‹ Essais de critique philosophique [microform]Chapitre 61 sur 97 · mi supra, p. 102, io · texte numérisé non relu

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croyons de Donald, que les lois sont faites, pour lui que le roi règne, que la noblesse administre et se bat. On peut lui appliquer le mot d'une spirituelle comédie de notre temps : « Le plus heureux des trois ».

On comprend qu'avec de telles idées sur l'autorité des lois, les prérogatives héréditaires de la noblesse et l'éternelle sujétion du peuple, de Donald, après avoir salué avec bonheur le retour des Dourbons, n'ait jamais pu se résigner à la Charte. « Vous me demandez, écrit-il à de Maistre *, ce que je pense de la Charte. Il me semble, monsieur, que mon opinion sur le compte de cette aventurière n'est pas plus équivoque que la vôtre ; c'est une œuvre de folie et de ténèbres; je m'en suis toujours expliqué sur ce ton même à la tribune, et cette opinion bien connue m'est peut-être plutôt pardonnée que les hommages hypocrites de quelques autres. » — « La Charte, écrit-il un peu plus tard *, c'est la boite de Pandore au fond de laquelle il ne reste pas même l'espérance. » A l'Angleterre, coupable d'avoir inoculé à l'Europe cette maladie de constitutions écrites et de pouvoir partagé, il prédit une épouvantable catastrophe, expiation méritée et plus prochaine qu'on ne pense des tristes exemples qu'elle a donnés à la chrétienté ^ L'institution du jury, la publicité des débats judiciaires, l'abolition de la dime et des droits féodaux sont à ses yeux autant d'actes de rébellion contre Tordre social tel que Dieu l'a voulu et qui est le seul naturel, car c'est la nature du pouvoir d'être constitué « dans une entière indépendance des hommes », et c'est Dieu qui est l'auteur des lois naturelles des États *.

De même que l'État domine et contient la famille/ l'Église

1. Dans une lettre datée du 10 juillet 1819, t. II, p. 97 de la correspondance de de Maistre.

2. Dans une autre lettre à de Maistre qui porte la date de 1821.

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