‹ Essais de critique philosophique [microform]Chapitre 6 sur 97 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

la Renaissance. Ce personnage, de caractère équivoque comme plusieurs de ses contemporains, moitié charlatan et moitié homme de génie, avide d'aventures dans le domaine de la pensée aussi bien que dans les relations du monde, était mal connu jusqu'à présent. Aucun historien de la philosophie n'avait cru qu'il valût la peine d'être étudié de près. M. Prost a comblé cette lacune. Dans les deux substantiels volumes qu'il lui a consacrés et où l'on trouvera accumulés avec profusion de précieux documents de plus d'un genre, rien ne manque de ce qui peut mettre en lumière la vie d' Agrippa, ses interminables pérégrinations, son passage à travers plusieurs professions savantes qu'il n'avait pas le droit d'exercer, ses alternatives de fortune et de misère, de succès et de mécomptes, et surtout les querelles qu'il faisait naître, les colères et aussi les enthousiasmes qu'il allumait partout ou il résidait quelque temps. Mais pour ce qui regarde ses doctrines, ses idées, la matière de son enseignement dans les universités de Dôle et de Pavie, M. Prost nous laisse dans le vague ou dans l'incertitude. Je me suis assuré que, pour se rendre maître de la pensée d'Agrippa, il fallait la chercher dans les livres hermétiques et écrits de Platon traduits en latin par Marsile Ficin, et bien plus encore dans la doctrine kabbahstique telle que Reuchlin l'avait comprise et en grande partie falsifiée dans ses deux principaux ouvrages. Il en résulte que Cornélius Agrippa n'est pas un sceptique, ainsi qu'on l'a cru jusqu'ici, par suite d'une fausse interpréUtion de son Trotté de la vanité des sciences (De vanitate scientiamm); mais que chez lui le mys-

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