), c'est kk dlÈ^ctîon ndicale qu'il établit entre les lois d'ordre civil et les lois d'ordre religieux, n'admettant pas ^ÊB les dernières, qui s'adressent à la seule conscience, comportent, comme les autres, une sanction matérielle. J'ai résumé la doctrine politique et religieuse de Marsile de Padoue dans un volume qui remonte déjà à quelques années ' ; mais il m'a paru opportun d'y revenir et 4e m'y arrêter plus longtemps en faisant connaître en France le consciencieux mémoire d& M. Labanca.
Avec Cornélius Agrippa, nous entrons dans l'ère de
1. Rêfurmaleufs et publicisles de l'Europe, Moyen-dge, Renaissance, in-8», Paris, 1864.