‹ Essais de critique philosophique [microform]Chapitre 68 sur 97 · De l'entendement et de la raison^ t. P% p. 35 et · texte numérisé non relu

De l'entendement et de la raison^ t. P% p. 35 et

s'appliquent à nos relations avec nos semblables *. En regarianl Iji sympathie comme la source de nos jugemenls sur les bonnes et les mauvaises actions, sur le mérite et le démérite des personnes, en un mot de la perception morale, Thurot reste fidèle à son principe, qu'il n'y a pas un acte ni une idée de notre intelligence qui ne soient étroitement unis à un fait de sensibilité. Mais on est autorisé à croire que le rôle qu'il donne à la sympathie et Topposition qu'il établit entre les sentiments sympathiques et les sentiments personnels sont des emprunts faits à la Théorie des sentiments moraux d'Adam Smith, signalée à son attention par la traduction française de Mme de Grouchy, dont il a fait le sujet d'un de ses articles de critique 2.

Déjà fort éloigné des convictions philosophiques de ses premières années par sa théorie de la sensibilité et de l'intelligence, François Thurot s'en écarte encore davantage par sa théorie de la volonté. Ici il ne se sépare pas seulement de Destutt de Tracy, déjà plus rapproché de la vérité que Condillac, mais de Laromiguière. On se rappelle que, selon l'auteur des Leçons de Philosophie, la volonté est une faculté dérivée qui sort du désir et qui, à sa plus haute expression, quand elle prend le nom de liberté, n'est que le désir lui-même, affranchi de tout obstacle. Pour Thurot, la volonté est une faculté distincte, non un résultat soit de k sensibilité, soit de l'intelligence. Excitée par l'une, éclairée par l'autre, elle n'est ni Tune ni l'autre et se trouve, par l'action qu'elle exerce sur elles, supérieure à toutes les deux. Elle agit sur l'intelligence par l'attention qui n'est, à proprement parler, qu'un mode de la volonté. Deux de nos facultés intellectuelles, la mémoire et l'imagination, sont en grande partie son ouvrage ^. Elle agit sur la sensibilité, sur les sentiments dont elle reçoit l'impulsion puisqu'elle est capable de leur résister. C'est ce pouvoir

|« Be l'entendement et de la raison. Discours préliminaire, p. lxxxvii et t. II du texte.

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