‹ Essais de critique philosophique [microform]Chapitre 64 sur 97 · vol. in-8», Paris, 18.S · texte numérisé non relu

vol. in-8», Paris, 18.S

tisan chaleureux, donne un autre cours à ses idées. Déjà son père l'avait initié à la philosophie de Locke, pour laquelle il professait une sorte de culte. A Auteuil, où il faisait l'éducation des enfants de Lecouteulx de Canteleu, il entre en relation avec les disciples de Locive et de Condillac, botes habituels de Mme Helvélius. Il se prend de passion pour eux et pour leur maître commun. Pour lui, Condillac est à la philosophie ce que Kepler et Newton sont à la science astronomique. Il accepte donc comme un dogme que nos idées, à plus forte raison nos sentiments et la volonté elle-même, ne sont que des sensations transformées. A l'exemple de Destutt de Tracy il ne voit plus pour la science de l'esprit humain d'autre objet de recherches que la suite de ces transformations d'où naissent nos idées et leurs rapports avec les signes qui les représentent dans le langage : ce qui revient à dire qu'il réduit toute la philosophie à l'idéologie et toute la métaphysique à la grammaire générale. « C'est un fait à remarquer, écrit-il dans un journal du temps i, que depuis Aristote jusqu'à Locke, on pourrait môme dire jusqu'à Condillac, tout ce qui a été écrit sur la métaphysique, la logique, l'analyse des sensations et des idées n'a été, à proprement parler, que de la grammaire générale. » La conversation et les ouvrages de Cabanis le poussent encore plus loin dans cette voie de l'empirisme. En rendant compte dans Ui Décade, un autre journal de la même époque, des premiers Mémoires de Cabanis sur les rapports du physique et du moral, il soutient « que la physique, l'analyse des idées et la morale ne sont que les trois branches d'une seule et même science ». Il devait revenir de ces doctrines ; mais pendant un grand nombre d'années, jusqu'au moment où Laromiguière et Royer-Collard en démontrèrent l'insuffisance dans leur brillant enseignement de la Faculté des lettres de Paris 2,

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