‹ Essais de critique philosophique [microform]Chapitre 58 sur 97 · Le Crocodile^ chant lxx, p · texte numérisé non relu

Le Crocodile^ chant lxx, p

révélation, et cette révélation, la première de toutes, nous la portons en nous, nous l'avons reçue avec l'existence; elle remonte à notre premier père, et n'a perdu de sa clarté qu'à mesure que nous nous sommes éloignés de lui ^ On voit que de Maistre, pour s'approprier ces idées, n'avait qu'à les revêtir de son style enflammé et à les rapprocher du dogme catholique.

Enfin, si nous en croyons les prédictions de Saint- Martin, les révolutions dont notre génération a été témoin, et celles dont l'histoire nous a conservé le souvenir, n'auront servi qu'à préparer une révolution dernière, à la fois sociale et religieuse, où les croyances comme les institutions seront transfigurées, où l'esprit remplacera la lettre et la tradition dans la foi régénérée du genre humain ; où le règne de Dieu remplacera celui de l'homme, et la vraie théocratie les dominations éphémères fondées sur l'iniquité et sur la violence. C'est ce qu'il appelle le règne sabbatique, et dont il nous montre l'avènement, rendu nécessaire par nos crimes, par notre incrédulité même, comme plus prochain qu'on ne pense ^, De Maistre fait une prédiction tout à fait semblable, qu'il appuie sur les mêmes raisons. « Il faut, dit-il, nous tenir prêts pour un événement immense dans l'ordre divin, vers lequel nous marchons avec une vitesse accélérée qui doit frapper tous les observateurs. Il n'y a plus de religion sur la terre : le genre humain ne peut demeurer dans cet état. Il n'y a peut-être pas un homme véritablement religieux, en Europe, qui n'attende, en ce moment, quelque chose d'extraordinaire ^. » Cet événement extraordinaire, c'est une révolution religieuse et scientifique qui réunira, dans un môme corps de doctrine, la religion et la science. Ce sera, après la promulgation de l'ancienne loi sur le mont Sinai et l'apparition de l'Évangile, une troi-

1. De VEsprit des choses, t. XXII, p. 14o-loo ; Lettre au citoyen Garât.

2. Lettre à un ami sur la Révolution. Éclair sur Vassociation humaine ; œuYie?, posthumes, t. 1, p. 399 et suivantes.

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